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Peoplesphere

Les Etats-Unis veulent s’inspirer de la journée de 6 heures pratiquée en Europe.

Plus que l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, c’est la question de la productivité qui taraude les analystes US. Les expériences menées en Europe – soyons de bon compte, ils concernant actuellement la Scandinavie et le Royaume-Uni… – suscitent un vrai débat. Car celles-ci ont permis de démontrer que des journées de travail plus courtes (6 heures) rémunérées à leur niveau actuel (soit 8 heures) augmentent la productivité des travailleurs.

Depuis plus d’un an, plusieurs organisations suédoises (dans le secteur des soins de santé notamment) ont mis en place la journée de travail de 6 heures rémunérées par un salaire équivalent à celui d’une journée classique de 8 heures, et ont amélioré la productivité de leurs collaborateurs. Les chercheurs en charge du projet en cours indiquent que l’échantillon de 68 infirmières présentent un absentéisme pour maladie 2,8 fois inférieur à un échantillon comparable qui reste dans un horaire ‘normal’.

L’impact sur la continuité du service et sur la qualité des soins est immédiat. Le ressenti en matière de qualité de vie et de capacités énergétiques, sur les plans privé et professionnel, est bien meilleur également. Celui-ci a permis de développer les activités à destination des patients, avec une croissance de 64% en ce qui concerne les nouvelles initiatives.

L’expérience menée à Svartedalens s’inscrit dans un mouvement plus générique qui prend sa source en Suède.De 1989 à 2005, de nombreuses expériences ont été menées dans le secteur de l’aide à domicile afin de promouvoir la journée de travail de six heures mais celles-ci ont été abandonnées faute de collecte de données pertinentes. Le projet mené à Svartedalens a pour objectif de répondre à ces manquements. D’autres secteurs s’y aventurent désormais dont les centres de services de Toyota à Goteborg. La tendance semble gagner le Royaume Uni où six patrons sur dix ont marqué leur intérêt en vue de réduire le temps de travail.

Les Etats-Unis s’intéressent eux aussi désormais à cette approche. Selon l’OCDE, la semaine moyenne de travail y est de 38,6h par semaine, avec un nombre de 8 jours de congés payés par an ! Les responsables du US Bureau of Labor and Statistics soulignent que « le modèle suédois est intéressant mais difficile à implémenter chez nous car nous sommes une nation de workaholics… La mentalité qui consiste à être à tout prix au bureau est encore très présente. La réduction de la durée quotidienne du travail est encore bien loin de nos valeurs. Pourtant J.M.Keynes prédisait que la norme en 2030 serait une durée de travail hebdomadaire de 15h en moyenne… »

L’université de Stanford s’est par ailleurs positionnée à l’encontre de cette réflexion. En 2014, une recherche menée par le Families and Work Institute y a démontré une relation non linéaire entre le nombre d’heures prestées et les résultats obtenus sur le plan de la productivité. Elle indique que celle-ci chute au-delà d’un volume de 50 h de travail par semaine.

Le caractère transposable de l’expérience suédoise est parfois remis en question. Par contre, les enquêtes menées auprès des entreprises américaines confirment que la sensation de maîtrise resentie par les individus, libres de choisir leurs horaires et volumes de prestations, contribue directement à la productivité. 30% des 1060 entreprises interrogées offrent une semaine de travail réduite. Parmi ces organisations, ce sont celles qui permettent à leurs collaborateurs d’organiser leurs horaires qui présentent les meilleurs résultats sur le plan de la productivité.

Source : Bloomberg

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