89% des entreprises du Benelux ont été victimes de tentatives de fraude interne ou externe, contre 78% l’an dernier. Dans près d’une organisation sur dix, le préjudice dépasse 500.000 euros. En Belgique, 2 organisations touchées sur 5 parlent même d’un impact considérable à très grave. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle sur la fraude menée par l’assureur crédit et fraude Allianz Trade auprès de 350 organisations aux Pays-Bas et en Belgique.
La fraude interne est la plus courante : le détournement de biens et d’argent ainsi que la falsification de documents sont particulièrement répandus. Parallèlement, la fraude externe connaît une forte augmentation, la fraude à la facturation occupant clairement la première place, suivie du vol ou de la destruction de données et de la fraude via des partenaires externes. Les organisations belges des secteurs public et social (administrations, établissements d’enseignement et de soins) sont particulièrement touchées, avec des préjudices souvent très élevés, compris entre 1 et 5 millions d’euros.
L’auteur est souvent en poste depuis 2 à 5 ans
Le profil type du fraudeur interne type est majoritairement masculin, âgé de 26 à 45 ans et généralement employé dans l’organisation depuis 2 à 5 ans. Dans les organisations belges, il s’agit souvent de collaborateurs occupant un poste à responsabilité au sein des services financiers ou commerciaux. Ils sont au coeur des flux de transactions et jouissent d’une grande autonomie. Il est frappant de constater que la fraude interne reste plus longtemps non détectée qu’en 2025. Cela souligne les défis croissants liés à la détection précoce et l’importance de contrôles et d’une surveillance plus stricts dans les entreprises belges.
Difficile de mettre fin à la fraude de manière autonome
Il semble plus difficile qu’auparavant de mettre fin à la fraude et de la gérer de
manière autonome : 84% des organisations font appel à un ou plusieurs intervenants externes. Alors qu’aux Pays-Bas, on fait principalement appel à des prestataires informatiques spécialisés, les organisations belges font relativement plus souvent appel à la police et à d’autres instances publiques, en plus des assureurs et des auditeurs.
Malgré la complexité croissante et l’importance des dommages potentiels, la proportion d’organisations disposant d’un plan d’action ou d’un plan d’urgence
diminue. En Belgique, ce taux est passé de 74 % en 2025 à 54 % en 2026.
Moins d’analyses des risques de fraude dans les organisations belges
La perception générale du risque de fraude reste élevée : 79% considèrent la fraude comme un risque croissant pour les organisations, principalement en raison de la digitalisation et de la fraude alimentée par l’IA. Dans le même temps, les organisations estiment plus souvent que leur propre résilience est suffisante. Cela explique pourquoi les analyses ciblées des risques de fraude sont moins fréquentes en Belgique que les années précédentes.
L’IA : à la fois une menace et une opportunité
Plus de la moitié des organisations considèrent toujours l’intelligence artificielle comme une évolution positive dans la lutte contre la fraude, notamment pour détecter plus rapidement les schémas atypiques et les transactions suspectes.
En revanche, deux organisations sur trois au Benelux ont déjà été confrontées à des fraudes basées sur l’IA. Les répondants belges signalent relativement souvent des documents d’identité ou d’entreprise falsifiés, des imitations de voix et des contacts clients manipulés . Dans environ la moitié de ces incidents liés à l’IA, cela a effectivement entraîné un préjudice financier.
Assurance contre la fraude : forte demande , nombreux malentendus
Plus d’un tiers des organisations déclarent disposer d’une assurance fraude, d’une cyberassurance ou d’une assurance responsabilité civile des dirigeants. En Belgique, la part des assurances fraude et cyberassurances est légèrement supérieure à celle des Pays-Bas. Le principal besoin en matière d’assurance concerne la protection contre le détournement d’argent, de biens et de données. Par ailleurs, on observe une forte croissance de la demande de couverture contre l’espionnage industriel.
L’étude révèle qu’il existe de nombreux malentendus concernant l’étendue des couvertures, notamment sur la différence entre assurance fraude et cyberassurance, et sur ce qui est couvert par chacune d’entre elles.
Source: Allianz Trade Benelux

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