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Eradiquer le travail des enfants d’ici 2025: la convention ratifiée par l’OIT est la première norme validée par tous les Etats membres.

Pour la première dans l’histoire de l’OIT, une norme internationale du travail est ratifiée par tous les Etats Membres. La Convention (no 182) de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants, 1999 obtient la ratification universelle avec le dépôt des instruments de ratification par le Royaume des Tonga le 4 août 2020. Il s’agit de la convention la plus rapidement ratifiée dans l’histoire de l’Organisation, depuis son adoption par la Conférence internationale du Travail il y a 21 ans.

«La ratification universelle de la convention no 182 est une première historique qui signifie que tous les enfants jouissent désormais d’une protection juridique contre les pires formes de travail des enfants», a déclaré Guy Ryder, Directeur général de l’OIT. «Elle reflète un engagement mondial selon lequel les pires formes de travail des enfants, telles que l’esclavage, l’exploitation sexuelle, l’utilisation des enfants dans les conflits armés ou d’autres travaux dangereux ou illicites qui compromettent la santé, la moralité et le bien-être psychologique des enfants, n’ont pas leur place dans notre société.»

La Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), Sharan Burrow, a salué la ratification. «La ratification universelle de la convention n° 182 est un rappel puissant et opportun de l’importance des normes de l’OIT et de la nécessité d’apporter des solutions multilatérales aux problèmes mondiaux. Le travail des enfants est une grave violation des droits fondamentaux et il incombe aux mandants de l’OIT et à la communauté internationale de veiller à ce que cette convention soit pleinement appliquée, notamment en faisant preuve de diligence raisonnable dans les chaînes d’approvisionnement mondiales», précise-t-elle.

«La ratification universelle de la convention n° 182 sur les pires formes de travail des enfants est un moment historique», a déclaré Roberto Suárez Santos, Secrétaire général de l’Organisation internationale des employeurs (OIE). «Au fil des années, l’OIE et ses organisations membres ont soutenu la mise en œuvre de cette convention. Aujourd’hui, le monde des affaires est à la fois conscient de la nécessité de faire des affaires dans le respect des droits de l’enfant et agit en conséquence. C’est encore plus urgent en cette période de pandémie de COVID-19. Nous ne pouvons pas laisser la lutte contre les pires formes de travail des enfants reculer. Ensemble, nous pouvons œuvrer à l’élimination du travail des enfants sous toutes ses formes.»

Cette ratification universelle est une nouvelle étape vers la concrétisation des aspirations de Kailash Satyarti, lauréat du prix Nobel de la paix, quand il disait: «Je rêve d’un monde où les enfants sont en sécurité et où l’enfance est sure; … je rêve d’un monde où chaque enfant jouit de la liberté d’être un enfant.»

L’OIT estime à 152 millions le nombre d’enfants qui travaillent, dont 73 millions dans des travaux dangereux. Soixante-dix pour cent de l’ensemble du travail des enfants concernent l’agriculture et sont essentiellement liés à la pauvreté et aux difficultés de leurs parents à trouver un travail décent.

La convention n° 182 demande la prohibition et l’élimination des pires formes de travail des enfants, y compris l’esclavage, le travail forcé et la traite des êtres humains. Elle interdit l’utilisation des enfants dans les conflits armés, la prostitution, la pornographie et les activités illicites telles que le trafic de drogue, et les travaux dangereux.

Elle est l’une des huit conventions fondamentales de l’OIT. Celles-ci couvrent l’abolition du travail des enfants, l’élimination du travail forcé, l’abolition de la discrimination liée au travail, et les droits à la liberté syndicale et à la négociation collective. Ces principes sont aussi couverts par la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail.

Depuis la création de l’OIT en 1919, le travail des enfants est une préoccupation centrale. Le premier Directeur de l’organisation, Albert Thomas, décrivait le travail des enfants comme «l’exploitation de l’enfance qui constitue le mal… le plus insupportable pour le cœur de l’homme. Tout travail sérieux sur la législation sociale commence toujours par la protection des enfants.»

Le travail des enfants et au centre de l’un des plus grands programmes de coopération au développement de l’OIT – le Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC+) qui soutient plus d’une centaine de pays sur tous les continents.

L’incidence du travail des enfants et de ses pires formes a reculé de près de 40 pour cent entre 2000 et 2016 à mesure que les taux de ratification de la convention n° 182 et de la convention n° 138 (sur l’âge minimum) augmentaient et que les pays adoptaient des lois et des politiques efficaces.

Cependant, les progrès ont marqué le pas ces dernières années, en particulier dans la tranche d’âge la plus jeune (5 à 11 ans) et dans certaines zones géographiques. Avec la pandémie de COVID-19, le risqué est réel que ces années de progrès soient annulées, ce qui pourrait conduire à une augmentation du travail des enfants pour la première fois en vingt ans, si des mesures appropriées ne sont pas prises.

«Mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes d’ici à 2025» figure dans l’objectif 8.7 des Objectifs de développement durable, adoptés par tous les Etats Membres des Nations Unies en 2015. La ratification universelle de la convention no 182 démontre la volonté de tous les Etats Membres de l’OIT de veiller à ce chaque enfant, partout, soit à l’abri du travail des enfants et de ses pires formes.

Ce résultat historique intervient quelques mois seulement avant le début de l’Année internationale de l’élimination du travail des enfants en 2021, qui sera dirigée par l’OIT en collaboration avec ses partenaires. Son but est de sensibiliser à cette question et d’accélérer le rythme des progrès.

Source : OIT – Organisation Internationale du Travail

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