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Quelle place pour nos émotions dans la prise de décision?

La sphère académique, par la voix du professeur Gerard Hodgkinson de la Warwick Business School, prône la reconnaissance de la dimension émotionnelle dans nos processus de décision, au plus haut niveau stratégique. ENFIN! dirons-nous…

Au-travers d’une étude intitulée « Emotionalizing strategy research with the repertory grid technique: Modifications and extensions to a robust procedure for mapping strategic knowledge »,  les professeurs Hodgkinson (Warwick Business School), Robert Wright (Hong Kong Polytechnic University), et Jamie Anderson (Warwick Business School) ont mis en évidence le rôle majeur que joue l’émotion dans les processus de décision de nos managers, et ce malgré les efforts déployés par ces derniers en vue de garantir la rationalité de leurs choix.

Les récentes études menées sur le terrain des neuro-sciences comportementales indiquent que nos managers développent diverses stratégies de ‘façade’ qui visent à gommer la dimension émotionnelle dans la prise de décision. Elles concluent sur la nécessité de prendre cette dimension en compte et de développer une nouvelle génération d’outils qui l’intègre dans les réflexions stratégiques visant à améliorer nos niveaux de performance.

La plupart des outils et techniques utilisés à ce jour permettent d’analyser de manière systématique les menaces et les opportunités en vue de prendre une décision. Selon le Professeur Hodgkinson, en charge de la recherche susmentionnée, la non considération de l’émotion dans ce processus a donné lieu à l’élaboration de biais rationnels.

« Nos recherches partent du postulat que nos managers sont impliqués émotionnellement vis-à-vis de leurs activités et l’ensemble de leurs décisions ont un impact sur leur bien-être et leur efficience. C’est pour cette raison qu’il est essentiel d’analyser comment ceux-ci représentent ces décisions dans des termes émotionnels, plutôt que dans des termes purement cognitifs. »

Les chercheurs de la Warwick Business School ont interrogé un échantillon de 26.000 managers au Royaume-Uni, en se focalisant sur des thèmes récurrents tels que la disponibilité de la main d’oeuvre, la situation des banques européennes, le coût des études universitaires ou encore la situation des réfugiés/migrants sur le territoire… Un second échantillon a été sondé sur les mêmes sujets avec pour ‘contrainte’ de se prononcer sur le plan émotionnel. Les variances observées entre les résultats des deux échantillons (comparables) tendent à démontrer que les sujets ne sont pas traités de manière uniforme, ni de manière objective.

“Ce qui apaise certains managers peut générer de l’anxiété chez d’autres », explique le Pr Wright. « Via le recours à diverses techniques d’analyse statistique, nous avons identifié des sous-groupes de managers qui partagent les mêmes perceptions et croyances, et nous voyons que celles-ci les distancient clairement de leurs pairs appartenant à d’autres sous-groupes. »

Le Professor Hodgkinson a mis au point un outil stratégique – une forme adaptée de la grille des répertoires utilisée en psychologie – afin d’aider les managers à représenter leur réponse émotionnelle aux problématiques business. Il ajoute: « Nos managers doivent se reconnecter à leurs émotions. Cette grille, complémentaire aux outils classiques, est de nature à les y aider. La recherche met en lumière le rôle potentiellement crucial joué par l’émotion dans nos représentations mentales, dans une logique de survie à long terme de nos activités et avec un impact fort sur les adaptations et performances organisationnelles. Nos analyses devraient permettre de voir émerger de nouveaux outils stratégiques qui aideront le management à valider son alignement émotionnel vis-à-vis des questions auxquelles il est confronté. »

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