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Les alternatives à la voiture de société – ‘cash for car’ et budget mobilité – ne rencontrent qu’un succès très limité: une simple question de temps?

Le principe de l’échange de la voiture de société contre une indemnité en espèces semble s’étendre très  progressivement. L’adoption de l’échange contre des alternatives (budget mobilité) prend du temps elle aussi. Le prestataire de services RH SD Worx (qui traite un tiers des salaires du secteur privé) constate que le nombre de collaborateurs qui optent pour une allocation « cash for car » est supérieur à 540 – soit deux fois plus depuis juillet 2019. En renonçant (au droit) à la voiture de société, ils obtiennent une indemnité exonérée de cotisations de sécurité sociale et soumise à un traitement fiscal favorable. SD Worx s’attend à ce que ce nombre augmente encore.

« 2% des employeurs qui proposent des voitures de société ont effectivement démarré le système. Cela semble peu, mais son implémentation prend du temps. Certains employeurs sont encore en train d’adapter leur politique de mobilité aux nouvelles possibilités. Et souvent, le travailleur doit attendre la fin du contrat de leasing », explique Jean-Luc Vannieuwenhuyse , expert chez SD Worx.

Déjà au moins 500 voitures de société en moins en circulation.

Jean-Luc Vannieuwenhuyse de SD Worx est formel : « Après un départ très hésitant, le nombre de travailleurs qui échangent leur voiture de société connaît désormais une croissance progressive. Ce succès modeste s’explique par plusieurs facteurs logiques. Il y a d’une part le fait qu’une
grande partie des travailleurs ont effectivement besoin de leur voiture pour leur travail
(c’est une voiture de fonction plutôt qu’une voiture-salaire) et d’autre part, il faut du temps avant que cette mesure puisse s’appliquer au sein de nos entreprises, qui sont notamment liées par les périodes de leasing des voitures de société. La rupture anticipée d’un contrat de leasing peut entraîner une indemnité. De nombreux employeurs attendent donc la fin de la période de leasing des voitures des travailleurs pour proposer cette possibilité aux travailleurs intéressés. »
Selon la valeur de la voiture, les montants mensuels varient entre 158 € et 1 754 € bruts. La moyenne est de 554 € bruts par mois.

SD Worx propose à ses propres travailleurs la possibilité d’échanger (le droit à) la voiture de société contre du cash depuis juin 2019 : une vingtaine de ses collaborateurs ont déjà opté pour cet avantage en espèces. Anne-Sophie Stappers, juriste d’entreprise chez SD Worx, échange sa voiture cette année : « Ma voiture arrive en fin de leasing et je suis contente que mon employeur me propose si vite cette possibilité. J’habite à 4 km de mon lieu de travail. Vu les problèmes de mobilité à Anvers, je préfère en fait faire mes trajets domicile-lieu de travail à vélo, ce qui est aussi beaucoup plus écologique. S’il fait mauvais, je peux éventuellement utiliser les transports publics, bien que ce soit moins rapide. Je fais déjà la navette depuis quelques mois avec un triporteur électrique que je loue via l’entreprise. Il convient parfaitement pour transporter mon petit garçon de deux ans, mes courses et mon sac à dosprofessionnel. Le budget libéré par la restitution de ma voiture de société est un incitant Pour ma catégorie de voiture de société, elle rapporte pas moins de 713 euros nets de plus par mois. ! »

L’échange contre des alternatives écologiques connaît des débuts difficiles.

Avec le budget mobilité, vous pouvez échanger votrea voiture de société contre une voiture écologique, y adjoindre des moyens de transport durables (comme un vélo ou un abonnement au transport public) et recevoir le solde en espèces.

À l’instar du système cash for car (disponible depuis le 1er janvier 2018), le budget mobilité (entré en vigueur 14 mois plus tard) connaît des débuts difficiles. Actuellement, SD Worx compte seulement 15 travailleurs qui y ont recours. Jean-Luc Vannieuwenhuyse explique : « Pour l’instant, SD Worx compte seulement 15 travailleurs qui utilisent cette solution, répartis entre 8 employeurs. Il est possible que davantage d’employeurs la proposent, mais qu’ils n’aient actuellement aucun candidat parmi les travailleurs éligibles. Les travailleurs ne peuvent pas être obligés d’adhérer au système. Les employeurs qui veulent adopter le budget mobilité doivent passer par de nombreuses étapes pour mettre le système en place. Mais cette apparente complexité ne doit pas être un obstacle : avec un soutien (technique) approprié, cela peut très bien se dérouler. Nos années d’expérience du budget mobilité avant la lettre – via le système de rémunération flexible – nous enseignent que c’est tout à fait possible. »

Le principe
Pilier 1 = voiture écologique – traitement ordinaire en matière d’ONSS et de fiscalité (donc comme la voiture de société normale)
Pilier 2 = mobilité durable (exonéré d’ONSS et de PP)
Pilier 3 = solde en espèces (cotisation spéciale de 38,07 % du travailleur à l’ONSS uniquement – pas de PP).

« Le succès reste limité, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Le principe pourrait s’étendre si l’on proposait aussi des incitants aux collaborateurs qui se rendent au travail avec leur propre voiture – c’est-à-dire la moitié d’entre eux. C’est peut-être la clé d’un levier encore plus important en matière de mobilité durable (…) », selon l’expert de SD Worx.

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