Éditorial – Une journée comme les autres, entre déprime et émerveillement… pour apprendre à gérer nos émotions.

Le Blue Monday, jour le plus déprimant de l’année, est passé. C’était juste un lundi comme les autres. Rien de particulier à signaler sur le plan de l’humeur malgré le bruit médiatique. Dans les faits, le monde ne s’est pas arrêté de tourner ce lundi pour faire le tri dans ses idées noires. Il ne s’est pas réveillé non plus avec une nouvelle détermination pour mettre fin aux conflits et au déclin de notre société et de nos institutions.
C’est d’application pour chacun.e d’entre nous également. Nous avons des hauts, nous avons des bas. Qui s’enchaînent très vite et se manifestent avec des niveaux d’intensité de plus en plus dramatiques. Est-il encore possible de rester cool? Où est le mode d’emploi de nos émotions diverses?

Nos actualités, privée et professionnelle, ressemblent aujourd’hui à un parc d’attractions. Il est facile de sombrer dans la dépression lorsque les coups durs se multiplient. Mais nous pouvons aussi réagir et développer un peu plus encore notre compétence la plus précieuse: la capacité d’adaptation. Allons-y !

Les champions du déclinisme (non, ce n’est pas seulement un état d’esprit !)

Que peut-on reprocher à celles et ceux qui pensent profondément que rien ne va? Les émotions dominantes autour de nous sont sans doute le désespoir et le renoncement. Et ce n’est pas seulement une question d’attitude générale, même si nous (travailleurs européens) sommes les champions du déclinisme.
Nous sommes confrontés à une réelle détérioration de notre environnement dans le sens où les menaces sont de plus en plus nombreuses dans notre quotidien. L’évolution la plus significative est peut-être dans le fait d’être exposé en permanence à l’agressivité, dans des formes d’expression de plus en plus violentes. Nous sommes souvent sidérés face à la méchanceté ambiante, dans les relations avec nos clients, fournisseurs, partenaires et collègues…

Comment y répondre ou, à tout le moins, mieux se préparer à y réagir? Accordons-nous sur le refus de l’escalade et privilégions l’évitement et la créativité. Répondre aux dangers et agressions que nous rencontrons ne devraient pas nous pousser vers les salles de musculation. C’est par le mouvement et l’agilité que nous allons survivre, et non par la force.

En quête de stabilité… (et de réalisme)

Notre besoin de sécurité est durement éprouvé. Il faut être aveugle et sourd pour ne pas voir ni entendre le besoin de stabilité que manifestent la plupart de nos proches et de nos collaborateurs. Qu’avons-nous à leur offrir ? De l’incertitude. Ce n’est pas satisfaisant.

La manière classique d’adresser ce besoin passe souvent par la définition et le partage d’une vision et d’une stratégie claire. Mais les équipes ont du mal à y croire encore parce qu’elles ont intégré dans leur ‘logiciel’ l’importance de toutes ces variables qui entravent la réalisation de nos ambitions. Il faut comprendre que la nature du défi a changé, en ce qui concerne la préparation au futur.
Il s’agit désormais de trouver des certitudes dans un monde en cours de dématérialisation. L’élément de permanence et de stabilité désormais, c’est la donnée! Nous sommes dans une société digitale, il est temps d’en prendre conscience. La métaphore ne plaira sans doute pas : mais désormais, nos collectifs sont des nuages de données. Et les relations entre collègues, ce sont des algorithmes…

Tous hypersensibles ? Encore une nouvelle compétence à acquérir…

Nous changeons, nous aussi. Grâce à notre formidable capacité d’adaptation, nous sommes en train de nous transformer et cela passe inévitablement par une sensation de chaos et de confusion extrême. Nous sommes davantage et mieux informés… Plus connectés les uns aux autres par ailleurs! En conséquence, nous sommes en train de développer une hypersensibilité au monde et aux personnes qui nous entourent.

Sans recherche préalable (qui sait, avec la chance du débutant… nous pourrions viser juste!), notre intuition nous invite à penser que l’hypersensibilité est davantage une question de notre rapport à autrui et à l’environnement que de ‘génétique’. Bien sûr, certain.e.s sont en avance en ayant d’ores et déjà détecté comment cette hypersensibilité peut impacter leur quotidien. La plupart d’entre nous progressent (trop) lentement sur ce terrain et développent un rapport aux autres et aux événements qui leur permettra de survivre dans ce monde de brutes.

Comprendre notre (hyper)sensibilité devrait logiquement simplifier notre gestion des émotions qui restera rythmée par les moments d’euphorie et les phases de cruelle déception. Et nous permettre aussi d’aborder chaque ‘Blue Monday’ ou autre bêtise du genre avec la légèreté qui s’impose.

Jean-Paul Erhard

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