Pour fidéliser leurs talents, les employeurs belges misent souvent sur le salaire, les responsabilités et la flexibilité. Mais la dernière étude « Talent Trends 2026 » de Michael Page, menée auprès de plus de 1.100 professionnels et responsables du recrutement belges, montre qu’ils font face à un nouvel enjeu. Les professionnels de 30 à 50 ans qui quittent leur employeur ne le font pas par manque de satisfaction, mais parce qu’ils n’y voient plus de perspectives.
Ce sont précisément ces professionnels en milieu de carrière qui se révèlent aujourd’hui les plus ambitieux, les plus mobiles et les plus tournés vers leur développement. Le signal pour les employeurs est clair : faute de perspectives d’évolution en interne, ce sont leurs profils les plus prometteurs qui partent.
Les professionnels en milieu de carrière restent très actifs sur le marché du travail
L’ouverture à un nouvel emploi diminue avec l’âge : de 82% chez les vingtenaires à 78% chez les trentenaires et 66% chez les 50-64 ans. Mais ces chiffres cachent des motivations très différentes. Si les vingtenaires cherchent encore leur voie, les trentenaires et les quadragénaires, eux, savent ce qu’ils valent et veulent aller plus loin. C’est cette ambition, et non une lassitude, qui les maintient à l’affût : 57% des trentenaires comptent changer de fonction dans les trois ans.
« Les professionnels en milieu de carrière ont toujours nourri une forte ambition de continuer à construire leur parcours. Ils allient une solide expertise à une longue carrière encore devant eux. Ce qui change aujourd’hui, ce n’est pas leur ambition, mais la marge de manœuvre pour la concrétiser », explique Grégory Renardy, Senior Managing Director chez Michael Page Belgique & Luxembourg.
Et cette marge, ils ne la trouvent souvent plus chez leur employeur actuel : 35% des trentenaires et 39% des quadragénaires envisagent de changer de poste alors même qu’ils sont satisfaits de leur fonction, mais pour bénéficier de meilleures perspectives de croissance. Alors que chez les employés de 50 à 64 ans, ils ne sont plus que 3% à envisager un départ pour les mêmes motifs.
Non par manque de satisfaction, mais par manque de perspectives
Ce n’est donc pas l’insatisfaction qui fait bouger les 30-50 ans, mais l’envie de continuer à évoluer, et c’est précisément ce qui les distingue de leurs aînés.
Cette envie est évoquée de façon concrète : 43% des trentenaires classent la formation et le développement en priorité absolue et 34% des quadragénaires. Or c’est précisément ce qui fait souvent défaut chez leur employeur actuel.
« La satisfaction seule ne suffit plus pour retenir les talents. Les professionnels ambitieux veulent continuer à progresser. Si les organisations ne répondent pas à cette demande, ils iront chercher leur chance ailleurs », explique Renardy.
Le parcours professionnel classique est dépassé
Selon Michael Page, le principal défi réside dans la manière dont les organisations conçoivent encore pour la plupart le développement de carrière. Dans de nombreuses entreprises, la promotion à un poste de direction reste la principale voie d’évolution, alors que tous les professionnels ne souhaitent pas s’engager dans cette direction. Pour les 30 à 50 ans, faute de voie d’évolution adaptée chez leur employeur actuel, ils risquent d’aller chercher ailleurs les perspectives qui leur manquent.
« Les entreprises devront élargir leur vision du développement de carrière. Tout le monde ne souhaite pas devenir manager, mais presque tout le monde souhaite progresser. Les organisations qui proposent, outre des parcours de management, des parcours d’expertise solides, seront mieux à même de fidéliser leurs collaborateurs les plus ambitieux », conclut G. Renardy.
Pour les employeurs, le défi ne réside donc pas seulement dans le recrutement de nouveaux talents, mais aussi dans la création de perspectives suffisantes pour les personnes qu’ils emploient déjà aujourd’hui. Car ce sont souvent les collaborateurs les plus motivés et les plus performants qui partent les premiers lorsqu’ils n’ont pas de vue sur l’étape suivante.
Source: Michael Page

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