Ralentissement économique, recrutements en attente… La prudence est de mise pour nos entreprises.

Les entreprises s’attendent à un ralentissement de l’activité économique au deuxième trimestre de 2026 même si celle-ci s’est redressée au premier trimestre de 2026, après avoir quasiment stagné au dernier trimestre de 2025. Les chefs d’entreprise interrogés dans le cadre du dernier Business Echo de la Banque nationale de Belgique (BNB) ont toutefois fait preuve de réserve quant à la croissance au deuxième trimestre.

Malgré un environnement marqué par une demande fragile et irrégulière, une incertitude accrue et la hausse des prix de l’énergie, les participants ne s’attendent généralement pas à une chute brutale de l’activité.

L’embauche est en perte de vitesse, tandis que les pénuries de main-d’œuvre se limitent de plus en plus à des métiers spécifiques

En glissement annuel, les recrutements ont diminué tandis que les tensions sur le marché du travail se sont atténuées. Dans de nombreux secteurs, les entreprises ont indiqué faire preuve d’une plus grande prudence en matière de recrutement, misant davantage sur les départs naturels et réduisant le recours au personnel temporaire ou aux heures supplémentaires. Dans le même temps, des pénuries persistent pour certaines professions techniques et spécialisées, notamment les ingénieurs, les opérateurs, le personnel de maintenance et les travailleurs possédant des compétences numériques ou en matière d’intelligence artificielle. La demande de main-d’œuvre est dès lors restée soutenue pour ces métiers spécifiques, même si elle s’est globalement modérée.

Les pressions inflationnistes s’intensifient et les marges bénéficiaires sont sous pression

La rentabilité et la compétitivité restent sous tension. De nombreuses entreprises ont fait état d’un regain de pression attribuable aux coûts de l’énergie, des transports et, dans certains cas, du financement, tandis qu’elles se préparent à la possibilité d’un nouveau choc sur les coûts salariaux au cours des prochains trimestres. Bien que la plupart des répondants s’attendent à ce qu’une partie au moins de ces coûts majorés se répercutent sur les prix de vente, l’intense concurrence et l’affaiblissement de la demande brident le pouvoir de fixation des prix dans plusieurs secteurs. En conséquence, les entreprises se concentrent sur la maîtrise des coûts, sur la limitation des recrutements et sur la réalisation d’investissements visant à améliorer la productivité afin de préserver leurs marges bénéficiaires.

Les investissements se poursuivent, quoique de manière ciblée

Les plans d’investissement sont maintenus, mais ils sont souvent très ciblés, axés sur l’automatisation, sur la numérisation, sur l’intelligence artificielle, sur la maintenance ainsi que sur d’autres mesures destinées à améliorer l’efficacité, plutôt que sur une expansion générale des capacités. Bien que les conditions de financement ne soient pas jugées contraignantes de manière générale, les participants ont souvent épinglé l’incertitude, la complexité des procédures d’autorisation, la charge réglementaire et les goulets d’étranglement au niveau des infrastructures – notamment les problèmes de raccordement au réseau – comme étant des facteurs influant sur le calendrier, sur l’ampleur et sur la localisation des investissements. Plusieurs entreprises opérant à l’international ont laissé entendre que ces contraintes rendaient la Belgique et l’Europe de moins en moins attractives pour les investissements.

Des dynamiques sectorielles contrastées

L’activité manufacturière reste structurellement sous pression, mais pourrait se révéler plus résiliente que prévu au deuxième trimestre. Un grand nombre d’entreprises interrogées ont pu atténuer l’incidence à court terme des récentes hausses des prix de l’énergie grâce à des stratégies de couverture, à la flexibilité des contrats et, dans certains cas, à une anticipation temporaire des commandes. Le secteur pharmaceutique demeure résilient à court terme, tandis que la vive croissance des activités liées à la défense est particulièrement notable.

L’activité dans la construction est faible, en particulier en ce qui concerne les logements neufs. Les travaux de rénovation et d’infrastructure soutiennent quelque peu le secteur, mais les retards dans les procédures d’octroi des permis et des contraintes plus générales en matière d’infrastructures continuent de le pénaliser lourdement et compromettent les perspectives de reprise.

Dans le secteur de l’immobilier, l’activité s’affiche en demi-teinte. Si elle est relativement stable sur le marché secondaire du logement, elle reste très faible dans le segment des nouvelles constructions résidentielles, ce qui s’explique par des contraintes d’accessibilité financière, par des coûts élevés et par une incertitude persistante.

Les acteurs du commerce de détail font état d’une demande modérée. Les consommateurs restent très sensibles aux prix et limitent de plus en plus leurs achats aux périodes de soldes. La forte concurrence continue de restreindre le pouvoir de fixation des prix et de peser sur les marges bénéficiaires.

L’activité dans le secteur de la logistique et de l’entreposage demeure globalement stable. La croissance reste modérée, car les clients se montrent prudents dans la gestion de leurs stocks et dans leurs projets d’expansion. Les pressions sur les marges bénéficiaires subsistent, tandis que les goulets d’étranglement structurels – notamment les problèmes liés aux permis et aux infrastructures – continuent d’être des sources de contraintes importantes.

Les services aux entreprises affichent des évolutions de plus en plus divergentes. Les activités liées aux TIC et à la numérisation continuent de bénéficier d’une demande élevée. À l’inverse, d’autres segments sont confrontés à des reports de projets, à des restrictions budgétaires et à une pression croissante sur les marges bénéficiaires, en raison d’une baisse de la demande générée par les réductions de coûts opérées par les clients.

 

Source: Banque Nationale de Belgique

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