Adoption exemplaire de l’IA dans le secteur public: trois employeurs sur quatre ont déjà mis en place une stratégie et une politique de formation en matière d’IA.

Plus de la moitié des employeurs du secteur public (54,3%) ont proposé une formation à l’utilisation de l’IA à une partie ou à l’ensemble de leurs collaborateurs au cours des douze derniers mois. Dans le secteur privé, une entreprise sur trois (32,3%) a dispensé des formations en IA à ses travailleurs au cours de l’année écoulée. Le nombre supérieur de formations en matière d’IA dans le secteur public coïncide avec le recours élevé aux outils d’IA : trois collaborateurs du secteur public sur quatre (75,8%) utilisent un ou plusieurs outils d’IA dans le cadre de leur travail.

Sept employeurs du secteur public sur dix (71,3%) ont par conséquent déjà mis en place une politique en matière d’IA. Tel est le constat d’une enquête menée par l’expert en RH Acerta.

Aujourd’hui, les employeurs ne sont plus légalement tenus d’investir dans la formation de leurs collaborateurs à l’IA, cette obligation ayant été supprimée du règlement européen sur l’IA en début d’année. Néanmoins, face à l’importance croissante des applications d’IA, de plus en plus d’employeurs investissent dans des formations pour leur personnel. Cette tendance est actuellement un peu plus marquée dans le secteur public – dont relèvent notamment les organismes publics, l’enseignement, la police et les pompiers – que dans les entreprises privées. C’est ce qui ressort d’une enquête de l’expert en RH Acerta menée auprès d’employeurs et de travailleurs des secteurs public et privé.

Plus de la moitié ont dispensé une formation en IA au cours de l’année écoulée

Au cours des douze derniers mois, pas moins de 54,3% des employeurs du secteur public ont proposé une formation en IA à une partie ou à l’ensemble de leurs collaborateurs. À titre de comparaison : dans le secteur privé, cette proportion s’élevait à 32,3% au total. Près de 3 collaborateurs du secteur public sur 10 (29%) ont aussi effectivement suivi ​ au moins une formation en IA proposée par leur employeur. Par ailleurs, la soif de connaissances quant à l’utilisation correcte de l’IA reste grande : un peu moins de 7 collaborateurs du secteur public sur 10 (68,9%) déclarent souhaiter suivre davantage de formations sur l’utilisation de l’IA dans le cadre de leur travail.

Maria Ferritto, experte chez Acerta : « Le fait qu’un si grand nombre d’employeurs du secteur public investissent dans la formation en IA est une bonne chose. Il est en effet important que les collaborateurs exploitent pleinement les possibilités offertes par l’IA, par exemple pour gagner en productivité, tout en ayant bien conscience des risques qu’elle comporte. Ainsi, il ne faut jamais prendre pour argent comptant les réponses générées par l’IA. De même, on ne peut partager des données sensibles avec des applications d’IA que si celles-ci ne les diffusent pas publiquement. Le secteur public traite un volume important de données sensibles. D’où l’importance d’investir dans du personnel formé en IA au sein de nos services publics. »

Le secteur public recourt aussi davantage à certains outils d’IA

Non seulement le secteur public propose des formations en intelligence artificielle, mais le recours à l’intelligence artificielle dans le cadre du travail quotidien s’y avère également déjà bien implanté. Dans le secteur public, 75,8% des collaborateurs utilisent des outils d’IA tels que ChatGPT et Copilot dans le cadre de leur travail. 48,2  d’entre eux y ont recours au moins une fois par semaine. À titre de comparaison : dans le secteur privé, cette proportion s’élève à 62%.

Une utilisation correcte exige non seulement une formation adéquate, mais aussi une bonne politique en matière d’IA. Car, encore une fois : une utilisation irréfléchie des outils d’IA n’est pas sans risques. Plus de 7 employeurs sur 10 (71,3%) du secteur public ont élaboré une politique en matière d’IA. Dans le secteur privé, cette proportion s’élève maintenant à un peu plus de la moitié (53,2%).

Qu’en est-il de l’impact sur les effectifs ?

La question se pose également de savoir si le recours croissant à l’IA aura des répercussions sur l’emploi au sein des services publics. La majorité des employeurs du secteur public ne le pense en tout cas pas, du moins pas à court terme. Près de 8 employeurs sur 10 (79,1%) ne s’attendent pas à ce que l’IA ait des effets sur le nombre de membres du personnel dans leur organisation au cours de l’année à venir. Près de 3 sur 10 (28,7%) sont toutefois convaincus que l’intelligence artificielle nécessitera d’autres compétences chez les collaborateurs.

Maria Ferritto : « L’IA exige de nouvelles compétences, ne serait-ce que pour rédiger de bons prompts. Grâce à notre chaire à la KU Leuven, nous étudions les effets de l’IA au niveau des tâches et des processus au sein d’une fonction. Cela nous permet de déterminer le niveau de compétences en matière d’IA requis pour la fonction, tout en fournissant des informations pour repenser les fonctions. Sur cette base, nous pouvons composer une offre de formations répondant réellement aux besoins des collaborateurs du secteur public. »

 

Source: les données proviennent de l’enquête miroir annuelle menée par Acerta avec le soutien de Bart Meuleman, sociologue et méthodologue d’enquête rattaché à la KU Leuven. L’enquête a été réalisée par le bureau d’études Indiville sur un échantillon de plus de 600 employeurs belges et de plus de 2000 travailleurs. Dans le secteur public, 129 employeurs et 449 travailleurs ont été interrogés ; dans le secteur privé, ce sont 449 employeurs et 1204 travailleurs qui ont été interrogés.

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