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Le cas Zappos : l’holacratie fait-elle fuir le middle management?

Référence mondiale en matière d’introduction de nouveaux paradigmes managériaux, Zappos (désormais filiale d’Amazon) poursuit ses expérimentations sur le plan organisationnel. Au cours des 18 derniers mois, l’entreprise a poursuivi son chemin (à marche forcée) sur la voie de l’holacratie en supprimant toutes les fonctions de management et d’encadrement. Pour quels résultats?

Fin de l’année 2013, le CEO de Zappos (implantée à Las Vegas et active dans la vente en ligne de chaussures), Tony Hsieh annonçait l’élimination de tous les titres et de toutes les fonctions de management afin de passer vers une structure holacratique. Ce qui ne s’est pas réalisé sans heurt, contrairement à ce que l’on pourrait penser compte tenu de l’aspiration à davantage de liberté dans le chef de bon nombre de travailleurs… A un point tel que le CEO s’exprimait récemment vis-à-vis de ses collaborateurs et constatait que cet environnement plat et démocratique ne convenait pas forcément à tous les profils au sein de sa propre organisation.

La pratique* déjà implantée au sein de Zappos et consistant à offrir une indemnité de rupture aux personnes manifestant leur mécontentement face au changement d’organisation et souhaitant dès lors prendre le large a eu un effet plutôt… radical. Pas moins de 210 personnes (soit 14% des effectifs) ont saisi cette « opportunité ». De quoi s’interroger quant aux raisons réelles de cet exode largement commenté sur les réseaux sociaux…

En effet, historiquement, seuls 1 à 3% des nouveaux engagés au sein de Zappos profitent de l’offre visant à percevoir une prime de départ au cas où ils considèrent ne pas pouvoir s’épanouir au sein de l’organisation au terme de leur processus d’accueil. Ce véritable exode pourrait dès lors suggérer que les collaborateurs de Zappos n’adhèrent pas aux principes de l’holacratie, permettant à chaque collaborateur de décider librement de son champ d’action et de ses objectifs. Surprenant ?

Les observateurs académiques de la MIT Sloan School of Management se montraient sceptiques lorsque Zappos annonça le processus de transformation en question: « Les systèmes holacratiques sont loin d’être évidents à mettre en oeuvre, surtout lorsque l’organisation est déjà importante. » Ils s’interrogeaient d’ailleurs sur la nature de l’ambition du CEO utopiste qui avait dans le même temps à répondre de diverses accusations: népotisme dans le recrutement, management infantilisant… et trois suicides sur lesquels personne ne s’exprima.

Le Wall Street Journal a depuis lors recueilli les commentaires de John Bunch, collaborateur de Zappos en charge de piloter la transformation holacratique de l’entreprise et manifestement serein face à la situation. Ce dernier affirmait en effet que la décision prise par les 210 personnes concernées était sans aucun doute la bonne, tant pour elles-mêmes que pour l’entreprise. Toujours est-il que remplacer un tel nombre de collaborateurs simultanément constitue un réel défi…

L’heure reste donc aux hypothèses aujourd’hui: les travailleurs « démissionnaires » quittent-ils l’entreprise afin de saisir une opportunité financière à très court terme ou expriment-ils au travers de leur décision le refus d’une possible situation de chaos sur le plan de l’encadrement?

Nous allons mener l’enquête… Et n’hésitez pas à nous faire part de votre avis via email à l’adresse : redaction@peoplesphere.be

* La pratique n’est pas neuve en effet. Zappos offre depuis sa création une indemnité de rupture aux collaborateurs insatisfaits, notamment aux nouveaux engagés qui découvrent la culture particulière de l’entreprise. La société Amazon a adopté cette stratégie en installant un programme « Pay to Quit ». Celui-ci offre une prime de 2000 dollars minimum aux collaborateurs qui souhaitent quitter l’entreprise. Dans son rapport aux actionnaires, Jeff Bezos (CEO Amazon) expliquait que « sur le long terme, un collaborateur restant dans une fonction qui ne le satisfait pas n’est pas une situation saine, ni pour l’individu ni pour l’entreprise. »

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