Les constats ne suffisent pas. On ne va pas passer notre temps à pleurnicher ensemble sur l’état du monde et son impact démentiel sur la qualité de nos vies et de notre travail… Pendant longtemps, nous nous sommes limités à expliquer à nos collègues et à nos proches que la seule certitude désormais, c’est que rien n’est certain. L’avenir, c’est le changement. Un argument massue qui permet de clôturer le débat. Avec quels résultats dans la majorité des cas? Le retour à des valeurs refuges historiques – c’est ce qu’on appelle le conservatisme – ou des formes diverses d’abandon, allant d’une implication minimale dans le projet collectif jusqu’à un profond désengagement. Pour tous les autres, qui entretiennent l’envie d’aller chercher de l’enthousiasme, nous voulons partager trois certitudes qui peuvent alimenter notre vision actuelle de la vie au travail.
Certitude n°1 : la décroissance n’est rien d’autre qu’une vision mortifère.
Le moteur, c’est le progrès. Nous ne voulons pas soutenir celles et ceux qui plaident pour un retour en arrière ou le statu quo afin de stopper la marche en avant qui détermine la raison d’être de tous les
Bien sûr, nos ressources ne sont pas infinies. Toutefois, notre capacité à les réinventer et à en trouver de nouvelles est bel et bien sans limite. Nous pouvons accepter la sobriété, ok. Par contre, pas d’accord pour entrer dans une logique de privation.
Et d’ailleurs, proposer à celles et ceux qui viennent dans les sillons que nous avons tracé, pour mieux en sortir cela va de soi, de s’inscrire dans une logique de la décroissance alors que nous avons consommé et joui de l’abondance comme des porcs, c’est franchement indécent.
Nous devons chaque jour être plus nombreux à défendre et promouvoir le progrès, qui repose simplement sur une série de choix quotidiens. Celui qui vise à stimuler l’innovation, celui qui consiste à réinventer le projet d’entreprise lorsque celui-ci n’offre plus de potentiel ou encore celui qui anticipe les options de reconversions pour les travailleurs dotés de compétences devenues inutiles. Attendre et ne rien faire n’est jamais la solution.
Certitude n°2 : l’énergie compense le (manque de) talent
Chaque travailleur est un talent… Oui, mais… Nous ne sommes définitivement pas égaux en matière d’aptitude et la vision naïve qui affirme que n’importe quel collègue est capable d’exprimer un potentiel insoupçonné ne résiste pas à l’analyse.
En matière de talent, il faut être et avoir. Il ne suffit pas de se présenter le matin et de laisser la magie s’exercer pour que nos objectifs se réalisent. Chacun.e d’entre nous est doté d’un potentiel qu’elle/il décide d’entretenir et de développer ou pas. Au-delà du talent intrinsèque, il y a la décision d’en faire un outil (de progrès) ou pas, de le mettre au service de celles et ceux qui gravitent autour de nous.
Le juge de paix, c’est l’énergie qui sommeille en nous et que nous sommes prêts ou pas à utiliser au profit d’une initiative ou d’un projet qui se présente. Le talent est sans doute secondaire puisqu’il ne se mesure qu’à l’aune de notre volonté de l’exploiter.
Certitude n°3 : l’avenir appartient à celles et ceux qui sont ensemble
Enfin, nous devons évoquer la question qui nous préoccupe plus encore que tout ce qui précède et c’est celle de l’isolement. Ou de rejet, du repli sur soi, du refus d’entrer en conversation avec les autres. Prenons donc l’occasion ici pour rappeler que l’effort principal auquel nous devons nous astreindre passe par l’appartenance au groupe. Les projets individuels méritent le respect bien sûr… Mais ils ne vont jamais très loin ni très longtemps.
Certitude n°3 donc: nous devons avancer ensemble. Ce qui veut dire, non seulement accepter d’évoluer côte à côte mais aussi décider d’être l’un derrière l’autre lorsque cela s’impose… Être et travailler ensemble aujourd’hui, c’est sortir des carcans anciens et accepter la variété des positions dans notre manière d’interagir. Des relations mobiles, agiles, adaptables en fonction des événements et des humeurs.
Réussir à comprendre et accompagner ces variations, parfois imprévues, représente aujourd’hui une vraie richesse. Celle qui nous permet de rappeler, une fois encore, que le plaisir le plus délicat consiste à faire celui d’autrui. Nous aimons le répéter. Toujours utile.
Jean-Paul Erhard

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