Les perspectives d’emploi au sein des PME belges continuent de se dégrader à l’approche du troisième trimestre 2026. Seules 25% déclarent encore avoir des projets de recrutement, tandis que les intentions de licenciement augmentent légèrement pour atteindre 15%. Parallèlement, la part des PME qui s’attendent à une hausse de la charge de travail recule nettement. Cette combinaison traduit un pessimisme économique croissant chez les PME.
SD Worx suit ces évolutions de près depuis de nombreuses années. Depuis 2010, le Baromètre de l’emploi PME de SD Worx mesure, chaque trimestre, les intentions de recrutement des PME. Depuis la mi-2017, le baromètre analyse également les intentions de licenciement pour le trimestre à venir.
Des intentions d’embauche toujours sous pression
La volonté d’embaucher chez les PME recule encore, à 25% (contre 27%), soit une quatrième baisse consécutive, à un niveau nettement inférieur à celui de juin de l’an dernier (40%). Il faut remonter à décembre 2024 (et 2020) pour retrouver un niveau d’intentions d’embauche aussi bas. Les trois Régions sont en recul, la baisse la plus marquée étant observée en Flandre. Par rapport au trimestre précédent, ce sont surtout les PME de plus de 20 travailleurs qui réduisent leurs projets de recrutement.
« Ce trimestre, le top 3 des secteurs avec les intentions d’emploi les plus élevées est : l’Horeca (49%), les services financiers (38%) et l’industrie et la production (33%) », précise Georges Verleyen, Directeur PME pour la Wallonie et Bruxelles. « Les intentions les plus faibles se retrouvent dans l’exploitation de biens immobiliers (7%) et l’enseignement (13%) », ajoute-t-il.
Des plans de licenciement qui restent élevés
Dans le même temps, les intentions de licenciement progressent légèrement à 15%, en hausse tant en Flandre qu’en Wallonie. Elles sont les plus élevées dans les PME de taille moyenne, comptant entre 20 et 100 travailleurs : 22% envisagent de licencier. Dans les PME de plus de 100 travailleurs, ce chiffre retombe à 8%. Autre signal : les licenciements sont plus souvent définitifs, puisque seules 23% des PME prévoient un remplacement après un licenciement (contre 32% le trimestre dernier).
Au niveau régional, les écarts restent limités, mais l’écart entre embauches et licenciements se remarque clairement par Région :
- Wallonie : 21% veulent embaucher (vs 22%) – 16% envisagent de licencier
- Bruxelles : 32% veulent embaucher (vs 34%) – 10% envisagent de licencier, une tendance similaire au trimestre précédent
- Flandre : 25% veulent embaucher (vs 29%) – 16% envisagent de licencier, une légère hausse par rapport au trimestre dernier, avec 15 %
Le pessimisme s’accentue : une baisse du volume de travail est anticipée
Les attentes concernant le volume de travail se sont dégradées. La part des PME optimistes recule nettement :
22% s’attendent à davantage de travail (vs 27% le trimestre dernier)
15% s’attendent à moins de travail (vs 13% le trimestre dernier)
Près de deux tiers (64%) des PME s’attendent à un statu quo.
Le lien avec l’emploi est très marqué. Parmi les PME qui souhaitent embaucher, près de la moitié (49%) s’attendent à une hausse de la charge de travail. Parmi celles qui n’ont pas de projets de recrutement, seules 13% anticipent davantage de travail.
« Nous constatons que les PME freinent clairement. La combinaison d’une charge de travail attendue en baisse, de projets de recrutement réduits et d’intentions de licenciement élevées reflète une incertitude croissante. Les entreprises continuent à recruter là où c’est nécessaire, mais de manière beaucoup plus sélective aujourd’hui ».
« Au niveau des régions, Bruxelles résiste pour l’instant mieux, avec une dynamique d’embauche toujours plus forte et des intentions de licenciement plus faibles. En Flandre et en Wallonie, par contre, nous voyons les PME se replier plus rapidement : elles ressentent plus fortement l’incertitude économique dans leur planification des effectifs », nuance Georges Verleyen.
« La baisse des intentions de recrutement ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait plus de besoins en personnel. Durant l’été, lorsque les collaborateurs fixes prennent leurs congés, les flexi-jobbers offrent aussi une bouffée d’oxygène aux PME. Depuis le 1er juillet, ils peuvent être mobilisés plus largement. Quatre PME sur dix souhaitent y recourir comme remplacement temporaire pendant les vacances, afin de combler les absences sur une courte période ».
« Les PME passent clairement la vitesse inférieure au troisième trimestre. En juillet, août et septembre, SD Worx s’attend à moins d’embauches, davantage de licenciements et une charge de travail en recul », conclut Georges Verleyen, Directeur PME pour la Wallonie et Bruxelles.
Source: Baromètre de l’emploi PME de SD Worx, une enquête menée auprès de 448 PME en juin 2026.

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