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Edito – La Sécu, les banques et l’Europe. #fail

FAIL. Ces quatre lettres, souvent précédées du fameux hashtag, servent aujourd’hui à pointer du doigt les échecs patents de personnes ou d’organismes qui participent à notre vie quotidienne. Cela part en général d’un constat affligeant. Ces quatre lettres donc, elles s’adressent aujourd’hui à trois ‘institutions qui devraient garantir une forme d’équilibre dans la tempête que nous traversons : notre Sécurité Sociale, nos banques et ’notre’ Europe.

L’attitude générale des leaders d’opinion à leur égard est plutôt indulgente, jusqu’à présent en tout cas. Priorité à la crise ! Maintenant, on gère et on fera les décomptes plus tard, lorsque nous serons sortis de cet enfer. Mais lorsque viendra le temps de dresser le bilan des dégâts, on en reparlera (ou pas)!

Commençons par le plus grave au moment où nous n’avons qu’à nous concentrer sur les enjeux de santé publique.
L’état de délabrement de notre sécurité sociale, et du concept de l’Etat Providence en fait, est triste. Les appels aux dons pour venir en aide à nos hôpitaux en ont choqué plus d’un! Comment est-il possible que la survie de nos concitoyens puisse à un moment dépendre de la charité de la population? Comment est-il possible que des équipements aussi élémentaires que des masques et blouses de protection puissent venir à manquer? Malgré tout, le secteur de la santé en souffrance depuis de longues années fait front et gère cette saloperie d’épidémie.

Sur le plan social, nous ne pourrons certainement pas intervenir en faveur de celles et ceux qui bénéficiaient jusqu’avant la crise de positions précaires, sans intégration durable sur le marché du travail. Ils seront contraints d’attendre la prochaine reprise et de cultiver une sacrée résilience pour s’en sortir.
Nos soins de santé et notre système de protection sociale sont les derniers remparts face à cette crise sanitaire et bientôt économique que nous affrontons. Ils sont durement éprouvés par ces événements malgré une situation déjà déplorable. Ils risquent peut-être de ne pas s’en relever si nous ne prenons pas ces dossiers au sérieux rapidement.

Les banques, prisonnières de l’économie systémique?

Le cynisme des banques n’a décidément pas de limite. Alors que nombreux sont les travailleurs, salariés et indépendants, qui vont être privés de leurs revenus au cours des prochaines semaines, l’effort improbable consenti par les banques consiste à repousser vos échéances au 30 septembre, à condition de faire la preuve d’une diminution substantielle de vos rentrées! Annuler les intérêts sur toute forme de crédit et éliminer les frais bancaires d’un service de plus en plus virtuel seraient des mesures minimales à prendre pour contribuer timidement à l’effort collectif. Mais non. Alors que l’argent ne coûte rien actuellement, la posture de nos banques est dégoûtante.

Pourtant, nous connaissons tous plein d’individus remarquables qui travaillent au quotidien dans nos institutions bancaires. La plupart d’entre elles comptent aussi dans les rangs de leurs conseils d’administration des représentants politiques chargés de porter l’intérêt sociétal au centre de leur stratégie… Et malgré cela, ces entreprises brillent par leur insatiable soif de profit à court terme. Comment expliquer cette ‘distance’ entre la nature profonde des entreprises financières et les personnes qui assurent leur fonctionnement? Les banques sont-elles prisonnières de notre économie systémique? Sincèrement, je ne le crois pas et cela doit changer.

L’Europe, un concept inopérant

Etrangement absente. Inodore, incolore, invisible, muette. L’épidémie du coronavirus nous démontre chaque jour que cet idéal européen que nous soutenons contre vents et marées, n’est en fait qu’un concept, soutenu par une administration inopérante.

Lorsqu’un pays membre intercepte la livraison de masques de protection vers un autre pays membre qui est le plus durement frappé par l’épidémie, cela pose question. Lorsque ce sont des médecins et infirmiers russes, cubains et chinois qui viennent prêter main forte à l’Italie, nous ne pouvons pas nous empêcher de constater à quel point l’Europe est inefficiente. Nous ne doutons pas que chaque pays dispose de ressources inestimables mais de capacité d’agir ensemble, il n’en est pas question! Il ’suffit’ d’un virus parti d’un marché chinois à l’hygiène douteuse pour que les 27 pays démontrent l’impossibilité de s’entendre sur des mesures de précaution et une stratégie commune. Et pour que les frontières se ferment alors qu’une prise de décision synchronisée quant au confinement pouvait montrer au monde entier notre force de mobilisation. Affligeant, une fois encore.

Pourrons-nous demain nous passer de ces institutions décidément bien mal en point que ce soit sur le plan moral ou sur des aspects opérationnels? Bien sûr que nous. Il y a même de grandes chances que tout cela retrouvera progressivement une certaine forme de ‘confort’. Il y aura des alternatives citoyennes qui prôneront la révolution, le changement de paradigmes.
Ces institutions devront changer de l’intérieur. Nous le dirons, encore et encore. Sans relâche. Jusqu’au bout. Que nous soyons confinés ou pas. Et, par ailleurs, cela ne nous empêchera certainement pas de nous préparer à une superbe fête de retrouvailles avec nos proches et nos amis… Que dis-je… de nous préparer à de superbes fêtes de retrouvailles !

Jean-Paul Erhard

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