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Peoplesphere

« A chaque fois que l’on a annoncé la fin de la concertation sociale, celle-ci est repartie de plus belle… »

La session de clôture du projet porté par les ADP Liège et Hainaut s’est tenue ce lundi 23 avril à Namur. Le panel réuni par les organisateurs permet de disposer d’un diagnostic sans ambiguïté quant à la vigueur de la concertation sociale en Belgique : les partenaires sociaux sont loin d’avoir renoncé à leurs idéaux respectifs et à la volonté de les faire entendre au(x) gouvernement(s). Compte-rendu.

A la question ‘’pourquoi la concertation sociale ne fonctionne-t-elle plus?’’, la plupart des intervenants optent pour la voie de l’optimisme. La concertation sociale n’est pas morte, loin s’en faut.

Jean FANIEL, directeur général du CRISP, pose un regard ‘politique’ sur l’initiative : « On peut s’étonner que les directeurs RH se posent cette question alors qu’ils sont impliqués au quotidien dans le dialogue avec les partenaires sociaux. Mais on peut se réjouir également que ces derniers réfléchissent vraiment à leurs pratiques professionnelles. En ce qui me concerne, je suis positif quant à l’évolution de la concertation sociale qui montre plutôt des signes de reprise. Nous n’avions plus eu d’AIP depuis huit ans et c’est le cas depuis cette année. Il y a aussi des accords particuliers sur des plans sociaux, en l’occurrence le dossier ING. De plus, la dimension qualitative prend de l’importance dans les débats et les accords. La place occupée par la question du bien-être au travail est un signe positif. Les enjeux de mobilité sont abordés eux aussi. Le fait que les dimensions techniques classiques (salaires, temps de travail, etc…) soient complétées par les thématiques liées à la qualité de vie au travail doit être perçu positivement. »

Le gouvernement en place, taxé tantôt d’interventionnisme dans le dialogue social, tantôt d’indifférence vis-à-vis des accords élaborés par le Groupe des Dix, ne diffère pas vraiment de ses prédecesseurs. Jean Faniel explique : « L’Etat prend un rôle croissant lorsque les partenaires sociaux ne parviennent pas à se mettre d’accord. Son intervention n’est pas disproportionnée par rapport à ce que nous connaissions lors des années Dehaene par exemple. Le gouvernement s’est engagé sur un programme. Les interlocuteurs sociaux le connaissent. La question porte donc sur le rôle que ces derniers peuvent encore jouer. Le déséquilibre apparaît lorsque les représentants des travailleurs et des employeurs arrivent à un compromis et que l’exécutif décide de ne pas reprendre tous les éléments de cet accord. Peut-être devrions-nous prévoir un engagement moral du gouvernement à mettre en œuvre le fruit de la concertation sociale. Aujourd’hui, ce n’est pas toujours le cas. »

Les organisations syndicales, représentées par Marie-Hélène Ska (CSC) et Robert Vertenueil (FGTB), restent déterminées à peser de tout leur poids dans le processus de dialogue paritaire.
Le secrétaire général de la FGTB explique : « A chaque fois que l’on annonce la fin de la concertation sociale, celle-ci repart de plus belle. Bien sûr, nous voudrions avoir plus de temps pour réfléchir à l’avenir mais nous manquons de temps. Le marché du travail présente une nouvelle réalité. Les formes classiques sont en mutation. Et le changement va se poursuivre. La question centrale reste la suivante : comment fait-on pour offrir aux gens une certaine capacité à se projeter dans l’avenir ? »

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