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Peoplesphere

Les seniors sont-ils prêts à entreprendre ?

Entreprendre en fin de carrière, voire même après la pension? Et pourquoi pas? La refonte de la législation est bien entendu devenue un réel incitant à la création d’entreprises par nos seniors. Mais seule la passion semble de nature à jouer un vrai rôle déterminant en la matière.

Depuis le 1e janvier 2015, tout pensionné de 65 ans et plus ou comptant une carrière d’au moins 45 ans peut travailler sans limite de revenus tout en conservant sa pension. On s’attendait en général à ce que cet assouplissement des mesures prises par le gouvernement précédent fasse exploser le nombre de pensionnés qui poursuivent une activité. Mais est-ce bien le cas ?

Annelore Van Herreweghe, porte-parole de Delta Lloyd Life, confirme d’emblée la supposition faite ci-dessus : « On constate effectivement une double tendance très nette : tant l’augmentation du nombre d’indépendants qui restent actifs après leur pension que le nombre de starters qui se lancent dans une activité en tant qu’indépendant une fois pensionnés. Les chiffres de l’INASTI (Institut National d’Assurances Sociales pour Travailleurs Indépendants) indiquent qu’en 2014, 2562 personnes ont débuté une activité d’indépendant une fois pensionnées. D’après les chiffres, l’âge moyen des hommes qui se lancent après la pension est de 66 ans et 7 mois. Lorsqu’elles font le pas, les femmes sont quant à elles âgées en moyenne de 67 ans et 1 mois. Le nombre de starters après la pension est lui aussi clairement à la hausse, avec une augmentation de quelque 60 % sur les 5 dernières années. En chiffres absolus, il y a donc une évolution marquante, passant de 1605 nouveaux pensionnés entrepreneurs en 2010 à 2562 en 2014. Ceci s’explique par différentes raisons. Ainsi, les résultats de l’enquête font apparaître que 56 % des Belges actifs se font du souci pour leur future situation financière, une fois atteint l’âge de la pension. En outre, seuls 21 % d’entre eux sont convaincus que malgré les mesures prises récemment, les pouvoirs publics seront encore en mesure de continuer à payer les pensions à l’avenir. Toujours selon l’enquête, 16 % se sentent suffisamment protégés et 73 % des répondants s’attendent à ce que les pouvoirs publics doivent continuer à détricoter la sécurité sociale. La solution pour répondre aux craintes de beaucoup est simple : travailler plus longtemps. Et on constate que ce sont précisément les gens passionnés et enthousiastes qui franchissent le pas de se lancer dans une activité indépendante. »

L’enquête s’intéressait également au nombre de travailleurs salariés ayant un hobby, une passion ou une idée qu’ils pourraient transformer en activité à part entière une fois pensionnés. Résultat? 32 % des travailleurs ont une idée, 25 % ont envie de concrétiser cette idée et de lancer leur propre affaire, mais seuls 4 % mettent réellement ce projet à exécution.

Pourquoi une telle différence entre le nombre de personnes qui ont envie de se lancer (25 %) et celles qui franchissent le pas de concrétiser leur projet et de lancer leur propre affaire (4 %) ? « Notre enquête fait apparaître que 60 % des répondants craignent de perdre (partiellement) leur pension légale, » explique Annelore Van Herreweghe. « Par ailleurs, 51 % craignent également de perdre (partiellement) leur protection sociale. Ces craintes sont pourtant totalement infondées ! Depuis le 1e janvier 2015, les pensionnés de 65 ans et plus ou comptant une carrière d’au moins 45 ans peuvent travailler sans limite de revenus. Et ce tout en conservant le statut de travailleur pensionné, avec tous les droits acquis qui en découlent. »

Outre les craintes injustifiées mentionnées ci-dessus, l’enquête révèle aussi d’autres obstacles. « Ainsi, il s’avère que l’aspect financier joue un rôle très important, et ce à tous les niveaux. 60 % déclarent ne pas vouloir faire d’investissement ou prendre le moindre risque financier. 56 % déclarent ne pas avoir envie de payer des cotisations sociales sans contrepartie. Par ailleurs, ils se posent également des questions (44%) quant à leur santé. Que se passera-t-il le jour où ils n’y arriveront plus ? Et puis il y a aussi les charges administratives qui rebutent de nombreux entrepreneurs enthousiastes potentiels (56 %). Ainsi que la pression psychologique et sociale et la peur de l’échec, qui dissuadent 48 % des Belges actifs de lancer leur propre affaire. »

Heureusement, face à ces obstacles, on trouve de nombreuses motivations sociales qui incitent à se lancer dans une activité indépendante : rester actif (89 %), garder des contacts sociaux (78 %), se sentir utile (76 %), aider les gens (70 %), relever un défi (69 %), sortir de chez soi (65 %), … À côté de ces motivations sociales, 77 % des répondants déclarent vouloir lancer une affaire principalement pour améliorer leur situation financière.

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