Près d’un Belge sur trois (32%) preste des heures supplémentaires au moins chaque semaine, et 5% en effectuent même de façon quotidienne. C’est ce qui ressort d’une récente enquête réalisée à la demande de Protime, leader du marché de l’enregistrement du temps. Dans plus de la moitié des cas (55%), ces heures supplémentaires sont souvent – voire toujours – enregistrées. Un tiers des répondants (33%) indique qu’elles le sont rarement, sinon jamais.
Pourtant, une large majorité reconnaît l’intérêt de ce suivi: pour 55% des travailleurs, il permet de limiter le nombre d’heures supplémentaires et, pour 69%, il facilite leur compensation.
“L’enregistrement du temps ne sert pas uniquement à enregistrer correctement les heures supplémentaires, il permet aussi de mieux les maîtriser. Une meilleure visibilité du temps de travail aide les responsables à répartir plus équitablement la charge de travail et à planifier les processus de manière plus efficace,” explique Florent Bovicelli, porte-parole de Protime. “Tout comme un cardiofréquencemètre nous alerte lorsque nous faisons un effort trop intense, les outils d’enregistrement en ligne peuvent signaler quand les travailleurs accumulent systématiquement trop d’heures supplémentaires. »
Terminer rapidement quelques e-mails ou boucler un dossier après la journée de travail? La plupart des Belges connaissent cette situation. Seuls 16% des employés échappent totalement aux heures supplémentaires, tandis que près d’un tiers (32%) voient leur semaine de travail s’allonger en moyenne d’environ trois heures.
À quelle fréquence faites-vous des heures supplémentaires?
- Jamais (15,8%)
- Moins d’une fois par mois (14,2%)
- Environ une fois par mois (12,7%)
- Plusieurs fois par mois (25%)
- Environ chaque semaine (15%)
- Plusieurs fois par semaine (12%)
- (Presque) tous les jours (5,4%)
Selon Lode Godderis, professeur de médecine du travail à la KU Leuven, le nombre d’heures travaillées ne dit pas tout: “L’aspect problématique des heures supplémentaires dépend fortement du contexte: le degré d’autonomie, la pression ressentie, le soutien des responsables et des collègues et surtout les possibilités de récupération. Sans marge de récupération, un même nombre d’heures de travail peut avoir des conséquences très différentes sur la santé mentale. Choisir soi-même de fournir un effort supplémentaire n’est pas comparable au fait d’y être contraint.”
Le professeur Godderis met toutefois en garde contre les risques liés à des heures supplémentaires répétées, voire excessives: “À partir d’environ 50 à 55 heures de travail par semaine, le risque de troubles de santé mentale augmente progressivement1 – surtout lorsqu’il ne s’agit pas d’un pic temporaire, mais d’une situation durable. Travailler au-delà de ce seuil sur le long terme entraîne souvent un risque latent, mais bien réel, dont les effets ne se manifestent parfois qu’après plusieurs mois, voire plusieurs années.”
Un Belge sur trois enregistre rarement – voire jamais – ses heures supplémentaires
Parmi les travailleurs qui font des heures supplémentaires, celles-ci ne sont enregistrées de manière régulière que par un peu plus de la moitié (55%). À l’inverse, un tiers (33%) indique qu’elles sont rarement – voire jamais – consignées.
Fait marquant: pour un travailleur sur six (16%), le responsable hiérarchique n’a même pas connaissance des heures supplémentaires prestées. Pour environ un quart supplémentaire (23%), le responsable est conscient qu’il y en a, mais sans savoir précisément quand, ni combien. L’enregistrement du temps peut justement permettre de pallier ce manque de visibilité.
Selon plus de la moitié des travailleurs (55%), ce suivi peut contribuer à réduire le nombre d’heures supplémentaires. Les données le confirment: lorsque le temps de travail est enregistré, 31% des travailleurs font des heures supplémentaires au moins une fois par semaine. Ce chiffre grimpe à 57% en l’absence d’enregistrement. Par ailleurs, près de sept employés sur dix (69%) estiment que l’enregistrement du temps de travail facilite la compensation des heures supplémentaires.
“Une meilleure visibilité du temps de travail fournit aux responsables des informations essentielles. Ce n’est qu’une fois ce temps correctement enregistré qu’ils peuvent identifier les causes des heures supplémentaires structurelles et améliorer la répartition des tâches. De leur côté, les travailleurs peuvent plus facilement demander de l’aide lorsqu’ils manquent de temps pour accomplir leurs missions. L’enregistrement du temps constitue alors une base objective pour étayer leur demande,” conclut Florent Bovicelli.
Source & Méthodologie: l’enquête en ligne a été réalisée entre le 28 janvier et le 9 février 2026 par l’agence iVOX pour le compte de Protime. 1.000 employés belges francophones ont été interrogés. L’enquête est représentative en termes de genre, d’âge et de diplôme. La marge d’erreur maximale est de 3,02%.

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