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En 2020, les travailleurs belges du secteur privé ont en moyenne travaillé 11 jours de moins qu’en 2019.

En 2020, le nombre d’heures d’absence du travailleur belge moyen dans le secteur privé est 40 % plus élevé qu’en 2019. Cette augmentation représente 11 jours supplémentaires, selon le baromètre du secrétariat social Acerta. L’incidence du coronavirus est on ne peut plus claire au vu des deux pics évidents observés dans les chiffres des absences. Ce ne sont pas tant les absences pour cause de maladie ou les crédits-temps supplémentaires tels que le congé parental corona qui expliquent cette croissance des absences, mais bien le chômage temporaire.

En 2020, les travailleurs belges du secteur privé ont en moyenne travaillé 11 jours de moins qu’en 2019, soit près d’un jour (0,9 jour) de moins par mois par travailleur. Deux pics ressortent néanmoins clairement dans les chiffres des absences: le premier et le second confinement. La majorité des jours d’absence supplémentaires sont dus au chômage temporaire. En effet, les chiffres annuels des autres formes d’absentéisme en 2020 (maladie de courte durée, interruption de carrière et vacances légales) sont presque identiques à ceux de 2019.

Amandine Boseret, conseillère juridique chez Acerta, explique : « Le Belge actif n’a pas été plus longtemps malade que lors des années “normales”. Il n’a pas pris plus de vacances que d’habitude et, dans l’ensemble, n’a pas plus opté pour une interruption de carrière que d’habitude, et ce, même si le congé parental corona a fait son apparition, par exemple. Le coronavirus a néanmoins eu une incidence notable sur l’absentéisme de courte durée pour cause de maladie, avec un pic observé en mars et avril, et sur le moment où les vacances ont été prises, avec un pic à la fin de l’année. Mais sur l’ensemble de l’année, ces mouvements ont pratiquement été gommés. La principale raison qui explique cette augmentation significative de l’absentéisme au travail est donc le chômage temporaire. »

Les ouvriers, plus absents que les employés

Les ouvriers enregistrent un taux d’absentéisme au travail sensiblement supérieur à celui des employés. En effet, si l’employé compte 10 jours d’absence supplémentaires sur l’ensemble de l’année par rapport à 2019, l’ouvrier en compte en moyenne 12,5. Cette différence s’explique par le fait que le télétravail est bien plus difficilement organisable pour les ouvriers que pour les employés, qui ont généralement pu poursuivre leurs activités depuis leur domicile. Sans le passage rapide au télétravail, les entreprises auraient subi des pertes de productivité bien plus conséquentes, souligne Acerta.

Parmi les trois régions, c’est la Région de Bruxelles-Capitale qui a dû faire face au plus grand nombre d’absences supplémentaires. En moyenne, les travailleurs y ont été absents 21 jours de plus qu’en 2019. De nombreux emplois y sont en effet liés à l’horeca, à la culture, aux professions libérales et à d’autres secteurs sévèrement touchés par la crise du coronavirus.

Si l’on s’intéresse cette fois à la taille des entreprises, ce sont principalement les petites entreprises qui ont davantage vu leurs collaborateurs s’absenter que les grandes : 23,5 jours supplémentaires dans les entreprises de moins de 5 travailleurs et 21 jours dans les entreprises comptant 5 à 10 travailleurs. De fait, les PME ont moins de solutions de secours pour confier d’autres tâches à leur personnel quand le travail fait défaut. Par ailleurs, leur manque de réserves financières ne leur permet pas non plus de consacrer le temps libéré à de la formation supplémentaire.

Amandine Boseret précise : « Le système de chômage temporaire a aussi bien aidé les grandes que les petites entreprises issues de tous les secteurs de notre pays. Dans ses Perspectives économiques du 1er décembre 2020, l’OCDE a tablé sur une contraction de l’économie belge de 7,5 %. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que l’absentéisme croissant (+40 %) sous forme de chômage temporaire de nos travailleurs belges a donc permis de préserver un nombre considérable d’emplois. Le chômage temporaire a créé une marge de manœuvre financière pour les entreprises : si la quantité de travail a diminué, les frais salariaux en ont fait de même. Bien entendu, ce sont les secteurs qui ont été contraints de fermer – l’horeca, le secteur de l’événementiel, les métiers de contact non médicaux, etc. – qui montrent la plus forte augmentation des absences avec un nombre de jours supplémentaires variant entre 55 et 75 jours. Ce sont ces secteurs qui représentent 19 % de cette hausse de l’absentéisme. »

Opportunités manquées sur le marché du travail

Le système de chômage temporaire qui permet à de nombreuses entreprises de tenir est certes une bonne chose, mais il les empêche également de rechercher d’autres solutions, qui pourraient rendre notre marché de l’emploi bien plus flexible.

« Nous aurions pu faire plus que de renvoyer les gens chez eux en chômage temporaire. Nous mesurons à présent la vitesse et la force avec lesquelles une crise peut frapper, parfois même sans crier gare. Certains doivent se démener pour faire tout le travail tandis que d’autres sont contraints de rester chez eux au chômage. Une telle situation ne devrait pas exister, d’autant plus que ce sont parfois de simples problèmes administratifs qui empêchent certains travailleurs d’apporter leur aide en toute flexibilité à d’autres employeurs. Un marché de l’emploi plus mobile pourrait nous permettre d’améliorer notre résistance en temps de crise. Les initiatives locales et temporaires pour aider les secteurs des soins de santé, de l’agriculture et d’autres existent déjà. Nous devrions pouvoir les déployer de façon permanente et à grande échelle sur l’ensemble des secteurs. »

 

Source : Acerta – les données recueillies sont basées sur les données réelles d’un échantillon représentatif de 260 000 travailleurs en service auprès de plus de 30 000 employeurs issus du secteur privé, auquel appartiennent tant des PME que de grandes entreprises. Les types d’absences suivants ont figuré parmi les données recueillies : le chômage économique et temporaire, tous les types d’interruptions de carrière, dont le congé parental, ainsi que les congés légaux et les absences de moins d’un mois pour cause de maladie.

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