L’utilisation du congé parental est en recul pour la première fois depuis sa création: ce sont les mamans qui semblent y renoncer.

Pour la première fois depuis l’introduction du congé parental il y a vingt ans, son utilisation recule. Et, pour la première fois encore, plus de papas que de mamans optent pour un congé parental payé, avec réduction d’une demi-journée… Non seulement le congé parental payé est en baisse, mais le crédit-temps à temps partiel pour la garde d’un enfant de moins de 8 ans suit lui aussi une tendance à la diminution.

« Pour la première fois en vingt ans, nous observons un recul du congé parental payé dans le secteur privé », explique Anneleen Verstraeten, conseillère juridique chez SD Worx. « Début mai 2026, on compte en Belgique moins de parents en congé parental payé qu’un an plus tôt. Deux mouvements opposés se dessinent : davantage de papas (+ 370) prennent un congé parental payé, alors qu’en parallèle, moins de mamans le font (- 475). »

Moins de mamans, mais davantage de papas

Le nombre de papas en congé parental augmente (+1%), tandis que les interruptions chez les mamans évoluent en sens inverse, avec une baisse de 1%. Concrètement, fin avril 2026, 41.597 pères belges et 66.286 mères belges étaient en congé parental payé dans le secteur privé. Par rapport à l’an dernier, cela représente une diminution d’environ 475 mamans et une hausse d’environ 370 papas.

Pour la première fois en vingt ans, le congé parental payé recule

En Belgique, en 2025, plus de 106.000 parents prenaient encore un congé parental payé (moyenne annuelle). Sur la base des quatre premiers mois de 2026, cette moyenne annuelle tombe à 105 .379 parents.

C’est un signal marquant, surtout au regard de l’évolution historique. En 2006, il s’agissait d’environ 31.500 parents. En vingt ans, le congé parental a donc plus que triplé. En 2024, le seuil des 100.000 parents sur base annuelle a été dépassé pour la première fois. La tendance à la hausse semble aujourd’hui s’interrompre.

Un pic en été

Le pic du congé parental payé se situe traditionnellement pendant les mois d’été, avec un sommet en août.

Selon les experts, la baisse récente doit toutefois être analysée plus largement. « Le congé parental et le crédit-temps motivé vont souvent de pair », précise Anneleen Verstraeten, conseillère juridique chez SD Worx. « Ces deux dispositifs peuvent être pris pour le même enfant, et par les deux parents. Dans la pratique, nous constatons de plus en plus souvent que les parents commencent par prendre un crédit-temps, avant que l’enfant n’ait 8 ans. Ensuite, un congé parental reste possible, à condition que celui-ci débute avant le douzième anniversaire de l’enfant. »

Le crédit-temps diminue, lui aussi

Le crédit-temps à temps partiel (pour la garde d’un enfant de moins de 8 ans) continue également de s’éroder. Sur la base des quatre premiers mois de 2026, on observe une baisse de 1,65 % par rapport à l’année dernière.[1]

En avril 2026, on comptait encore 24.106 parents en crédit-temps à temps partiel. En crédit-temps à temps plein, ils ne sont plus que 2.110, pour la garde d’un enfant de moins de 8 ans.

Les personnes ayant épuisé leurs droits peuvent toujours convenir avec leur employeur d’une interruption de carrière sans indemnité de l’ONEM, ou d’un travail à temps partiel. Dans le secteur public, il existe par ailleurs des formes spécifiques d’interruption de carrière.

Les petites réductions gagnent du terrain

Lorsqu’ils recourent à une interruption de carrière, les travailleurs privilégient de plus en plus des formes limitées. Le régime classique du 4/5ème (un jour de travail en moins par semaine) reste de loin le plus populaire, tant chez les mamans que chez les papas. Au cours des premiers mois de 2026, on observe même davantage de papas que de mamans qui optent pour une réduction d’une demi-journée par semaine : avec 14.700 papas, ils dépassent de justesse les 14.636 mamans en interruption d’1/10ème.

« Les interruptions d’1/5ème ou d’1/10ème sont aussi celles qui ont l’impact le plus limité sur le revenu », souligne Anneleen Verstraeten, conseillère juridique chez SD Worx.

Les mamans choisissent, quant à elles, relativement plus souvent (13%) que les papas (seulement 6 ) un congé parental à temps plein, même si ce sont précisément les interruptions les plus “lourdes” qui reculent. Chez les papas comme chez les mamans, l’interruption à mi-temps chute fortement depuis début 2026, jusqu’à représenter moins d’un quart du niveau de l’année précédente.

L’impact sur le revenu pèse dans la balance

En cas d’interruption de carrière, le travailleur combine un salaire adapté versé par l’employeur avec une indemnité de l’ONEM. Plus l’interruption est importante, plus l’impact sur le revenu est élevé.

Ainsi, l’indemnité mensuelle de l’ONEM en cas de congé parental à temps plein s’élève à un peu plus de 1.058 euros, alors qu’elle n’est que de 647 euros dans le cadre d’un crédit-temps motivé. En cas de réduction d’1/5e, l’indemnité retombe à environ 180 euros pour le congé parental et à 213 euros pour le crédit-temps motivé. Les personnes isolées bénéficient d’une allocation légèrement plus élevée.

« L’aspect financier ne doit pas être sous-estimé », conclut Anneleen Verstraeten, conseillère juridique chez SD Worx. « Il explique en partie pourquoi les parents optent aujourd’hui plus souvent pour des interruptions plus modestes, plus faciles à combiner. »

 

Source: SD Worx

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