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Peoplesphere

Infectiologue et DRH, même combat? (Que doit-on faire lorsqu’on ne vous écoute pas…)

Consultés, utilisés, médiatisés, manipulés parfois… Les infectiologues occupent les feux de la rampe depuis bientôt deux ans – oui, la pandémie nous prévenait de sa venue dès la fin de l’année 2019…. – et se plaignent régulièrement de ne pas être entendus dans leur rôle de conseiller. Les décisions récentes du CODECO laissent penser que les décideurs de l’exécutif ne suivent décidément pas l’avis des comités scientifiques au sein desquels, forcément, la révolte gronde. Quel rapport avec l’exercice délicat du People Management, me direz-vous? Explications.

La question commune est la suivante : que doit-on faire lorsqu’on ne vous écoute pas? Le parallèle à établir entre les éminences grises Santé et les RH nous semble troublant.

Bien qu’ayant menacé plusieurs fois de claquer la porte, les experts sont toujours là, à disposition du politique et des média qui les pressent de nous donner des avis définitifs. Les infectiologues sont exposés à une tension extrême en étant confrontés, d’une part, à une population attentive ou révoltée car à l’affût de signes d’espoir et d’amélioration et d’autre part, à une ‘hiérarchie’ qui prend leurs avis sans suivre pour autant les recommandations qui les accompagnent.

Au quotidien, les responsables RH et autres experts du domaine font face – bien avant la pandémie déjà ! – au même type de contradictions.

Leur parole est attendue, que l’on soit d’accord ou pas d’ailleurs. Mais leur avis peine à prendre un caractère prioritaire au moment de prendre les décisions en comité de direction.
Quoi que nous en disions, il reste ‘rare’ que le facteur humain soit prépondérant dans la majorité des choix stratégiques de nos entreprises (et ça fait mal de le reconnaître). Reste donc à se poser, en toute sérénité, la question suivante: comment agir lorsque votre avis (pertinent et différent) n’est pas pris en compte?

Trois options possibles à première vue.

La première, la plus simple et immédiate: partir. Non, ce n’est ni de la lâcheté, ni de l’abandon. Il doit bien y avoir quelque part des cieux plus favorables où nous serons entendus et où notre contribution sera appréciée. Allons donc voir ailleurs puisqu’ici et maintenant, ce que nous constatons et ce que nous conseillons n’est pas pris en compte. Le signal est fort. Souvent considéré comme un coup d’éclat dans l’instant, pour être décortiqué au fil des jours et interprété comme une désertion et un faible niveau de résistance à l’adversité. Résultat mitigé donc.

La deuxième, plus éprouvante sans doute: se taire et regarder les femmes et les hommes tomber. Il s’agit de la posture la plus fréquente et à nos yeux, la moins souhaitable. C’est la cruauté de notre monde aujourd’hui qui laisse de plus en plus de nos semblables au bord de la route malgré les initiatives nombreuses et admirables qui permettent à la solidarité de garder un sens. La pandémie multiplie les victimes. Le ’Nouveau Nouveau Monde du Travail’ isole les travailleurs et construit doucement une vague de burnout qui sera la plus grande que nous aurons jamais connu. Préparons-nous à constater les dégâts.

La troisième, chevaleresque et inutile peut-être: lutter. Même si cela s’apparente à la logique du pot de terre contre le pot de fer, avec une probabilité d’échec importante au final, nous pensons clairement que notre société et nos entreprises ont besoin de cette forme de combat. Il en restera quelque chose. Il faudra du temps et beaucoup d’énergie pour infléchir les positions et améliorer la prise en compte des dimensions sociales – individuelle et collective – face aux difficultés que nous traversons. Mais quoi qu’on en dise, cela vaut la peine de continuer à argumenter pour protéger les talents, participer à un meilleur équilibre face aux inégalités, adoucir des oppositions parfois féroces entre des gens affichant des convictions à priori incompatibles…

A vous de choisir. Patience et indulgence seront bien nécessaires pour continuer à faire face…
En ce qui nous concerne – et même si nous savons qu’il ne faut pas prendre tous les combats et au contraire, bien choisir ses batailles – nous restons persuadés que l’expertise concernant le facteur humain et le capacité à regarder au-delà des échéances immédiates doivent chaque jour se frayer un passage pour influencer les cercles où se prennent les décisions. Nous continuerons à y oeuvrer. Dans les circonstances actuelles, l’adage de la couronne britannique mérite d’être détourné pour partager notre état d’esprit en cette fin d’année 2021… Never complain, always explain…

Et belles fêtes de fin d’année à toutes et à tous.

Jean-Paul ERHARD

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