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Quatrième révolution industrielle : définir rapidement un nouvel équilibre entre offre et demande de compétences.

Le Forum de Davos permet aux Etats et à nombre de grands groupes internationaux de partager leur diagnostic, leurs craintes et leurs espoirs quant au futur de notre économie. La publication du nouveau rapport de ManpowerGroup rejoint plusieurs constats (paradoxaux) que nous avons partagés récemment: la quatrième révolution industrielle réinvente le marché du travail qui peine vraiment à définir un nouvel équilibre. Résumé.

« A l’heure de la quatrième révolution industrielle, le travail ne cesse de se réinventer ! Mais, paradoxalement, les inégalités de compétences continuent de s’accroître et jettent une ombre d’incertitudes sur l’avenir de nombreux métiers… Selon une étude réalisée par Infosys (*) dans 9 pays en novembre 2015, sur un panel de 1000 jeunes actifs âgés de 16 ans à 25 ans, 4 sur 10 imaginent que leur emploi risque d’être remplacé par un robot d’ici 10 ans. Pour eux, la quatrième révolution industrielle n’est pas seulement l’ère de l’intelligence artificielle, du big data et de l’imprimante 3D, c’est aussi celle de l’incertitude. »

ManpowerGroup souligne le dérèglement du marché du travail par des phénomènes à la fois structurels et cycliques. Les mutations démographiques, la globalisation toujours plus rapide, les révolutions technologiques ou les importantes incertitudes qui planent sur l’économie internationale… Avec pour résultat, le paradoxe d’un chômage élevé qui coexiste avec un nombre très importants d’emplois non pourvus, une productivité qui augmente mais des salaires qui stagnent et une reprise économique avec un ascenseur social visiblement en panne pour la plupart des travailleurs. L’offre et la demande de compétences semblent irréconciliables.

Dans un rapport publié ce 20 janvier et intitulé Human Age 2.0 : Future Forces at Work [en anglais], le groupe appelle à « changer notre manière de concevoir le marché du travail pour profiter des opportunités offertes par les disruptions technologiques et mettre fin à la polarisation constante du marché entre ceux qui ont accès au marché du travail, et ceux qui en sont exclus. Alors que la quatrième révolution industrielle démarre, il ne faut pas laisser le marché de l’emploi se diviser entre les salariés qui disposent des compétences et ceux qui risquent d’être mis à l’écart en raison de l’automatisation et de l’obsolescence de leurs compétences. »

Jonas Prising, Président et CEO de ManpowerGroup, l’explique : « Le temps est venu d’oser une logique de rupture et de penser différemment le marché du travail. Le Human Age 2.0, dont nous parlons, n’est pas une bataille entre l’humain et l’automatisation des emplois. Au contraire, de nouveaux emplois font leur apparition, et beaucoup d’individus auront bientôt la possibilité de choisir des carrières plus épanouissantes… à condition d’avoir accès aux formations adéquates. Aujourd’hui, nous voyons émerger deux catégories de travailleurs : d’un côté, ceux qui ont la chance d’avoir les compétences très demandées et rares sur le marché, pourront bientôt être plus productifs grâce à tous les nouveaux outils à leur disposition – je pense notamment au secteur de l’IT ou de l’ingénierie – et espérer voir leur rémunération augmenter. De l’autre, des travailleurs moins formés et dont les compétences sont susceptibles de devenir obsolètes, risquent de voir leur rémunération stagner et décliner tandis que leur travail se retrouvera de plus en plus simplifié et, peut-être même, automatisé. Au final, l’avenir est synonyme d’opportunités et de croissance, à condition d’investir dans la formation permanente et dans le développement des compétences du capital humain.”

Le discours de Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial, fait écho à celui de Jonas Prising, quand il dit que, « dans le futur, le talent sera, plus que le capital, le facteur décisif de la productivité. Cela donnera lieu à un marché du travail de plus en plus binaire avec, d’un côté, les travailleurs peu qualifiés et à la main d’œuvre peu coûteuse, et de l’autre, ceux qui disposeront des compétences requises et qui bénéficieront d’une rémunération élevée, contribuant de fait à accroître les tensions sur le plan social « .

Cette nouvelle ère du travail – le Human Age 2.0 – exige qu’on lui fixe de nouvelles règles, car les entreprises auront besoin, plus que jamais, d’agilité et de talents !

(*) Etude Infosys : www.experienceinfosys.com/humanpotential

Pour télécharger le rapport : Human Age 2.0 : Futures Forces at Work

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