Le front commun syndical a mené une action ce mardi 3 février afin de protester auprès du gouvernement fédéral contre l’absence d’un nouvel accord social pour le secteur Non-Marchand. Il déplore que le gouvernement n’envisage des investissements qu’à partir de 2028, alors que la charge de travail pour les travailleuses et les travailleurs est déjà devenue insoutenable.
« Selon les annonces fédérales, des moyens supplémentaires pour améliorer les conditions de travail ainsi que pour renforcer le personnel ne seraient dégagés qu’à long terme. Dans le même temps, plusieurs mesures fédérales poussent les travailleurs à devoir prester plus longtemps, plus intensément et avec davantage de flexibilité, en étant confrontés à la perspective d’une pension plus faible.
Par ailleurs, la future réforme du paysage hospitalier entretient une grande incertitude dans le secteur. Le flou concernant l’organisation, les moyens, le rôle et la stabilité des institutions hospitalières inquiète fortement les équipes. À cela s’ajoutent les économies imposées aux hôpitaux dès 2026, qui risquent d’aggraver les pénuries de personnel, de fragiliser les services et de compromettre encore davantage la qualité des soins. Pour le front commun, il est irresponsable de demander toujours plus aux travailleurs alors que les moyens diminuent. »
Les revendications du front commun syndical
Dans ce contexte tendu, les organisations syndicales rappellent leurs revendications fondamentales : donner du temps au secteur, permettre aux professionnels de faire leur métier avec qualité et humanité, renforcer le volume d’emploi, la qualité de l’emploi et la stabilité des emplois. Les travailleurs et travailleuses du Non-Marchand ne sont pas des ressources interchangeables que l’on adapte aux politiques successives du ministre Vandenbroucke : ce sont des professionnels indispensables, engagés, qui méritent des conditions dignes et pérennes.
Sébastien Robeet, Secrétaire national CNE Non-Marchand, dénonce la situation : « Le gouvernement ne peut pas continuer à reporter les investissements essentiels. Chaque mois de retard aggrave la crise sur le terrain. Les travailleurs des soins de santé ont besoin de perspectives concrètes maintenant, pas dans trois ans. Les secteurs des soins souffrent depuis des années d’une grave pénurie de personnel. Pour attirer de nouveaux travailleurs et retenir les actuels, des investissements immédiats sont indispensables : meilleures conditions de travail, lutte contre la pénibilité et possibilité réelle de concilier vie professionnelle et vie privée. »
Nathalie Lionnet, Secrétaire fédérale SETCA-BBTK, insiste sur l’urgence : « Les équipes sont à bout. Nous voyons des collègues s’épuiser, tomber malades ou quitter le secteur faute de reconnaissance. Il est urgent d’améliorer les conditions de travail si l’on veut maintenir un service de qualité à la population. »
Par cette action, le front commun syndical veut souligner que reporter les décisions jusqu’en 2028 est inacceptable. Éric Dubois, responsable sectoriel CGSLB, ajoute: « Attendre 2028, c’est condamner encore davantage de travailleurs et travailleuses à l’usure professionnelle. Nous demandons au gouvernement fédéral d’ouvrir immédiatement des négociations pour un accord qui apporte de vraies solutions, rapidement applicables. »

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