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Les cas de violence et de harcèlement liés au travail ont augmenté pendant la crise du COVID-19.

La lutte contre la violence et le harcèlement au travail est indispensable pour aller vers une « meilleure normalité ». Un nouveau rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) étudie comment on peut s’attaquer aux causes de ce fléau et à ses différents aspects, une démarche essentielle si nous voulons aller vers «une nouvelle normalité». Selon Manal Azzi, spécialiste principale santé et sécurité au travail au sein de l’OIT, la violence et le harcèlement dans le monde du travail constituent un problème tenace et pernicieux.

La violence et le harcèlement peuvent prendre des formes diverses et changeantes, et pas seulement physiques ou sexuelles. Le harcèlement psychologique peut être particulièrement insidieux et abusif d’une manière extrêmement subtile, et le prix à payer au niveau psychique peut parfois conduire jusqu’au suicide.

Les conséquences néfastes sur le bien-être des travailleurs peuvent aussi affecter les entreprises en contribuant à l’absentéisme au travail et à un roulement du personnel accéléré, en raison de la peur suscitée ou encore des maladies et des blessures que cela cause. Ces changements entraînent un coût significatif pour les entreprises et peuvent également avoir un impact sur la productivité et le rendement.

Pendant la crise sanitaire que nous traversons actuellement, les cas de violence et de harcèlement semblent être en augmentation. En effet, les restrictions sans précédent qui ont été imposées à la population durant la pandémie ont accentué les niveaux de stress. Dans certains cas, la violence et le harcèlement ont touché les personnes employées dans les secteurs essentiels comme le personnel de santé et d’autres catégories se trouvant elles aussi en première ligne de la pandémie.

Ainsi en Chine, on a vu le cas de médecins de la ville de Wuhan qui ont été battus et ont fait l’objet de menaces à l’intérieur même d’hôpitaux bondés. Des travailleurs se trouvant eux aussi en première ligne, comme des employés de supermarché, ont subi violences et harcèlement en raison des pénuries de denrées alimentaires. Plus récemment, aux Etats-Unis, un garde de sécurité a été tué en tentant de faire respecter la réglementation imposant le port du masque à l’intérieur du magasin dans lequel il travaillait.

C’est donc le moment ou jamais d’identifier et de lutter contre les causes et les différents aspects de la violence et du harcèlement liés au travail. Un nouveau rapport de l’OIT intitulé Des milieux de travail sûrs et sains exempts de violence et de harcèlement fait justement le point sur ces questions. Il examine l’étendue de la violence et du harcèlement dans le monde du travail et passe en revue les cadres qui existent déjà en matière de santé et de sécurité au travail, ainsi que les initiatives et les différents domaines d’interventions, afin de prévenir et de lutter contre les risques psychosociaux sur le lieu de travail, y compris l’amélioration des systèmes de gestion et de formation en matière de santé et de sécurité au travail.

L’an dernier, lors de la Conférence internationale du Travail du centenaire , les 187 Etats Membres de l’OIT ont adopté deux normes historiques : la convention (n° 190) sur la violence et le harcèlement ainsi que la recommandation (n° 206) qui l’accompagne. Cette démarche constitue un engagement au niveau planétaire visant à l’élimination de ce fléau.

Cependant, un tel engagement global doit être accompagné par des actions de terrain. Les systèmes en place, les cultures professionnelles et les personnes qui perpétuent ce harcèlement ou encore le laissent perdurer doivent être montrés du doigt tout en procédant aux ajustements nécessaires. Toutes et tous, nous voulons construire une «meilleure normalité» d’après-COVID. Pour y parvenir, il est indispensable que la violence et le harcèlement au travail soient bel et bien bannis.

Source : OIT – anal Azzi, Spécialiste principale santé et sécurité au travail

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