Le Bureau fédéral du Plan (BFP) a analysé l’évolution récente du travail étudiant en Belgique ainsi que les effets potentiels de la réforme du travail étudiant lancée par le gouvernement fédéral. Cette analyse met en évidence une croissance soutenue du recours au travail étudiant au cours des dernières années.
Le BFP constate que les principales mesures de la réforme ne concerneraient qu’une part très limitée des étudiants. En outre, l’analyse montre que les emplois étudiants présentent des caractéristiques proches de certains emplois réguliers peu qualifiés.
Réforme du travail étudiant par le gouvernement fédéral
Le ministre de l’Emploi a chargé le BFP de réaliser une étude sur la réforme du travail étudiant engagée par le gouvernement De Wever. Cette réforme vise à offrir davantage de flexibilité et de capacité de revenus aux étudiants, ainsi qu’à soutenir les employeurs dans leur recherche de personnel dans un contexte de tensions sur le marché du travail.
La réforme du travail étudiant comprend entre autres :
- une augmentation du nombre maximal d’heures de travail par étudiant de 600 à 650 heures par an ;
- une baisse des impôts sur les revenus du travail étudiant ;
- un élargissement à tous les étudiants de 15 ans.
Une forte croissance du travail étudiant
Cette réforme intervient dans un contexte de forte croissance du recours au travail étudiant au cours des huit dernières années (+58%), un rythme nettement supérieur à celui de l’emploi régulier (+7%). À l’inverse, l’emploi intérimaire a reculé (-20%).
Cette hausse structurelle du travail étudiant, amorcée avant la pandémie, s’observe tant en termes de nombre de travailleurs que d’heures. Dans certains secteurs comme l’horeca, l’expansion est particulièrement marquée.
Dans ce contexte, il est important d’évaluer les conséquences d’un élargissement. Pour ce faire, l’analyse du BFP s’est appuyée à la fois sur la littérature scientifique existante et sur des données des administrations publiques rapidement mobilisables.
Les études scientifiques montrent qu’un nombre d’heures élevé affecte les performances scolaires
Une revue des études scientifiques montre, d’une part, qu’au-delà d’un seuil, le travail étudiant peut avoir des effets négatifs sur les résultats scolaires et la durée des études, et, d’autre part, que des effets positifs, mais limités, sont observés sur l’insertion sur le marché du travail après les études.
L’impact potentiel de la réforme apparaît limité
En outre, l’analyse du BFP suggère que l’augmentation à 650 heures ne concerneraient que 5% des travailleurs étudiants. La grande majorité d’entre eux travaille déjà en deçà des seuils actuels, ce qui limite mécaniquement l’impact direct de ces mesures sur le nombre d’heures total de travail étudiant.
La baisse de la fiscalité ne devrait, quant à elle, pas avoir d’effet.
L’élargissement à tous les étudiants de 15 ans ne concernerait qu’environ 1% des travailleurs étudiants.
Les emplois étudiants présentent des caractéristiques similaires à certains emplois réguliers peu qualifiés
Enfin, l’analyse du BFP compare les emplois étudiants et réguliers. Les résultats montrent surtout des similarités entre les emplois étudiants et les emplois réguliers peu qualifiés, malgré certaines différences notables. Ceci suggère l’existence potentielle d’une substitution entre les deux. Ce constat devrait toutefois être confirmé à l’appui d’analyses complémentaires, sur base de données plus exhaustives.
Source: Bureau Fédéral du Plan

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