Sept mois avant l’obligation d’enregistrement du temps de travail, à peine un employé belge sur deux voit ses heures prestées enregistrées.

À peine un employé belge sur deux (54%) enregistre aujourd’hui son temps de travail. Pourtant, à partir du 1er janvier 2027, les employeurs belges devront mettre en place un système objectif et fiable permettant aux travailleurs d’enregistrer leurs heures prestées, même si les modalités concrètes doivent encore être inscrites dans la législation. Postulat à l’origine de la réglementation : l’enregistrement du temps de travail permet de mieux visualiser la charge de travail et aide à préserver l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Dans l’ensemble, ces nouvelles règles sont accueillies favorablement. Seuls 23% des employés y sont opposés, tandis que la proportion tombe à 17% chez les employeurs. Près de la moitié des travailleurs (48%) en attendent une meilleure prise en compte des heures supplémentaires. Plus de quatre employés sur dix (43%) estiment aussi que cette mesure pourrait les aider à mieux séparer vie professionnelle et vie privée. Du côté des entreprises, près de sept sur dix (69%) considèrent que l’enregistrement du temps de travail permet de mieux identifier la charge de travail et d’améliorer l’organisation interne.

“Aujourd’hui, de nombreuses entreprises ne disposent pas encore d’une vision complète et objective de la manière dont le travail s’organise ni de la charge réelle qui pèse sur les équipes,” explique Florent Bovicelli, porte-parole de Protime. “L’enregistrement du temps de travail rend ces éléments visibles et facilite le dialogue. Il aide les entreprises à mieux comprendre la charge de travail et à organiser plus efficacement les tâches, tout en donnant aux collaborateurs davantage de visibilité sur la manière dont leur temps est utilisé. Les équipes peuvent ainsi être accompagnées de façon plus équilibrée dans leur fonctionnement quotidien. ”

Une meilleure visibilité sur la charge de travail et son organisation

L’étude montre que les entreprises considèrent de plus en plus l’enregistrement du temps de travail comme un outil permettant de mieux comprendre la répartition des tâches et la pression exercée sur les équipes. Ainsi, près de sept sur dix (69%) d’entre elles déclarent qu’il apporte une meilleure visibilité sur la charge de travail des collaborateurs. Elles sont également 63% à estimer qu’il améliore la planification et l’affectation des ressources humaines, tandis que 54% y voient un moyen de répartir le travail de manière plus équitable.

“Aujourd’hui encore, de nombreuses entreprises manquent de visibilité sur la charge de travail. L’enregistrement du temps de travail permet de mieux objectiver ces données et d’organiser le travail sur une base plus factuelle,” ajoute Florent Bovicelli.

68% des organisations utilisant déjà un système d’enregistrement tiennent effectivement compte de cette charge de travail dans leur fonctionnement quotidien. Cela leur permet d’intervenir plus facilement et d’ajuster la planification aussi bien en cas de surcharge (70%) qu’en cas de sous-charge (63%).

Plus de visibilité sur le temps de travail et un meilleur enregistrement des heures supplémentaires

Les employés voient avant tout des bénéfices concrets et mesurables, notamment concernant l’enregistrement des heures supplémentaires (48%) et une meilleure visibilité sur leur temps de travail (47%).

Quel impact les travailleurs attendent-ils de l’enregistrement obligatoire du temps de travail?

  1. Enregistrement des heures supplémentaires – 48% anticipent une amélioration, 38% pas d’impact, 14% une détérioration
  2. Visibilité sur le temps de travail et la disponibilité – 47% amélioration, 38% pas d’impact, 15% détérioration
  3. Protection contre les journées de travail trop longues – 43% amélioration, 45% pas d’impact, 12% détérioration
  4. Égalité entre collègues – 39% amélioration, 42% pas d’impact, 19% détérioration
  5. Equilibre vie professionnelle / vie privée – 31% amélioration, 50% pas d’impact, 20% détérioration
  6. Suivi par les supérieurs hiérarchiques (micro-management) – 28% amélioration, 42% pas d’impact, 30% détérioration
  7. Autonomie et flexibilité – 25% amélioration, 46% pas d’impact, 29% détérioration
  8. Charge administrative – 20% amélioration, 50% pas d’impact, 30% détérioration
  9. Vie privée – 21% amélioration, 51% pas d’impact, 28% détérioration

Ce sont les jeunes travailleurs (moins de 35 ans) qui s’attendent le plus souvent à ce que l’enregistrement du temps de travail permette un meilleur suivi des heures supplémentaires. Ils sont ainsi 53% à le penser, contre 45% parmi les 35-54 ans et 46% chez les plus de 55 ans.

Plus de quatre employés sur dix (43%) estiment également que l’enregistrement du temps de travail pourrait aider à mieux séparer vie privée et vie professionnelle. Là encore, les moins de 35 ans sont les plus convaincus: 51% partagent cette perception, contre 38% des 35-54 ans et 29% des plus de 55 ans.

“Les jeunes travailleurs attachent davantage d’importance à la flexibilité et souhaitent définir plus clairement leurs limites,” souligne Florent Bovicelli. “Les outils numériques d’enregistrement du temps permettent aux entreprises de soutenir cette flexibilité. Non seulement les absences, mais aussi les présences sont enregistrées, ce qui offre davantage de transparence sur la gestion des ressources humaines. Cela permet de garder un meilleur contact avec les collaborateurs et de veiller à leur bien-être. De leur côté, les travailleurs disposent aussi d’une meilleure visibilité sur leur temps de travail, ce qui peut les aider à mieux préserver leur équilibre personnel.”

Des craintes liées à la charge administrative, mais aussi des gains d’efficacité possibles

À l’inverse, trois employés sur dix (30%) craignent que cette obligation entraîne une hausse de la charge administrative. Cette préoccupation existe aussi chez les employeurs: 30% redoutent davantage de travail administratif pour eux-mêmes et pour les équipes RH, tandis que 27% anticipent une augmentation des charges administratives pour les collaborateurs. ​

“Pourtant, cela peut justement contribuer à mieux visualiser les habitudes de travail et à réduire la charge administrative ​ des équipes RH ainsi que les risques d’erreurs dans la gestion salariale,” nuance Florent Bovicelli. “De nombreux processus peuvent être automatisés: journées fixes de télétravail ou horaires standards peuvent être configurés à l’avance. Les collaborateurs ne doivent alors intervenir qu’en cas de changement. D’un simple clic sur leur ordinateur, les données peuvent ensuite être intégrées directement dans les outils de gestion salariale.”

De la pointeuse à l’application mobile

Au bureau ou sur le lieu de travail, la pointeuse physique installée à l’entrée reste la méthode la plus utilisée (47%). Viennent ensuite les systèmes d’enregistrement sur ordinateur (31%) et les applications mobiles (12%).

Les systèmes d’enregistrement les plus répandus en entreprise

  • Une pointeuse installée à l’entrée du lieu de travail (46,6%)
  • Un système d’enregistrement sur ordinateur (30,6%)
  • Une application mobile (11,7%)
  • Un fichier Excel (8,8%)
  • Une feuille de papier (6,8%)
  • Une solution biométrique (scanner de l’iris, reconnaissance d’empreinte digitale) (4,8%)

 

Source & Méthodologie: les résultats reposent sur deux enquêtes en ligne conduites par le bureau iVOX pour le compte de Protime. Entre le 28 janvier et le 9 février 2026, 2.000 employés belges ont été interrogés. L’enquête est représentative en termes de sexe et d’âge. La marge d’erreur maximale pour 2.000 employés est de 2,19%.
Entre le 6 et le 19 mars 2026, 400 employeurs, responsables RH et collaborateurs impliqués dans la politique RH de leur entreprise ont également été interrogés. L’enquête est représentative en termes de langue/région, de taille d’entreprise et de secteur. La marge d’erreur maximale pour 400 répondants est de 4,85%.

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