En ces derniers jours de février, la Commission des Affaires sociales puis la séance plénière de la Chambre ont adopté la proposition de loi déposée par la députée CD&V Nahima Lanjri. Cette intervention législative vient combler une lacune majeure de la réforme du chômage : l’absence totale de filet de protection pour les personnes qui consacrent temps, énergie et disponibilité à accompagner un proche en perte d’autonomie, souvent pour lui permettre simplement de maintenir une vie digne.
Dans la réalité quotidienne, l’aide apportée représente fréquemment plusieurs dizaines d’heures par semaine, avec des horaires irréguliers et des urgences récurrentes. Ces contraintes rendent toute activité professionnelle impossible. Beaucoup de ces aidants proches, déjà fragilisés, étaient donc menacés d’exclusion pure et simple du chômage.
La proposition adoptée introduit une première reconnaissance – limitée mais réelle – de la situation spécifique de ces aidants proches. Le délai pour introduire les formalités est prolongé jusqu’à fin mars. Elle ouvre aussi la possibilité d’obtenir une dispense de disponibilité pour le marché de l’emploi pendant maximum douze mois, avec à la clé une indemnité mensuelle portée de 390€ à 746€. Cette indemnité correspond toutefois au montant le plus bas des allocations de chômage : celui d’un cohabitant en dernière période.
La majorité présente ce dispositif comme une solution. Pour la CSC, il ne constitue qu’un mince filet de sécurité, et encore, percé de toutes parts.
« Seules les personnes capables de faire reconnaître en moins de 30 jours, par leur mutuelle, que leur proche est en grande dépendance et qu’elles assument au moins un tiers temps de soins y auront accès ;
Ce dispositif ne couvre qu’un an au maximum, alors que dans de nombreuses situations (handicap lourd, maladies invalidantes…), la perte d’autonomie est durable, voire irréversible.
Le montant alloué ne protège en rien contre la pauvreté. Il ignore totalement la situation familiale et pénalise en particulier les nombreuses mères seules parmi les aidants proches. Pire encore : le gouvernement justifie le niveau dérisoire de l’indemnité en estimant qu’une personne dispensée du marché de l’emploi ne peut toucher plus que l’allocation minimale d’un chômeur… alors que ces aidants effectuent un travail réel, indispensable, qui coûterait beaucoup plus cher à la collectivité s’il devait être assuré par des professionnels.
La CSC regrette profondément que le ministre Clarinval ait fait la sourde oreille face aux avertissements répétés des partenaires sociaux. Et qu’une fois le problème identifié, il ait refusé d’assumer sa responsabilité, préférant bricoler une solution administrative complexe et appauvrissante plutôt que de maintenir ces personnes dans leur droit au chômage en attendant la création d’un véritable statut.
La CSC appelle désormais le gouvernement à un sursaut. Il s’agit d’un chantier d’ampleur qui doit impérativement être mené à bien dans les douze prochains mois. Trop de familles sont déjà au bord de la rupture: il est temps d’agir. »
Source: CSC

Catégorie:
Tags: 

