Le coût du travail en Belgique figure parmi le plus élevé et complexe d’Europe. Entre les règles barémiques, les indexations, les cotisations patronales, les avantages extralégaux, les absences, les primes et les nombreuses mesures de subventions et de soutien fédérales mais aussi régionales, le coûtglobal d’un travailleur forme un réseau complexe d’éléments difficiles à appréhender dans son ensemble.
À cela s’ajoute une législation sociale et fiscale en constante évolution (comme l’index « Centen » ou la nouvelle politique « retour au travail »), ce qui augmente le risque pour les entreprises de ne pas être les clous, mais aussi de passer à côté des plus de 60 dispositifs d’aide disponibles pour réduire ces coûts, représentant près de 4 % du PIB belge.
Fiabilis Consulting Group Belgium, spécialisé dans l’audit de la paie et l’amélioration du coût total du travail, explique comment les entreprises peuvent retrouver le contrôle.
« Nous constatons à la différence des autres pays où notre groupe intervient que de nombreuses entreprises belges gèrent très correctement leur administration salariale notamment grâce à l’aide des Secrétariat Sociaux, mais restent bloquées dans une logique de conformité opérationnelle standardisée, sans vision stratégique claire de leurs coûts salariaux propre à leur organisation. Cela est bien sûr lié à la complexité de la réglementation belge, conduisant de facto à un coût du travail souvent plus élevé qu’il ne devrait l’être » , déclare Eugénie Nijhuis, Chief Operations Officer chez Fiabilis
Belgium.
Où en sont les entreprises aujourd’hui ?
En pratique, les mêmes situations reviennent systématiquement :
- Les données existent, mais sont sous-exploitées. Les informations salariales sont souvent dispersées entre différents systèmes et partenaires externes. Elles sont rarement consolidées, et leur qualité évaluée. Enfin, n’étant que très rarement historisées, elles ne sont donc pas analysées sur le long terme, ce qui empêche d’identifier des tendances et des opportunités d’optimisation.
- L’externalisation entraîne une perte de connaissance. En confiant entièrement la gestion administrative de la paie à des secrétariats sociaux, les entreprises perdent progressivement souvent en visibilité et en capacité de pilotage. Elles disposent dès-lors de peu de marge pour examiner de manière critique les calculs ou explorer des dispositifs qui pourraient être utilisés à bon droit par rapport à leur organisation spécifique.
- Le contexte derrière les chiffres fait défaut. Les données salariales seules ne suffisent pas toujours à une interprétation correcte. En l’absence d’éclairage suffisant sur des situations spécifiques (comme des régimes de travail particuliers, des bonus ou des avantages fiscaux), les risques passent inaperçus et se révèlent lors des inspections faisant dans la foulée augmenter le coût total du travail.
- Manque de responsabilité et d’optimisation. La priorité est logiquement donnée à un traitement salarial récurrent, correct et ponctuel. Il reste donc peu de place et de ressources pour une organisation lean et proactive. Dans de nombreuses entreprises, personne n’est explicitement chargé d’améliorer le coût total du travail de manière récurrente.
Comment mieux maîtriser ses coûts salariaux ?
« En réalité, il existe de nombreux leviers à activer, pour mieux comprendre et piloter les coûts salariaux. Mais cela demande aux entreprises de structurer leur approche et d’y consacrer délibérément du temps » , souligne Eugénie Nijhuis, COO de Fiabilis Consulting Group Belgium.
- Structurer une collaboration active avec le secrétariat social. En analysant régulièrement l’ensemble les données, il est possible d’aller au-delà du simple traitement opérationnel et d’identifier des sujets concrets.
- Inscrire le sujet à l’ordre du jour interne. Sans une impulsion claire de la direction RH, les opportunités restent souvent invisibles et inexploitées.
- Faire appel à un regard externe. Un tiers indépendant, expérimenté et surtout outillé peut exhaustivement détecter les risques existants et les enjeux d’optimisation.
- Investir dans l’automatisation. L’automatisation permet de rendre les données plus fiables et de libérer du temps pour l’analyse.
- Recréer au fil du temps de la connaissance interne. Des équipes bien formées sont mieux à même de comprendre, challenger et piloter les coûts voire d’interagir avec des experts externes.
- Se benchmarker avec d’autres entreprises. La comparaison avec le marché aide à rendre visibles les points d’amélioration et les opportunités.
« Les entreprises qui abordent leur administration salariale de manière purement opérationnelle et mécanique prennent le risque de couvrir un coût total du travail plus important qu’il ne devrait être. Celles qui structurent leur approche peuvent non seulement réduire les risques, mais aussi réaliser des économies significatives en transformant un ensemble de coûts et de dispositifs invisibles en un véritable levier de performance » , conclut Eugénie Nijhuis.
Source: Fiabilis Consulting

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