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23.000 offres d’emploi vacantes en Flandre: une opportunité réaliste pour les demandeurs d’emploi des autres régions?

23.000 emplois en Flandre, autant d’opportunités pour les Bruxellois
Dans une nouvelle campagne, Actiris et le VDAB veulent casser les préjugés sur la Flandre pour inciter les Bruxellois à franchir la barrière linguistique et décrocher un job. L’enjeu : les 23.000 emplois vacants en Flandre qui pourraient représenter autant d’opportunités pour les Bruxellois. Car il apparaît qu’il n’est pas impératif d’être parfait bilingue pour aller travailler en Flandre, à quelques kilomètres seulement de la capitale.

En périphérie flamande, une offre d’emploi sur cinq ne trouve pas preneur. Malgré l’impact de la crise sanitaire, 1.743 offres d’emploi y sont toujours vacantes. Plus largement, pour toute la Flandre, c’est 23.000 offres d’emploi au total qui sont disponibles aujourd’hui. Si 57.000 Bruxellois travaillent déjà en Flandre (une augmentation de 21% en cinq ans, un record), cette évolution n’est cependant pas assez rapide pour compenser le départ à la retraite de toute une génération.

Selon l’organisation d’employeurs belge Agoria un million de Flamands prendront leur retraite d’ici 2030. «Même si l’impact du COVID 19 se fait ressentir sur le marché du travail, il reste de nombreux postes vacants en Flandre. Et en raison du vieillissement de la population, nous nous attendons à ce que ce nombre augmente à nouveau à l’avenir», indique Geert Pauwels, directeur de VDAB Brussel.

À la veille de la première édition de la Journée du multilinguisme à Bruxelles, Actiris et le VDAB, les offices bruxellois et flamands de l’emploi, lancent donc une nouvelle campagne «Een job, c’est aussi un job» pour inciter les chercheurs d’emploi à franchir la barrière linguistique et géographique.

Une campagne pour casser les préjugés

Même en période de crise sanitaire, de plus en plus d’entreprises flamandes de la périphérie bruxelloise ne parviennent pas à pourvoir leurs postes vacants. La raison ? Les chercheurs d’emploi bruxellois n’osent pas s’aventurer au-delà de la frontière régionale car ils sont encore trop souvent paralysés par la barrière linguistique. Or, 1 offre d’emploi sur 3 en Flandre ne spécifie pas d’exigences linguistiques.

Afin de rapprocher les deux parties, Actiris et le VDAB ont décidé de lancer la campagne «Een job, c’est aussi un job» pour promouvoir la mobilité interrégionale. L’objectif ? Amener plus de chercheurs d’emploi bruxellois à élargir leur zone de recherche et considérer la périphérie bruxelloise comme une opportunité.

Pour Grégor Chapelle, directeur général d’Actiris, la barrière de la langue et/ou la distance ne doivent pas décourager les Bruxellois dans leur recherche : «La connaissance du néerlandais est une compétence indispensable, mais qui peut heureusement facilement être acquise. Chez Actiris nous proposons par exemple de passer un test qui permet de trouver la solution langue la plus adaptée pour chacun. Et quoi de mieux que d’apprendre le néerlandais en immersion, sur le terrain, ce qui permet au final un apprentissage beaucoup plus rapide de la langue.»

Mathieu Vanhoucke de la société Transmoove situé à Vilvorde, se bat contre les mêmes préjugés : «La périphérie est un bassin d’opportunités pour les Bruxellois. La distance doit arrêter d’être perçue comme une barrière. Le Bruxellois a souvent une vision un peu biaisée de la distance qui le sépare de la périphérie. Alors qu’il est plus facile pour un Schaerbeekois de rejoindre un employeur à Vilvorde que de se déplacer jusqu’à Uccle.»

Laurentine Ndo est aujourd’hui employée au service desk de Sonova Belgique à Grand-Bigard et est un des visages de la campagne : «Venant d’Espagne, j’ai rapidement compris qu’en Belgique parler le néerlandais ouvrait des portes dans sa recherche d’emploi. Grâce au chèques-langues d’Actiris, j’ai pu suivre des cours de néerlandais gratuitement. J’ai ensuite suivi une formation à l’INTEC Bruxelles. Aujourd’hui j’améliore mon néerlandais en le pratiquant au bureau : je ne suis pas encore parfaite bilingue, mais mes collègues me comprennent très bien et sont patients dans mon apprentissage.»
De plus en plus de Bruxellois entament cette démarche d’apprentissage. « Depuis 2018, notre plateforme pour l’apprentissage des langues Brulingua est aussi accessible gratuitement à l’ensemble des Bruxellois. Avec à ce jour plus de 62.115 inscrits, nous avons pu constater pendant le confinement que beaucoup de Bruxellois ont mis ce temps à profit pour améliorer leurs connaissances en langues, » explique Grégor Chapelle.

Une carte interactive avec toutes les offres d’emploi en Flandre

Pour soutenir au mieux les chercheurs d’emploi, Actiris et le VDAB proposent, outre des cours de langues, plusieurs outils d’accompagnement dont le site www.eenjobpourmoi.be Ce site comprend une carte interactive avec toutes les offres d’emploi en Flandre. Geert Pauwels précise : «Nous appelons les Bruxellois à élargir leurs horizons et à saisir des opportunités qui se présentent aussi à eux. Grâce à la carte interactive, vous pouvez voir où se situent les offres d’emplois et comment vous y rendre en vélo, en transport public ou en voiture».

Pour Bernard Clerfayt, Ministre bruxellois de l’Emploi et de la Formation professionnelle, il faut mobiliser les chercheurs d’emploi autour de toutes les opportunités d’emploi, y compris celles situées en dehors de Bruxelles : « Travailler en périphérie bruxelloise, c’est un bon plan ! Pourtant, même si le nombre de Bruxellois travaillant en Flandre ne cesse d’augmenter, ils étaient 57.000 en 2019 contre 47.000 en 2014, ils sont encore trop peu nombreux à sauter le pas et oser sortir de Bruxelles : mauvaise connaissance de la langue, distance de trajet trop importante. Cette campagne tombe donc à point nommé pour casser les mythes, rappeler aux Bruxellois qu’ « een job, c’est aussi un job » et leur permettre d’accéder à l’emploi, également en périphérie bruxelloise ».

Hilde Crevits, ministre flamande de l’Emploi : « D’un côté, de nombreux Bruxellois cherchent un emploi. De l’autre, des nombreux employeurs situés en périphérie bruxelloise engagent. Le VDAB et Actiris n’en sont pas à leur coup d’essai en matière de coopération. Ensemble, ils encouragent les chercheurs d’emploi à venir travailler en Flandre. Au propre comme au figuré, la distance qui sépare un Bruxellois d’un job en périphérie n’est pas bien grande. De nombreuses opportunités, tant en terme d’emplois que de formations, sont à saisir ».

Actiris et le VDAB organiseront par ailleurs des séances d’information sur les formations en langue et les opportunités d’emploi dans les semaines à venir.

Source: Actiris

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