Les jeunes travailleurs, premières victimes du ralentissement économique et de l’incertitude.

Le ralentissement général du marché du travail belge est un constat difficilement contestable. De nouveaux chiffres révèlent désormais qui fait les frais de cette incertitude économique : les jeunes travailleurs. Leur position sur le marché du travail belge est sous pression. Ils se voient attribuer nettement moins souvent un contrat à durée indéterminée et sont plus souvent licenciés par rapport aux années précédentes. La part des jeunes de moins de 30 ans dans les nouvelles embauches bénéficiant d’un ​ contrat à durée indéterminée a diminué de 21% l’année dernière, les employeurs privilégiant clairement des profils plus expérimentés.

La semaine dernière, l’analyse de Securex a révélé qu’en période d’incertitude économique, les travailleurs jouent la carte de la sécurité et sont moins enclins à démissionner. Aujourd’hui, une analyse plus approfondie des chiffres d’embauche et de départ par le prestataire de services RH montre que les employeurs optent également pour la sécurité, au détriment des jeunes talents.

Les employeurs privilégient la sécurité : l’expérience prime sur le potentiel

La réticence à proposer un contrat à durée indéterminée aux jeunes est frappante. La part des travailleurs de moins de 30 ans parmi tous les nouveaux contrats à durée indéterminée a chuté de 40,3% en 2024 à 31,8% en 2025, soit une baisse relative de 21,3%. Cet espace libéré est occupé par des profils plus expérimentés. La part des 30-50 ans dans les nouvelles embauches à durée indéterminée est passée de 46,3% à 51,6% au cours de la même période. Dans le contexte actuel, les employeurs semblent clairement privilégier les profils expérimentés et immédiatement opérationnels.

Frank Vander Sijpe, directeur HR Trends & Insights chez Securex, explique : « Ces chiffres sont une conséquence directe de la « guerre de la certitude » que nous avons décrite précédemment. En période d’incertitude, les employeurs recrutent moins et, lorsqu’ils le font, ils privilégient souvent les candidats ayant une expérience avérée. Un travailleur expérimenté est considéré comme un investissement plus sûr et immédiatement exploitable qu’un jeune employé qui a encore besoin de formation et d’accompagnement. Il s’agit d’un réflexe à court terme qui complique considérablement l’accès au marché du travail pour les débutants et les jeunes talents. »

Non seulement moins d’opportunités, mais aussi plus vulnérables au licenciement

Les jeunes sont non seulement confrontés à une diminution de contrats à durée indéterminée, mais également à une plus grande insécurité d’emploi. Le taux de départs involontaires chez les plus jeunes travailleurs (moins de 25 ans) ayant un contrat à durée indéterminée est passé de 9,1% à 10,9% l’année dernière, soit une augmentation ​ de 19,8%. Il est à noter que ce chiffre est resté stable dans les autres tranches d’âge. Plus que jamais, les jeunes sont les premiers à perdre leur emploi lorsque la conjoncture économique est défavorable.

Cette tendance est également visible lorsque l’on examine le type de contrat proposé aux jeunes lors de leur recrutement. En 2025, les jeunes ont eu moins souvent la possibilité de commencer avec un contrat à durée indéterminée, et ont donc plus souvent signé un contrat à durée déterminée. Pour le groupe de travailleurs de moins de 35 ans, la proportion de contrats à durée indéterminée par rapport aux contrats à durée déterminée lors d’un nouvel emploi est passée de de 44,5% à 41% (soit une baisse relative de 7,8%). Chez les plus de 35 ans, Securex observe le phénomène inverse : la proportion de contrats à durée indéterminée lors de l’embauche est passée de 45% à 47%. ​ ​

Nathalie Mertens, Managing Partner Consulting chez Securex, ajoute : « Nous comprenons la réticence des employeurs dans ce contexte économique. Mais fermer complètement la porte aux jeunes talents constitue une erreur stratégique. Il existe une solution intermédiaire intelligente : investir dans des programmes de formation de haute qualité, des stages professionnels ou des contrats de projet. Vous construisez ainsi un « incubateur de talents » et apprenez à connaître les talents de demain. Lorsque la « guerre des talents » reprendra de plus belle, votre entreprise aura une longueur d’avance cruciale, car vous aurez déjà constitué et validé votre vivier de talents. »

 

Source: l’échantillon utilisé pour cette étude comprend 42.724 travailleurs belges employés par 8.562 employeurs du secteur privé et est basé sur les données du portefeuille clients de Securex, qui compte plus de 200.000 travailleurs. Les données ont été retravaillées afin d’être représentatives du marché belge en termes de sexe, de statut, d’âge, de taille de l’entreprise, de régime de travail et de région dans laquelle le travailleur est employé.

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