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Jusqu’à présent, la prolongation du chômage temporaire a permis d’éviter les licenciements.

En plein lockdown, il y a eu, sur notre marché du travail belge, 15% de licenciements en moins qu’avant le déclenchement du corona. De plus l’initiative du départ venait plus souvent du travailleur que de l’employeur. La diminution des fins de contrats est surtout due à l’introduction du système de chômage temporaire, qui offre un peu de répit aux entreprises en difficulté. Le week-end dernier, le superkern a décidé de prolonger ce système jusqu’au 31 août 2020. Une bonne chose, d’après l’analyse d’Acerta.

Moins de contrats à durée indéterminée ont été résiliés en pleine période de coronavirus qu’à la même période des autres années. En avril, il y en avait 15,6 % de moins qu’au même mois de l’année dernière ; en mars, il y avait déjà une diminution de 12,5 %. Au mois de février, avant la période de coronavirus, il y avait déjà moins de licenciements qu’en 2019, mais c’était sans aucun doute surtout la conséquence du fait que nous étions dans la période occulte avant les élections sociales. En mai 2020, il s’agit d’une diminution de 12,7% par rapport à mai 2019. Cette diminution est moins prononcée que celle d’avril en regard de l’année précédente.

Le chômage temporaire ne constitue pas la seule solution pour éviter les licenciements

Olivier Marcq, juriste chez Acerta, déclare : « Le régime de chômage temporaire, qui a donc à nouveau été prolongé, est une manière pour les employeurs d’adapter rapidement l’offre de travail à la situation et de réduire temporairement les frais salariaux au cœur de la crise. Cette solution leur donne du répit. Nous remarquons aux questions qui nous sont adressées que les employeurs commencent à regarder de l’avant et à faire le point. Puisqu’ils croient que la tendance va s’inverser et qu’ils auront rapidement de nouveau besoin de leurs talents, ils essaient dans un premier temps d’éviter les licenciements. Outre le chômage temporaire, ils cherchent également d’autres moyens d’économiser des frais pour surmonter la crise. Ils adhèrent au congé parental Corona. Ils envisagent l’option de réduire le temps de travail hebdomadaire. Ils étudient la possibilité de partager des travailleurs, dans un système d’employeurs multiples. Ils cherchent des moyens de conserver leur personnel, mais en suspendant le coût. »

La rupture de contrat, principalement l’initiative du travailleur

Les vagues de licenciements liés au coronavirus de ces dernières semaines peuvent donner l’impression que la crise a déjà coûté beaucoup d’emplois, mais les chiffres ne le confirment pas pour l’instant. Les chiffres des ruptures de contrats à durée indéterminée montrent donc surtout une attitude attentiste. Il n’est pas non plus vrai que l’initiative de rupture viendrait soudainement plus des employeurs que des employés. En mai, 24,8 % des ruptures de contrat étaient encore à l’initiative du travailleur, et 31,4 % se faisaient d’un commun accord, l’initiative revenant souvent aussi au travailleur. Pour 29 % des ruptures de contrats, il s’agissait d’une décision de l’employeur.

« Le coronavirus a inévitablement un impact sur les contrats entre employeurs et travailleurs. Toutefois, il n’est pas vrai que les employeurs essaieraient de pousser à la rupture du contrat. Ils préfèrent d’abord utiliser les autres solutions existantes, c’est pourquoi la prolongation du système de chômage temporaire sera la bienvenue. Puisqu’il y aura un après-coronavirus, moment où les entreprises se retrouveront dans une situation où elles auront à nouveau besoin de plus de personnel et où la pénurie sur le marché du travail redeviendra une préoccupation. Il sera alors bon de pouvoir s’adresser la tête haute aux travailleurs qui ont été mis de côté. Ce qui est typique des licenciements liés au coronavirus, c’est que les deux parties avaient espéré qu’il ne faudrait pas en arriver là. »

 

Source: Acerta – L’analyse est basée sur les travailleurs ayant un contrat à durée indéterminée d’un échantillon représentatif de plus de 32.000 employeurs du secteur privé.

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