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Peoplesphere

Pour quelles raisons les employeurs montrent-ils un intérêt – mesuré – envers le budget mobilité?

Le lancement du dispositif Cash for Car n’a pas enthousiasmé les employeurs. Désormais, il semble que celui concernant le budget mobilité reçoive un accueil nettement plus positif. Il ressort d’une enquête menée par le secrétariat social Acerta que 60 % des employeurs prévoient de proposer un budget mobilité à leur personnel. Plus de la moitié des travailleurs sont prêts à échanger leur voiture contre de l’argent, une voiture plus respectueuse de l’environnement ou des vacances supplémentaires.

Le budget mobilité crée un cadre légal. C’est à l’employeur de déterminer s’il le propose et/ou au travailleur de le demander ou de l’accepter. Les employeurs semblent les plus enthousiastes vis-à-vis du budget mobilité pour les cas où l’occupation du travailleur requiert une voiture et où celle-ci est donc la moins considérée comme une voiture salariale pure. Néanmoins, dans les cas où la voiture fait clairement partie de la politique salariale, 56 % des employeurs estiment encore que le budget mobilité est une solution alternative pertinente à proposer.

Plus de la moitié des travailleurs sont prêts à troquer la voiture contre de l’argent, une plus petite voiture plus écologique ou des vacances supplémentaires

En 2018, Acerta avait déjà sondé la disposition des travailleurs bénéficiant d’une voiture salariale à échanger celle-ci contre une voiture plus petite et les solutions alternatives qu’ils envisageaient. Il s’est avéré que plus de la moitié d’entre eux n’étaient pas vraiment attachés à leur voiture salariale. Des solutions alternatives pouvaient en effet leur convenir. La compensation en argent obtenait un bon score (57 %), mais de nombreux travailleurs émettaient également un avis positif vis-à-vis d’une plus petite voiture (54 %). 52 % des travailleurs ne disaient pas non à une compensation en jours de congé supplémentaires.

Peu convaincus toutefois de l’intérêt des travailleurs…

Pourtant, les employeurs ont tendance à sous-estimer les chances que leurs travailleurs abandonnent leur voiture salariale. L’affinité pour un budget mobilité semble croître, mais seuls 10 % des employeurs croient que plus de 50 % des travailleurs pourraient être intéressés par le budget mobilité.

Il faudra du temps.

Le fait que 60 % des employeurs pensent proposer un budget mobilité et qu’ils estiment que seule une minorité de travailleurs l’acceptera en dit peut-être plus long sur l’exécution pratique que sur l’intention du budget mobilité. La théorie semble en effet plus favorable que la pratique.

Olivier Marcq, juriste chez Acerta : « Vous accrocher à ce que vous avez est plus facile. Se détacher de la voiture salariale demande un effort de la part de toutes les parties : l’employeur doit gérer l’aspect administratif et les travailleurs doivent déterminer comment régler leur mobilité. Il faut peser le pour et le contre, ce qui demande du temps et de la motivation. Nous savons qu’il existe des seuils, car l’employeur ne sait pas toujours bien comment implémenter le budget mobilité. Informer et faciliter sont des éléments clés. C’est pourquoi nous vous demandons de ne pas tirer des conclusions trop hâtives sur l’effet du budget mobilité et la sensibilisation autour du thème de la rémunération personnalisée. »

Source : les données résultent d’une enquête effectuée par ACERTA auprès de travailleurs en juin 2018 et d’une enquête menée auprès d’employeurs en avril 2019.

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