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L’augmentation du chômage économique se confirme et semble indiquer que notre marché de l’emploi est à bout de souffle.

Le chômage économique augmente pour le troisième trimestre d’affilée. Le chômage économique temporaire parmi les ouvriers s’élevait à 0,65 % au troisième trimestre de 2019. Il  dépasse ainsi déjà le pourcentage du T3 2018 et est même un peu plus élevé qu’en 2016. La Flandre présente traditionnellement un pourcentage de chômage économique plus élevé que la Wallonie et le T3 2019 ne fait pas exception : 0,75 % contre 0,69 %. Dans la Région de Bruxelles-Capitale, les chiffres du chômage économique indiquent une pénurie structurelle sur le marché de l’emploi.

Le chômage temporaire pour manque de travail, aussi abrégé en chômage économique (CE), s’élevait à 0,65 % durant le troisième trimestre de 2019. Les ouvriers sont mis au chômage économique pour 0,65 % de leur nombre de jours ouvrables. Le pourcentage de chômage économique est également plus élevé pour le troisième trimestre que pour la même période de l’an passé, lors de laquelle Acerta constatait un taux de CE équivalant à 0,50 %. Cette augmentation n’est pas très surprenante: en 2017 et 2018, le chômage économique avait en effet atteint un niveau historiquement bas, ce qui signifiait aussi qu’il y avait encore peu de marge de manœuvre sur le marché de l’emploi. Il existe deux manières d’en retrouver un peu plus sur ce marché du travail : soit une diminution de la demande d’emploi, soit une augmentation de la réserve de postes à pourvoir. Sur la base de ces chiffres, nous revenons au niveau de chômage économique de 2016 pour les trois trimestres écoulés.

Amandine Boseret, juriste chez Acerta déclare : « Le chômage économique temporaire fonctionne comme un amortisseur qui absorbe les chocs de la croissance économique. Toutefois, le CE n’est pas un airbag. Si le manque de travail devient structurel, le problème ne sera pas résolu en mettant les ouvriers en inactivité temporaire. Dans ce cas, les entreprises procèderont à des licenciements, ce qui entraînera une augmentation des chiffres du chômage. Il importe dès lors de continuer à surveiller les chiffres. »

Une conséquence du retard de la croissance économique belge

Une diminution de l’activité économique entraîne dans un premier temps une augmentation du CE et c’est exactement le scénario qui s’est déroulé au premier trimestre de 2019. Les deuxième et troisième trimestres de 2019 ont confirmé l’augmentation du chômage économique. Le CE au T3 reste toutefois systématiquement inférieur à celui des trimestres précédents, il s’agit d’un effet saisonnier – le troisième trimestre comprend les mois de vacances traditionnels de juillet et août – qui se répète chaque année.

Amandine Boseret explique : « Le chômage économique en tant que système compense les tensions dues aux fluctuations économiques. Ce système évite aux employeurs de devoir engager ou licencier des collaborateurs au rythme de l’économie. Un pourcentage “sain” de chômage économique constitue un filet de sécurité au niveau des heures de travail, une marge au cas où l’économie reprend. Cependant, cette reprise économique ne se produit pas. Pour les trimestres précédents, la Banque Nationale a déjà annoncé des chiffres de croissance limités et elle a également fait état d’une croissance très limitée pour le troisième trimestre : le PIB n’augmenterait que de 0,2 % sur une base trimestrielle. Un filet de sécurité d’accord, mais un CE systématiquement en hausse peut être une mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, la sonnette d’alarme du chômage économique est tirée et il faut y être attentif. »

Équilibre délicat entre CE, lieux de travail et croissance économique

L’augmentation des pourcentages de chômage économique doit toutefois être quelque peu relativisée. Tout d’abord, 0,65 % correspond à un pourcentage relativement moyen. De plus, il est essentiel de comparer les chiffres du CE à ceux de l’emploi. Certains secteurs ou certaines entreprises constatent donc peut-être une diminution de la demande d’emploi tandis que d’autres voient des opportunités et décident d’engager du personnel supplémentaire.

« En cas de pourcentage de CE trop bas, les employeurs hésitent à accepter plus de missions, car ils n’ont pas (la certitude d’avoir) les bonnes personnes pour effectuer le travail. Néanmoins, un nombre suffisant de missions supplémentaires convaincra plutôt les employeurs à engager du personnel supplémentaire, chose qu’ils feront plus rapidement si le pourcentage de CE est déjà faible. En agissant précisément de la sorte, ils feront à nouveau augmenter la marge de CE. Tout évolue ainsi selon une dynamique interconnectée. Le CE, les lieux de travail et l’économie partagent un équilibre délicat. Il est surtout important de garder un œil sur les relations mutuelles. »

À Bruxelles, le marché de l’emploi est à bout de souffle : 0,04 % de CE

Dans la Région de Bruxelles-Capitale, les chiffres du chômage économique continuent à indiquer une pénurie structurelle sur le marché de l’emploi. Un chiffre de 0,04 % de CE pour le troisième trimestre de 2019, soit un pourcentage encore plus faible, voire insignifiant.

Amandine Boseret ajoute : « Dans la Région de Bruxelles-Capitale, une grande part de l’emploi correspond à du travail de support, surtout pour les entreprises des services. Il s’agit d’un travail qui est de toute façon toujours nécessaire et n’est pas sujet à une diminution de la demande de production par exemple. De plus, le secteur des services se porte toujours bien du point de vue économique. Un pourcentage de CE si bas que celui que nous constatons à nouveau à Bruxelles pour le troisième trimestre témoigne surtout d’une trop forte tension sur le marché de l’emploi. »

La Flandre présente traditionnellement un pourcentage de chômage économique plus élevé que la Wallonie et le T3 2019 ne fait pas exception : 0,75 % contre 0,69 %.

Nous devons surtout retenir qu’en général, le chômage économique au troisième trimestre de 2019 augmente par rapport à la même période de 2018, un phénomène déjà observé pour les trimestres précédents. La tendance de la première moitié de l’année 2019 se confirme.

Source: Acerta – Les données recueillies sont basées sur les données réelles d’ouvriers en service auprès de 32 000 employeurs issus du secteur privé, auquel appartiennent aussi bien des PME que des grandes entreprises.

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