Plus de 60% des travailleurs en manque de sommeil: quelles sont les conséquences au travail?

Pas moins de six travailleurs belges sur dix (59%) ont le sentiment de ne pas dormir suffisamment, au moins une fois par semaine. C’est même un fait quotidien pour 18 % d’entre eux. Les femmes, les travailleurs de moins de 35 ans et les parents d’enfants vivant encore au foyer souffrent le plus de fatigue.

Parmi les personnes concernées par un manque de sommeil, 90% estiment que celui-ci a un impact sur leurs performances professionnelles. Pour Attentia, des mesures concrètes et ciblées en matière de sommeil s’imposent dès lors.

Alors que le sommeil joue un rôle essentiel dans notre fonctionnement quotidien, 59% des répondants déclarent avoir le sentiment de ne pas dormir suffisamment, ​ au moins une fois par semaine. Pour 18%, cette situation se répète même au quotidien. Par ailleurs, 23% se disent fatigués au moins une fois par mois, tandis que seuls 2% affirment ne jamais être confrontés à ce problème.

Les répercussions sur le lieu de travail se révèlent importantes. Parmi les travailleurs souffrant d’un manque de sommeil, 90% indiquent que cela affecte leurs performances professionnelles. Les répercussions concernent principalement la concentration (61%), la motivation (48%), la productivité (38%) et la mémoire (37%). L’impact est plus limité sur la collaboration avec les collègues (12%) et les interactions avec les clients (11%).

Top 6 des aspects du travail les plus affectés par la fatigue liée au manque de sommeil :

  • La concentration (61%)
  • La motivation (48%)
  • La productivité (38%)
  • La mémoire et les capacités cognitives (37%)
  • La collaboration avec les collègues (12%)
  • Les interactions avec les clients (11%)

« Avec l’alimentation et l’activité physique, le sommeil constitue l’un des piliers fondamentaux de notre santé, » explique le Dr Edelhart Kempeneers, directeur Bien-être chez Attentia. « Un manque de sommeil chronique n’est pas seulement un problème de santé individuel : il représente également un risque pour les organisations. La fatigue augmente le risque d’erreurs humaines et d’accidents du travail et peut, à terme, conduire à des absences de longue durée pour maladie. »

Les chiffres de l’enquête montrent d’ailleurs qu’un travailleur sur deux (50%) a déjà été effectivement malade ou a déjà souffert de troubles physiques liés à la fatigue.

Un fossé générationnel marqué

Les femmes semblent davantage touchées par le manque de sommeil que les hommes. Alors que 54% de ceux-ci déclarent ne pas dormir suffisamment au moins une fois par semaine, cette proportion grimpe à 65% chez les femmes. Elles sont également un peu plus nombreuses à constater un impact sur leur travail: 91% estiment que leurs performances professionnelles en pâtissent, contre 88% des hommes.

L’enquête met aussi en évidence un net fossé générationnel. Deux travailleurs de moins de 35 ans sur trois (66%) déclarent souffrir d’un manque de sommeil chaque semaine. Cette proportion atteint 60% chez les 35 à 54 ans et 52% chez les 55 ans et plus. Parmi les moins de 35 ans, 95% estiment que leur fatigue nuit à leurs performances professionnelles, contre 91% des 35-54 ans et 82% des travailleurs plus âgés.

Enfin, les travailleurs ayant des enfants de moins de 18 ans vivant encore au foyer sont plus souvent confrontés à la fatigue. Ainsi, 64% d’entre eux déclarent avoir le sentiment de ne pas dormir suffisamment chaque semaine. Chez les travailleurs sans enfant vivant au foyer, ces proportions atteignent respectivement 56% et 16%. Parmi ces parents, 93% constatent un impact direct de cette fatigue sur leurs performances au travail, contre 87% des travailleurs sans enfant vivant au foyer.

Le symptôme d’un problème plus profond

Selon Attentia, le manque de sommeil constitue souvent le symptôme de difficultés sous-jacentes. Outre le stress et la conciliation entre vie professionnelle et vie privée, certaines pathologies médicales, comme l’apnée du sommeil, restent fréquemment non diagnostiquées. Cette affection provoque des arrêts respiratoires répétés pendant la nuit, dégradant fortement la qualité du sommeil sans que la personne concernée n’en identifie nécessairement la cause.

Attentia appelle dès lors à accorder une plus grande attention à la question du sommeil, en particulier pour les groupes les plus exposés, comme les jeunes parents et les femmes.

« Les employeurs disposent de leviers très concrets pour enrayer cette spirale négative », conclut le Dr Kempeneers. « Cela peut commencer par un dépistage simple et accessible de troubles, tels que l’apnée du sommeil, que les collaborateurs peuvent réaliser à domicile grâce à un capteur facile à utiliser. Nous constatons également l’efficacité des séances de coaching ciblées. Pensons notamment aux travailleurs en équipes, qui apprennent à mieux gérer leur énergie entre les différents horaires, ou encore aux jeunes parents, qui reçoivent des conseils pour retrouver plus facilement le sommeil après des nuits interrompues. Enfin, l’environnement de travail lui-même peut être adapté, par exemple grâce à un éclairage dynamique et plus intense, qui contribue à renforcer la vigilance pendant la journée. »

 

Source: Attentia – l’enquête a été réalisée en avril 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1.500 travailleurs belges, par un bureau d’études indépendant. La marge d’erreur maximale est de 2,43%.

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