Les quotidiens L’Echo et De Tijd ont révélé la semaine dernière que près d’une entreprise sur huit ayant recruté des flexi-jobistes en 2025 n’emploie aucun travailleur fixe. Ces nouvelles données de l’Office national de sécurité sociale (ONSS) montrent qu’en l’espace d’un an, le nombre d’employeurs qui recourent exclusivement aux flexi-jobs a progressé deux fois plus vite que le nombre total d’employeurs utilisant ce dispositif. Les données de la CSC confirment cette tendance.
Dans l’Horeca, par exemple, les flexi-jobistes et étudiants représentent l’essentiel de la croissance de l’emploi. Le syndicat relève: « Nous constatons également que le nombre de flexi-jobistes pensionnés explose. Plus de 25% des flexi-jobistes sont en effet pensionnés, tous secteurs confondus. Et ce pourcentage continue d’augmenter, surtout depuis que le système s’étend à tous les secteurs. »
« Certaines entreprises fonctionnent désormais presque exclusivement grâce aux flexi-jobistes. Cette évolution est préoccupante et témoigne d’une tendance à la précarisation du marché du travail. La généralisation de ce type d’emploi entraîne également une perte importante de recettes pour la sécurité sociale : les travailleurs qui exercent un flexi-job ne paient ni impôts ni cotisations sociales sur ce revenu complémentaire. Quant aux employeurs, s’ils s’acquittent d’une cotisation patronale spéciale de 28%, ils réalisent parallèlement des économies en réduisant au strict minimum le nombre d’heures rémunérées. L’Organisation internationale du travail (OIT) a souligné à plusieurs reprises que l’expansion des flexi-jobs comportait un risque réel d’éviction progressive de l’emploi de qualité. »
La CSC rappelle en outre que les risques d’accident du travail ou de maladie professionnelle ne sont pas répartis de manière égale entre les travailleurs. « Les personnes occupant des emplois plus précaires et disposant de peu d’ancienneté, sont généralement davantage exposées. Les travailleurs intérimaires, par exemple, enregistrent deux fois plus d’accidents du travail que les autres salariés. »
Le système des flexi-jobs doit être repensé urgemment.
Les chiffres publiés aujourd’hui prouvent que les flexi-jobs ne constituent plus seulement un complément ponctuel à l’emploi traditionnel. « Ils tendent, dans certains secteurs, à s’y substituer progressivement. La CSC s’oppose fermement à cette évolution, tant pour préserver la qualité de l’emploi que pour garantir le financement de notre sécurité sociale.
Pour améliorer les revenus des citoyens, il faut d’autres mesures que la généralisation des flexi-jobs à l’ensemble des secteurs. La solution ne consiste pas à rendre moins cher un emploi complémentaire exercé ailleurs plutôt qu’à permettre aux travailleurs de conserver leur emploi à temps plein auprès de leur propre employeur. Il s’agit ainsi du détournement d’une main-d’œuvre dont nous avons cruellement besoin dans certains secteurs, tout en privant d’opportunités des personnes qui ont justement besoin de ces emplois.
Sur le plan fiscal, cette situation est également injuste, puisque la charge fiscale pèse de manière disproportionnée sur les travailleurs fixes. A cela s’ajoutent les conséquences de la charge de travail sur la sécurité, la santé ainsi que sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée… Les autorités encouragent les travailleurs à enchaîner les flexi-jobs jusqu’à l’épuisement, tout en asphyxiant notre marché du travail et en provoquant une hémorragie des recettes publiques. Lorsque la sécurité sociale perd des recettes, c’est finalement l’ensemble de la collectivité qui en supporte le coût.
Il serait dès lors préférable d’alléger la fiscalité sur le travail tout en exigeant, en contrepartie, une contribution équitable des épaules les plus larges, par exemple. »
Source: CSC

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