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Projections économiques de la Banque Nationale: le redressement sera pénible avec un déficit budgétaire en 2022 deux fois plus élevé que les prévisions.

L’activité économique en Belgique accuse cette année un repli de 9 %, sous l’effet des mesures de confinement imposées afin d’enrayer la propagation de la pandémie de COVID-19. À la faveur de la levée progressive des mesures de confinement, l’économie devrait peu à peu se renforcer. Toutefois, dans l’ensemble, le PIB afficherait encore à la fin de 2022 un niveau inférieur de l’ordre de 4 % à celui qui était anticipé avant la crise, si bien que l’économie belge continuerait de porter les dommages permanents de la crise sanitaire.

Le redressement de la consommation des ménages serait par ailleurs dans un premier temps soutenu par un phénomène de demande refoulée, mais serait également favorisé de façon plus structurelle par l’orientation encore haussière du pouvoir d’achat pendant la période de projection. Le rétablissement des investissements des entreprises demanderait, en revanche, un peu plus de temps et les exportations nettes continueraient de peser sur la croissance sur l’ensemble de la période de projection. En base annuelle, le PIB en volume s’accroîtrait de 6,4 % en 2021 et de 2,3 % en 2022.
Les finances publiques seraient aussi sévèrement touchées : le déficit budgétaire s’élargirait, pour dépasser les 10 % du PIB en 2020. Plus important encore, il demeurerait aussi structurellement élevé par la suite, affichant un niveau plus de deux fois supérieur à celui qui aurait été atteint sans la crise.

En Belgique, des pans importants de l’économie ont été mis à l’arrêt au cours du mois de mars, tandis que des mesures de confinement ont été imposées à la population. Dans le même temps, des mesures ont été adoptées afin de limiter autant que possible la perte de revenus de nombreux acteurs économiques pendant la phase aigüe de la crise. La levée progressive et échelonnée des mesures de confinement n’a été décidée que récemment et, à ce jour, il n’est toujours pas question d’un retour complet à la normale. D’après les enquêtes, la production du secteur privé au cours des différentes semaines de mi-mars à mi-mai aurait diminué de pas moins d’un tiers.

Dans ce contexte, l’activité économique se replierait cette année de 9 %, accusant une chute sans précédent au premier semestre, suivie selon toute attente d’un redressement seulement graduel et partiel. Par conséquent, près de 50 milliards d’euros de revenus seraient éliminés cette année. En base annuelle, le PIB en volume augmenterait de 6,4 % en 2021 et de 2,3 % en 2022. La vigueur du redressement est toutefois très incertaine et les chiffres présentés ici peuvent donc être soumis à de nouveaux risques baissiers, si les demandes intérieure et extérieure venaient à se redresser plus lentement qu’escompté durant les trimestres à venir ou si la situation sanitaire nécessitait de nouvelles mesures de confinement. Dans un tel scénario, le repli économique en 2020 pourrait même atteindre 13 % et la reprise subséquente serait encore plus laborieuse.

À partir de la mi-mars, la consommation des ménages a bien entendu été largement perturbée par les mesures de restriction, qui ont imposé la fermeture pour une longue période des magasins physiques non alimentaires mais également des établissements de l’horeca, par exemple. La limitation des possibilités de consommation dans cet intervalle de temps a par ailleurs entraîné un accroissement temporaire (forcé) des réserves d’épargne.

Les projections actuelles tablent néanmoins sur un redressement graduel de la consommation des ménages : dans un premier temps, certains achats, par exemple de biens durables, ayant dû être reportés seraient effectués dès que possible. Outre cette demande refoulée, la consommation serait également soutenue de façon plus structurelle par l’évolution du pouvoir d’achat. Bien que les ménages subissent en moyenne des pertes de revenu par rapport à l’évolution anticipée avant la crise, le pouvoir d’achat par habitant resterait stable cette année par rapport à 2019, grâce notamment au fonctionnement des stabilisateurs automatiques, tels que le régime de chômage temporaire, qui a du reste été élargi. Au cours des deux prochaines années, le pouvoir d’achat par habitant repartirait toutefois à la hausse, d’un peu plus de 1 % par an en moyenne.

Cette année, la perte de revenus est plus importante pour les entreprises, ce qui les incite, ne serait-ce qu’en raison de l’incertitude qui plane encore sur le raffermissement de la demande, à reporter leurs projets d’investissement, voire à les abandonner. La reprise se révélerait dès lors nettement plus compliquée sur le front des investissements des entreprises que sur celui de la consommation des ménages. En outre, la contribution des exportations nettes à la croissance demeurerait négative, les exportations se repliant légèrement plus que les importations en 2020 et se relevant un rien plus lentement par la suite.

À court terme, les conséquences du recul de l’activité économique sur le marché du travail seraient en grande partie compensées par les mesures prises, au rang desquelles figure donc l’élargissement du régime de chômage temporaire, mais également le soutien financier aux indépendants. Il n’en demeure pas moins que de nombreux emplois seraient supprimés, en particulier à partir du deuxième trimestre de cette année. Étant donné que la population active continuerait de s’accroître, une augmentation considérable du nombre de chômeurs (non compris ceux en chômage temporaire), se montant à 100 000 unités sur l’horizon de projection, est attendue. L’effet principal se concentrerait durant les trois derniers trimestres de 2020, avec près de 190 000 personnes sans emploi supplémentaires. Le taux de chômage harmonisé, qui affichait encore un niveau historiquement bas l’an dernier, grimperait par conséquent à plus de 8 % l’année prochaine, avant s’amenuiser quelque peu.

L’inflation sous-jacente progresserait très modérément, passant de 1,6 % cette année à 1,7 % en 2022. La hausse des coûts salariaux, mais aussi les frais supplémentaires engagés afin de garantir un redémarrage de l’activité en toute sécurité généreraient une pression inflationniste. Le renchérissement demeurerait certes limité, les coûts ne se répercutant généralement sur les prix qu’avec un certain décalage et de façon incomplète et la diminution de la demande exerçant une influence baissière persistante. L’inflation totale se renforcerait davantage, de 0,3 % en 2020 à 1,8 % en 2022, mais cette évolution tiendrait essentiellement au niveau inhabituellement bas enregistré cette année, qui est attribuable à la chute considérable des cours du pétrole.

Le déficit budgétaire se creuserait sensiblement cette année, s’établissant à 10,6 % du PIB, en raison de la baisse du PIB, qui tirerait automatiquement les dépenses vers le haut et les recettes vers le bas, mais aussi des mesures de soutien à l’économie. Celles-ci sont principalement de nature temporaire ; par conséquent, le déficit se réduirait au cours des prochaines années, mais il se maintiendrait malgré tout aux alentours de 6 % du PIB, soit plus du double du niveau qui aurait été atteint sans la crise. Cette évolution s’expliquerait essentiellement par la perte de production permanente mentionnée précédemment. La dette publique rapportée au PIB s’alourdirait pour atteindre environ 120 %, s’engageant à la fin de la période de projection sur une trajectoire haussière explosive, avec un déficit budgétaire élevé et compte tenu d’une croissance du PIB moyenne, et ce malgré la faiblesse historique des taux d’intérêt.

Source: BNB

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