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Débat: la condamnation à une peine de prison ferme des syndicalistes de Goodyear à Amiens

C’est une première… qui réjouit les entreprises qui ont déjà dû subir des actes répréhensibles tels qu’une séquestration et qui ulcère les organisations syndicales qui voient un de leurs moyens d’action extrêmes sévèrement sanctionnés. La décision de justice du tribunal français pose le débat de la violence sociale. Qu’en pensez-vous?

Suite d’un conflit social ‘classique’ devant les tribunaux : huit ex-salariés de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord ont été condamnés mardi pour avoir séquestré pendant 30 heures deux cadres dirigeants de l’entreprise. Ils ont écopé ce mardi de 24 mois de prison, dont 15 avec sursis. Deux d’entre eux ont également été condamnés pour violences en réunion, mais sans peine supplémentaire.

Ne nous attardons pas ici sur la dimension politique du conflit, très prégnante dans l’Hexagone. La décision peut étonner dans la mesure où les deux cadres séquestrés (et menacés) avaient retiré leur plainte. Comme le rappelle le quotidien Les Echos, « c’est le parquet, dépendant du ministère de la Justice, qui a décidé de poursuivre les anciens salariés. Il avait requis contre chacun d’entre eux une peine de deux ans d’emprisonnement, soit un an « ferme aménageable » et un an de sursis, lors de l’audience du 24 novembre. »

Rappel des faits

« Entre le 6 et le 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines ainsi que le directeur de la production avaient été retenus dans les locaux de l’usine de pneumatiques que plusieurs dizaines de salariés avaient occupée avant de les laisser partir. A sa libération, ce dernier avait reconnu qu’il n’y avait « pas eu de comportement qui a porté atteinte à notre intégrité physique », même si « certaines fois, nous n’étions pas très rassurés ». Lors de l’audience, les violences évoquées faisaient état « d’une oreille tirée » mais cette situation avait été vécue comme « particulièrement humiliante » pour l’un des cadres car filmée par des journalistes. A la barre, tous les prévenus avaient évoqué « un coup de colère » face à une direction qui «n’apportait aucune réponse» à la «détresse sociale» dans laquelle se trouvaient les salariés de cette entreprise de 1.143 salariés, fermée quelques jours après. »

Quels enjeux ?

Les débats gagnent désormais l’espace médiatique en prime time. Que des actes humainement inadmissibles soient sanctionnés par la loi, quoi de plus normal au fond? Enfin, pourrait-on dire…

Mais, nul ne peut rester sourd à l’argumentation développée par les syndicalistes condamnés qui rappellent à grands cris qu’ils n’ont pas déclenché le mécanisme de violence sociale. Les douze suicides intervenus au sein des travailleurs concernés par la fermeture du site de l’équipementier automobile attestent du caractère dramatique de cette histoire. Comment définir des normes de concertation qui nous aideront à toujours éviter ces extrémités? Qui détient les clés qui nous permettront d’éviter cette violence sociale?

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