21% des indépendants belges ne sont pas partis en vacances l’année dernière. Pourtant, près de neuf entrepreneurs sur dix (86%) estiment avoir besoin de ces vacances pour se ressourcer ou réellement déconnecter. En moyenne, un indépendant prend 15 jours de vacances et 6 jours de congés supplémentaires par an. C’est moins qu’un salarié. Les principaux freins sont l’incertitude financière et le sentiment de responsabilité vis-à-vis des clients.
Plus d’un entrepreneur sur cinq ne prend pas de vacances
Plus de trois entrepreneurs sur quatre (78%) considèrent qu’il est (très) important de prendre des vacances. Près de neuf sur dix (86%) estiment avoir vraiment besoin de cette période de repos pour se ressourcer ou se déconnecter du travail. Et pourtant, plus d’un indépendant sur cinq (21%) n’est pas parti une seule fois en vacances au cours de l’année écoulée. La majorité (58%) s’est accordé une ou deux périodes de vacances, tandis que 21% sont partis au moins trois fois dans l’année.
“Les indépendants sont souvent pris entre leur besoin de repos et leurs responsabilités envers leurs clients. Pour beaucoup d’entre eux, se déconnecter, même brièvement, représente un risque qu’ils estiment difficile à prendre”, explique Stéphanie Gowenko de Xerius. ”Cela se traduit aussi dans les faits: huit entrepreneurs sur dix travaillent occasionnellement les jours fériés et prennent moins de jours de vacances ou de congés consécutifs.”
Les indépendants prennent moins de congés que les salariés
La pression pour rester disponible est importante. 81% des indépendants travaillent de temps à autre les jours fériés. Deux tiers d’entre eux (67%) se sentent obligés de continuer à travailler tant qu’ils ne sont pas réellement « partis en vacances », et ce même pourcentage (67%) réduit volontairement ses congés pour que l’entreprise continue de tourner. Près de deux indépendants sur trois (65%) prennent aussi moins de congés qu’un salarié à temps plein.
Trois semaines de vacances par an, en moyenne
En moyenne, un indépendant prend 15 jours ouvrables, soit 3 semaines de vacances par an. À cela s’ajoutent des jours de congé pris « à la carte », utiles par exemple pour s’offrir un long week-end. La médiane est de 5 jours: la moitié des indépendants en prennent moins, l’autre moitié davantage. Un quart (25%) en prend 10 ou plus. La moyenne se situe à 6 jours supplémentaires par an.
Avec ces 21 jours de congé, l’indépendant se situe sous le minimum légal dont bénéficie un salarié à temps plein, à savoir 30 jours: quatre semaines de vacances auxquelles s’ajoutent dix jours fériés légaux1. En pratique, le salarié bénéficie souvent de plus de congés payés que ce minimum, grâce aux accords sectoriels et d’entreprise.
Près de deux tiers des indépendants (63%) préfèrent prendre plusieurs congés de courte durée, tandis que 37% privilégient de longues vacances.
L’incertitude financière reste le frein principal pour les indépendants
Pour 58% des indépendants, l’incertitude financière constitue le principal obstacle à la prise de vacances. Cette préoccupation est particulièrement marquée chez les plus jeunes. Pas moins de 90% des moins de 26 ans et 76% des 26-35 ans la citent comme un frein, contre 43% des indépendants de 56 à 65 ans.
Près de la moitié des indépendants (48%) expliquent également que personne n’est là pour les remplacer pendant leur absence. Ils craignent dès lors que certaines tâches importantes restent en suspens. Au total, 45% indiquent que leur activité devrait fermer pendant leurs congés. D’autres craignent que leurs clients ne voient pas leur absence d’un bon œil. Autant de raisons qui les dissuadent de prendre davantage de congés.
“Nous constatons un lien évident entre la prise de congés et le bien-être mental. Les indépendants qui déconnectent régulièrement se disent plus heureux dans leur activité. Pourtant, prendre des vacances reste un défi pour de nombreux indépendants”, souligne Stéphanie Gowenko de Xerius. “Ceux qui prennent effectivement des vacances privilégient d’ailleurs plusieurs courts séjours plutôt qu’un seul long voyage.”
Quels sont les principaux freins qui empêchent les indépendants belges de prendre davantage de vacances?
- L’incertitude financière: je ne veux pas perdre de chiffre d’affaires (58%)
- Personne ne peut me remplacer pendant mon absence, avec le risque que des dossiers importants restent en suspens (48%)
- Si je ne suis pas là, je dois interrompre mon activité (45%)
- Je crains que mes clients n’apprécient pas mon absence (45%)
- Partir en vacances coûte cher (41%)
- Il est difficile de planifier des vacances en raison de délais qui changent ou de missions imprévues, ce qui exige une grande flexibilité (34%)
- J’ai des difficultés à déconnecter complètement du travail, ce qui m’empêche de profiter pleinement de mes vacances (31%)
- Mon entourage ou mes collègues attendent de moi que je sois suffisamment présent (22%)
- Pour moi, le travail est une forme de détente (7%)
- J’estime prendre déjà suffisamment de vacances (7%)
- Je n’en ressens pas le besoin (4%)
- Mon partenaire ne souhaite pas partir (davantage) en vacances (3%)
- Je n’aime pas partir en vacances (2%)
Source: l’enquête s’appuie sur un échantillon de 2.282 indépendants belges qui ont participé entre le 22 avril et le 20 mai 2026 à une étude quantitative réalisée en ligne. Le questionnaire nécessitait en moyenne 23 minutes pour être complété. Les résultats ont été pondérés au niveau régional, afin d’être représentatifs des indépendants en Belgique. La marge d’erreur est limitée à 2,04%. L’échantillon compte une légère majorité de femmes (53% contre 47% d’hommes). Les répondants viennent surtout de Flandre (environ 57%), de Wallonie (30%) et de Bruxelles (13%). La plupart ont entre 36 et 65 ans et vivent avec leur partenaire, souvent avec des enfants à domicile. L’échantillon regroupe à la fois des indépendants débutants et expérimentés, avec une forte représentation d’entrepreneurs comptant plus de 10 ans d’activité. Le secteur tertiaire est le plus représenté, suivi par le secteur quaternaire.

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