Une nouvelle étude de The Adecco Group portant sur 2 .00 dirigeants de 13 pays montre que les organisations accélèrent l’adoption de l’IA, mais qu’elles manquent souvent de clarté, de confiance et de compétences pour l’adopter avec des résultats concrets. En Belgique également, où 100 chefs d’entreprise et managers ont répondu à l’enquête, cette tension est palpable : l’ambition est bel et bien présente, mais près des trois quarts des dirigeants doutent que leur organisation soit prête.
En Belgique, 47% des dirigeants (45% à l’échelle mondiale) s’attendent à ce que les agents IA fassent partie intégrante des activités quotidiennes d’ici douze mois. Dans le même temps, seuls 28% (22% à l’échelle mondiale) sont convaincus que leur organisation développe les compétences d’avenir nécessaires, et seuls 42% affirment que leur stratégie de gestion des talents démontre que l’IA crée des opportunités plutôt que de remplacer les humains (36% à l’échelle mondiale). La volonté d’accélérer se heurte ainsi à un déficit de confiance et de communication avec le personnel sur le terrain.
L’étude « The Human Premium: Leadership Beyond The Algorithm » s’appuie sur une enquête menée auprès de dirigeants de grandes entreprises employant conjointement plus de 8,6 millions de personnes. Le travail sur le terrain s’est déroulé de décembre 2025 à janvier 2026.
« Déployer une technologie est une chose, convaincre des personnes en est une autre »
Robert Van der Eijk, CEO d’Akkodis Benelux, branche IT et Engineering de The Adecco Group : « L’ambition est bien présente au sein des directions belges. Près de la moitié d’entre elles prévoient de lancer des agents IA dans l’année. Néanmoins, déployer une technologie est une chose, convaincre des personnes en est une autre. Quiconque accélère le déploiement sans avoir d’abord instauré la confiance se heurtera tôt ou tard à une résistance. Les entreprises qui réalisent de véritables progrès ne sont pas celles qui disposent du plus grand nombre d’outils, mais celles qui disposent d’un plan clair : elles expliquent en toute transparence comment l’IA transforme le travail et ce que cela signifie pour les membres de leur organisation. »
Les ambitions devancent la mise en œuvre
L’étude met en évidence un décalage entre les attentes des dirigeants et le niveau de préparation de leur organisation. En Belgique, 47% des chefs d’entreprise s’attendent à ce que les agents IA fassent partie intégrante du fonctionnement quotidien d’ici un an, mais à peine 30% de leurs collaborateurs partagent cet avis. Parallèlement, une vaste enquête menée auprès des employés par The Adecco Group révèle que les collaborateurs sont souvent plus ouverts à la collaboration avec l’IA que ne le pensent leurs supérieurs : à l’échelle mondiale, 70% des salariés se sentent prêts à travailler avec des agents IA, contre 39% des dirigeants qui estiment que leurs collaborateurs sont à l’aise avec cette idée. La volonté est présente, mais la communication et la coordination accusent un retard sur le déploiement.
Les agents IA apparaissent dans le rapport comme la principale nouvelle tendance qui influence les entreprises aujourd’hui et continuera de le faire au cours des cinq prochaines années. Cela montre à quelle vitesse ce sujet est passé du stade d’expérimentation à celui de priorité de la direction.
La confiance, les compétences et le leadership sont les chaînons manquants.
L’investissement technologique n’est pas le seul défi à relever. En Belgique, seuls 28% des managers sont convaincus que leur organisation développe les compétences numériques et tournées vers l’avenir, nécessaires pour rester dans la course (22% à l’échelle mondiale). Seuls 42% estiment que la stratégie de gestion des talents de leur organisation montre clairement que l’IA crée des opportunités plutôt que de remplacer les travailleurs (36% à l’échelle mondiale). Et un peu plus de la moitié (53%) affirme que les employés comprennent en quoi leur travail contribue à l’objectif de l’organisation, ce qui signifie que près de la moitié ne le comprennent pas.
Conjointement, ces chiffres indiquent que de nombreuses organisations ne communiquent pas encore de façon suffisamment claire sur la manière dont l’IA transforme les rôles, les carrières et la création de valeur. Pour les directions et les CEO, il en ressort que l’adoption de l’IA est autant un enjeu de leadership, de gouvernance et de gestion des talents qu’un enjeu technologique.
Les organisations parées pour l’avenir montrent la voie à suivre
Le rapport distingue une minorité d’organisations « parées pour l’avenir »: des entreprises centrées sur l’humain et dotées d’une solide expertise technologique, qui tirent une valeur stratégique de l’IA. Bien que leur part mondiale ait diminué de quatre points de pourcentage par rapport à l’année dernière, elles offrent une feuille de route plus claire à l’heure où les entreprises passent de l’engouement pour l’IA à sa mise en œuvre.
Parmi ces organisations parées pour l’avenir, 49% disposent d’une approche mûre pour mesurer la confiance sur le lieu de travail, contre 19% dans les autres entreprises. En outre, elles déclarent beaucoup plus souvent que leur personnel est capable de s’adapter : 76% contre 42% dans les autres organisations. Il s’avère que les entreprises qui mesurent systématiquement la confiance parviennent plus efficacement à faire œuvrer de concert l’humain et la technologie et tirent finalement davantage de valeur de l’IA.
Ce que les dirigeants peuvent faire dès maintenant
Le rapport recommande trois priorités :
- Communiquez une « feuille de route IA » claire qui explique comment la technologie soutient la stratégie et offre des opportunités aux collaborateurs.
- Impliquez les collaborateurs dès le début pour qu’ils comprennent comment les rôles, les compétences et les carrières vont évoluer.
- Utilisez les données RH, une gouvernance transparente et des investissements ciblés dans les compétences pour renforcer la confiance et la capacité d’adaptation
Denis Machuel, CEO de The Adecco Group : « L’IA évolue à la vitesse du logiciel, mais la confiance évolue à la vitesse humaine. Les entreprises qui ignorent cet écart auront du mal à transformer leurs projets pilotes en résultats concrets. Les gagnants sont ceux qui associent la technologie à la transparence, à la responsabilité et à un parcours clair permettant aux individus de s’épanouir. »
Source: Akkodis – The Adecco Group

Catégorie:
Tags: 

