Selon une étude de l’UCLouvain, sur les 11 dernières années, seuls 38,9% des recours pour discrimination au travail ont abouti sur une sanction. Sans compter que ces recours ne seraient que la partie émergée de l’iceberg. La CSC relève que nombreux.euses sont celles et ceux qui ne vont pas jusqu’au tribunal, malgré des discriminations subies, par manque de preuve (les patrons discriminants sont très prudents) ou par méconnaissance des procédures, lois.
Et 80% des recours en justice pour discriminations se font devant les tribunaux du travail. Surtout pour des licenciements.
La CSC souligne qu’il faut absolument :
- Mieux former les magistrats et qu’ils appliquent davantage la présomption de discrimination afin de renverser la preuve sur l’employeur.
- Clarifier la loi anti-discrimination (fixer des lignes directrices pour la présomption).
- Renforcer le rôle des associations spécialisées et instituts fédéraux
(Unia, IEFH…) car ça fait grimper de 36,6% (recours seuls) à 70% les chances d’obtenir une sanction (recours avec Unia).
« La Belgique est le moins bon élève de l’Union européenne pour le taux d’emploi de ce public et ça nous a valut quelques rappels à l’ordre. 26% d’écart entre les femmes d’origine belge et les femmes d’origine non européenne, ce n’est pas anodin. Surtout lorsqu’on sait que pour seulement une femme sur 3, ça peut s’expliquer par des variables socio-démographiques (nonreconnaissance ou absence de diplôme, grandes familles et pas de place en crèche,…). Sans compter qu’elles sont, pour plus d’un tiers d’entre elles, surqualifiées pour leur boulot. »
Quelles autres explications ?
- La barrière de la langue. Mais en Flandre, les cours de langue sont devenus payants, limités en places et se font en journée.
- Le racisme, les discriminations et les préjugés sur leur origine.
Quelques pistes de solutions :
- Des places en crèches (flexibles et abordables).
- Des formations de “programme passerelle” permettant une remise à niveau des personnes déjà diplômées à l’étranger (et non devoir recommencer toute la formation).
- Des cours de langue abordables.
Et la racisme au travail…
Une étude de la Fondation Roi Baudouin sur l’insertion en Belgique des personnes d’origine subsaharienne montre que 70% des participants à l’étude ont déjà subi du racisme mais seuls 3% ont porté plainte, 4% ont contacté une association et 2% ont contacté un syndicat. C’est très peu. Beaucoup trop peu !
61% de ces expériences sont liées à l’emploi, sans compter les formations qualifiantes qui se retrouvent dans la partie “A l’école, ou l’Université ou lors d’une formation” (qualifiante). En comparaison, sur 10 dossiers ouverts en 2024 par Unia, 3 concernent le racisme. Et c’est effectivement dans l’emploi que ce phénomène se produit le plus souvent. L’emploi concerne, à lui seul, 29% des dossiers pour racisme. De toute évidence, de nombreuses personnes gardent pour elles ce qu’elles subissent, et il est temps que ça change.
Source : CSC – Fondation Roi Baudouin

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