Le chômage temporaire protège-t-il vraiment nos entreprises? Une nouvelle étude de l’ONEM analyse pour la première fois les trajectoires des employeurs ayant recours au chômage temporaire pour raisons économiques. L’étude repose sur les données de plus de 67.000 employeurs sur la période 2012–2019. « Le chômage temporaire économique apparaît dans la majorité des cas comme un amortisseur de choc efficace et temporaire », explique Michiel Segaert, chef du service études de l’ONEM, « mais il est utilisé dans des contextes très différents. »
Le chômage temporaire est surtout connu comme un mécanisme de protection des travailleurs, mais ses effets sur les entreprises ont jusqu’ici été peu étudiés. Le chômage temporaire pour raisons économiques permet aux employeurs de lever momentanément le pied sans devoir procéder immédiatement à des licenciements ou à une fermeture, lorsqu’ils sont confrontés à une baisse temporaire de l’activité. La critique parfois formulée selon laquelle le dispositif maintiendrait artificiellement en vie des emplois ou des entreprises qui ne seraient plus viables trouve peu d’écho dans les données.
En croisant les données de l’ONEM avec celles relatives aux faillites et aux restructurations, l’étude a pu examiner pour la première fois de manière concrète le lien entre chômage temporaire économique et continuité des entreprises. L’un des principaux résultats montre que la majorité des employeurs recourent au chômage temporaire de manière limitée et de courte durée. « Dans la plupart des cas, il s’agit d’un nombre restreint de travailleurs et d’un nombre limité de jours de chômage temporaire, après quoi l’activité peut reprendre », précise Michiel Segaert. « Cela dit, ce n’est évidemment pas une solution miracle : les petites entreprises se révèlent plus vulnérables face à des chocs économiques soudains. Dans ces situations, le chômage temporaire ne suffit pas toujours à éviter une faillite. Mais là encore, rien n’indique que le système prolongerait inutilement l’inévitable. »
Du chômage « temporaire »… tous les mois ?
L’étude confirme que certains employeurs utilisent le dispositif sur une période plus longue, mais les situations de chômage temporaire mois après mois sans interruption restent exceptionnelles. Cet usage dit « structurel » concerne principalement de grandes entreprises et ne porte généralement que sur une partie limitée du personnel et sur un nombre restreint de jours. Les périodes de restructuration s’accompagnent également souvent d’un recours au chômage temporaire : les emplois sont ainsi temporairement protégés pendant que l’entreprise cherche des solutions structurelles pour son avenir.
Selon l’étude, seule une très petite minorité d’employeurs recourt au chômage temporaire de manière prolongée et à grande échelle. « Ces entreprises sont surtout actives dans des secteurs fortement exposés aux fluctuations économiques, comme certaines branches industrielles et une partie de l’économie sociale », explique Michiel Segaert. « Leur personnel est également plus vulnérable sur le marché du travail, ce qui implique des besoins de protection plus importants. »
La FEB se félicite de l’efficience et de l’utilité de ce dispositif public: « Bien que certaines critiques ont récemment évoqué le risque d’un maintien artificiel d’emplois ou d’entreprises non viables, cela ne ressort pas du tout de l’analyse des données réalisée par l’ONEM. Au contraire, en recoupant les données de plus de 67.000 employeurs sur la période 2012–2019, et celles relatives aux faillites et restructurations, l’ONEM a souligné la pertinence du dispositif en démontrant que la majorité des employeurs recouraient au dispositif de façon limitée et sur de courtes périodes. Généralement, il s’agit seulement de quelques travailleurs concernés et le nombre de jours de chômage temporaire reste faible, permettant ensuite une reprise de l’activité. Bien sûr, ce système ne suffit pas toujours à amortir les difficultés économiques et des mesures complémentaires doivent être prises, avec parfois des pertes d’emplois ou des fermetures à la clé. Rien n’indique toutefois que le chômage temporaire prolongerait inutilement des situations inéluctables. »
« L’étude de l’ONEM confirme que les entreprises font un usage raisonné du dispositif et qu’il y a peu ou pas d’abus à signaler. Enfin, il ressort également de l’étude que seule une très petite minorité d’entreprises recourent de manière structurelle, prolongée et (quasi) continue au chômage temporaire économique. Cet usage concerne en majorité de grandes entreprises, impliquant généralement une partie restreinte du personnel et un nombre limité de jours. Ces entreprises sont évidemment exposées à de plus nombreux facteurs justifiant localement le recours au chômage temporaire pour raisons économiques. «
Source: ONEM – FEB

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