Les employeurs restent plutôt réticents face au recrutement des chômeurs de longue durée.

À partir du 1er avril, des milliers de chômeurs de longue durée réintègreront le marché du travail. Mais retrouver un emploi ne sera pas évident : 49% des employeurs interrogés se montrent négatifs à l’idée d’embaucher quelqu’un resté plus de deux ans sans emploi.

« La longue période de chômage joue contre eux. Il ne sera pas facile pour les demandeurs d’emploi de postuler », ajoute Group S.

Les personnes au chômage depuis 2 à 8 ans perdront leurs allocations de chômage à partir du 1er avril. Il s’agit de la dernière phase de la limitation dans le temps des allocations de chômage mise en œuvre par le gouvernement fédéral.

« 8 employeurs sur 10 partagent l’opinion selon laquelle une période de chômage de longue durée constitue un risque à l’embauche. 41% déclarent même ne pas vouloir investir dans la formation des nouveaux candidats. La mesure du gouvernement augmente certes le nombre de candidats sur le marché du travail, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils seront engagés facilement. » – Virginie Vellemans, Chief Communication & Office Management Group S

Quant à savoir si les cadres s’attendent à un plus grand nombre de candidats pour leurs postes vacants en raison de la nouvelle mesure, les avis sont partagés. 35% déclarent ne pas s’y attendre, tandis que 37% sont convaincus qu’ils recevront plus de candidats. 11% déclarent ne pas savoir et les 17% restants n’ont pas de poste vacant pour le moment.

Paradoxe

Il est intéressant de noter que la grande majorité (85%) des employeurs pensent que les chômeurs de longue durée ont besoin d’un accompagnement supplémentaire pour se réinsérer durablement sur le marché du travail. Dans le même temps, près de la moitié (49%) d’un accompagnement supplémentaire pour se réinsérer durablement sur le marché du travail.

« Il semble donc qu’il y ait une différence entre ce que le gouvernement veut réaliser avec cette mesure – faire en sorte que plus de gens travaillent – et la réalité du côté des employeurs. La volonté est bien là, mais il manque des repères. Comment accompagner les demandeurs d’emploi? Avec quelles subventions? Ce sont des questions auxquelles les employeurs n’ont pas toujours de réponse. » – Virginie Vellemans, Chief Communication & Office Management Group S

Pour Group S, les chiffres montrent clairement que la réforme n’aura un impact réel que si les employeurs et les demandeurs d’emploi y sont soutenus. C’est pourquoi l’acteur RH compile une série de points pratiques d’intérêt pour les deux groupes cibles.

Checklist pour les employeurs

1. Examiner l’employabilité d’aujourd’hui, et non le CV d’hier

Avec les demandeurs d’emploi de longue durée, un CV classique en dit souvent moins qu’avec d’autres candidats. Les questions les plus utiles sont les suivantes : que peut faire cette personne aujourd’hui ou à nouveau, quelle est sa motivation, et à quelle vitesse cette personne peut-elle redevenir productive dans votre contexte? Ceux qui ne s’intéressent qu’au « trou » dans une carrière passent souvent à côté des compétences transférables et du potentiel de croissance.

2. Utiliser un stage comme période d’intégration

Un stage d’immersion professionnelle — par exemple une formation professionnelle individuelle en entreprise (FPI, équivalent wallon de l’IBO) — peut constituer une étape utile pour reconstruire un rythme de travail, la confiance en soi ou des compétences spécifiques. Pour les employeurs, c’est une opportunité de former un candidat sur mesure avec des contraintes administratives et financières limitées.

3. Fournir un point de contact permanent sur le lieu de travail

Toute personne qui revient après une longue absence a besoin non seulement d’un emploi, mais aussi d’un redémarrage social. Il faut donc prévoir un confident, un parrain ou une marraine qui s’occupe de la formation, des questions pratiques et de l’intégration informelle. Ce principe est également lié à la formule BIS, qui prévoit explicitement un parrain ou une marraine de stage.

4. Faire des premières semaines une phase d’alignement

Peu après le début du stage, organisez une réunion sur les attentes, le rythme de travail, le soutien et la communication avec les collègues. Demandez aussi explicitement à l’employé ce qu’il veut ou ne veut pas dire au sujet de son absence. Vous éviterez ainsi les malentendus et instaurerez plus rapidement une confiance mutuelle.

5. Voyez quelles sont les concessions dont vous bénéficiez en tant qu’employeur

Les employeurs qui engagent un demandeur d’emploi de longue durée peuvent, dans certains cas, solliciter une aide des pouvoirs publics. La base de données des subventions de VLAIO fournit un aperçu complet de toutes les subventions possibles ou même des réductions pour les groupes cibles.

 

Source: enquête récente menée par le prestataire RH Group S auprès de 181 employeurs. 

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