L’absentéisme pour cause de maladie en 2025 présente d’importantes différences entre les régions. Ces différences soulignent la nécessité d’analyser l’absentéisme de façon détaillée afin de mieux cibler les actions de prévention et de réintégration.
À Bruxelles, environ un travailleur sur dix est absent plus d’un mois, un des niveaux les plus bas du pays. Le Hainaut affiche une part élevée d’absences de moyenne durée et une durée moyenne d’absence de plus de 21 jours. Le Brabant wallon se distingue par des absences plus courtes. À Liège et à Namur, les absences de moyenne durée concernent respectivement 13,45 % et 13,73 % des travailleurs, avec des durées moyennes d’absence légèrement supérieures à 20 jours. La province du Luxembourg présente quant à elle une proportion élevée d’absences de courte durée (65,04 %), mais se distingue positivement par la plus faible part de travailleurs absents depuis plus d’un an en Wallonie (2,02 %).
Le nouveau compteur a démarré le 1er février
« À partir de ce 1er février, les employeurs ayant au moins 50 travailleurs doivent faire face à un coût supplémentaire en cas d’absences pour maladie de plus d’un mois, en plus du salaire garanti. Ces chiffres varient selon les organisations, mais aussi selon le secteur et la nature du travail. Cette analyse régionale de l’absentéisme devient dès lors un levier clé pour cibler les actions de prévention et de réintégration », explique Katleen Jacobs de chez SD Worx.
Bruxelles : coût direct le plus élevé malgré un absentéisme inférieur à la moyenne
À Bruxelles, SD Worx observe en 2025 une baisse de l’absentéisme de courte et de moyenne durée, avec des niveaux inférieurs à la moyenne nationale. 63,53% des travailleurs ont été absents moins d’un mois et 11,46% entre un mois et un an. Avec le Brabant flamand, la capitale affiche ainsi le plus faible pourcentage de travailleurs absents plus d’un mois : environ un sur dix.
Les travailleurs bruxellois ont été absents en moyenne 17 jours, contre 18 l’année précédente, et connaissent 2,8 épisodes de maladie par an, un chiffre stable par rapport à 2024.
Malgré ces résultats favorables, le coût du court absentéisme est le plus élevé du pays, avec 181.000€ par 100 équivalents temps plein, en raison du niveau salarial plus élevé à Bruxelles (moyenne nationale : 160.000€)
La part de travailleurs absents depuis plus d’un an s’élève à 2,81%, un chiffre inférieur à la moyenne nationale, mais en hausse par rapport à 2024 (2,65%) et presque doublé par rapport à 2018 (1,45%). Malgré ce nombre croissant de malades de longue durée, la perte totale de jours de travail reste limitée : avec 9,77%, Bruxelles reste en dessous de la barre des 10% et de la moyenne. Cela indique qu’il y a davantage de travailleurs en arrêt de longue durée, mais pour une période plus courte, ce qui se traduit par un nombre de jours perdus inférieur à la moyenne. Les données portent sur une population de plus de 150.000 travailleurs bruxellois.
Hainaut : une pression persistante liée aux absences de moyenne durée
Dans le Hainaut, l’absentéisme reste marqué en 2025, avec une majorité de travailleurs absents de courte durée et une part non négligeable d’absences de moyenne durée. Près de deux tiers des travailleurs (61,87%) ont été absents moins d’un mois au cours de l’année, tandis qu’environ un travailleur sur sept (14,60%) a connu une absence comprise entre un mois et un an. Cette configuration pèse particulièrement sur l’organisation du travail et la continuité des équipes.
Les travailleurs concernés par une absence de courte ou de moyenne durée sont restés absents en moyenne un peu plus de 21 jours, un chiffre en baisse par rapport à l’année précédente (22,65 jours). Cette diminution indique une évolution positive en termes de durée des absences, même si la fréquence et la répartition des épisodes de maladie continuent de représenter un défi pour les employeurs de la province.
Le Hainaut affiche par ailleurs une part relativement élevée de travailleurs absents depuis plus d’un an. Le coût du court absentéisme progresse également (de 162.500€ par 100 équivalents temps plein en 2024 à 165.425€ en 2025, ce qui souligne l’impact financier croissant des absences répétées de courte durée. Dans un contexte de nouvelles obligations financières pour les employeurs à partir du 1er février, ces chiffres renforcent l’importance d’une approche structurelle de la prévention et du suivi de l’absentéisme.
Brabant wallon : des absences plus courtes et une pression globale plus modérée
Le Brabant wallon se distingue en 2025 par un niveau d’absentéisme relativement contenu, tant pour les absences de courte que de moyenne durée. 61,09% des travailleurs du Brabant wallon ont été absents moins d’un mois, tandis qu’un peu moins de 12% ont connu une absence comprise entre un mois et un an, plaçant la province parmi celles où l’absentéisme est le plus limité en Wallonie.
Les absences de courte et de moyenne durée y sont également plus courtes que dans d’autres provinces wallonnes. Les travailleurs concernés sont restés absents en moyenne un peu plus de 17 jours, soit une nette amélioration par rapport à l’année précédente (19 jours). Cette évolution contribue à réduire la pression organisationnelle liée aux remplacements et à la réorganisation du travail.
La part de travailleurs absents depuis plus d’un an reste toutefois un point d’attention. Si le coût du court absentéisme demeure plus modéré que dans d’autres régions (153.000€ par 100 équivalents temps plein en 2025, contre une moyenne nationale à 160.000€), il n’en constitue pas moins un enjeu financier réel pour les employeurs. Le Brabant wallon illustre ainsi l’impact positif de durées d’absence plus courtes, tout en rappelant que la gestion du long absentéisme reste essentielle.
Liège : une situation globalement stable mais toujours impactante
Dans la province de Liège, environ six travailleurs sur dix (60,50%) ont été absents moins d’un mois, tandis qu’un peu plus de 13% ont connu une absence de moyenne durée.
La durée moyenne des absences de courte et de moyenne durée s’établit à un peu plus de 20 jours, en légère baisse par rapport à 2024 (21,34 jours). Cette diminution, bien que modérée, indique une évolution favorable en matière de durée des périodes de maladie, sans pour autant modifier fondamentalement la pression globale liée à l’absentéisme.
La part de travailleurs absents depuis plus d’un an reste significative à Liège, avec 13,45% des travailleurs. Le coût du court absentéisme demeure quant à lui relativement stable, avec 150.900€ par 100 équivalents temps plein en 2025, contre 150.498€ en 2024), traduisant un impact financier récurrent pour les employeurs. Dans le contexte des nouvelles règles de financement des absences de longue durée, cette stabilité souligne l’importance d’actions ciblées pour limiter la durée et la récurrence des absences.
Luxembourg : peu de longue durée, mais des absences fréquentes de courte durée
La province de Luxembourg présente en 2025 un profil particulier, marqué par une proportion élevée d’absences de courte durée. Près de deux tiers des travailleurs (65,04%) ont été absents moins d’un mois au cours de l’année, tandis qu’un peu moins de 15% (14,46%) ont connu une absence de moyenne durée. Cette configuration met en évidence un absentéisme relativement fréquent, mais souvent de courte durée.
La durée moyenne des absences de courte et de moyenne durée dépasse légèrement les 20 jours, un niveau comparable à celui de l’année précédente. Cette stabilité indique que, malgré la fréquence des absences, leur durée ne s’allonge pas, ce qui limite partiellement l’impact organisationnel pour les employeurs.
Le Luxembourg se distingue positivement par la plus faible part de travailleurs absents depuis plus d’un an en Wallonie. Le coût du court absentéisme dans la province s’élève à 153.400€ par 100 équivalents temps plein en 2025, contre 148.900€ en 2024. Cette combinaison suggère que la province est moins confrontée au poids du long absentéisme, même si la gestion des absences répétées de courte durée reste un enjeu important.
Namur : un absentéisme de moyenne durée à surveiller
À Namur, l’absentéisme en 2025 concerne majoritairement des absences de courte durée, mais la part d’absences de moyenne durée demeure relativement élevée. Un peu plus de 60% des travailleurs ont été absents moins d’un mois, tandis qu’environ 14% ont été absents entre un mois et un an. Cette répartition exerce une pression continue sur les organisations.
Les travailleurs concernés par une absence de courte ou de moyenne durée sont restés absents en moyenne un peu plus de 20 jours. Ce chiffre est relativement stable par rapprt à 2024 (21,34 jours) et témoigne d’une persistance des durées d’absence, sans amélioration marquée par rapport à l’année précédente.
La part de travailleurs absents depuis plus d’un an reste significative à Namur. Si le coût du court absentéisme est plus limité que dans certaines autres provinces (145.600€ par 100 équivalents temps plein en 2025, contre une moyenne nationale à 160.000€), il n’en demeure pas moins un facteur de coût important pour les employeurs. Dans le cadre des nouvelles règles applicables dès le 1er février, ces chiffres soulignent la nécessité de renforcer les politiques de prévention et de suivi de l’absentéisme.
Source: SD Worx

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