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Le chantier des compétences est ouvert: plus de la moitié des travailleurs comptent sur leur employeur pour entamer leur reconversion.

Le coronavirus a eu un impact énorme sur notre manière de travailler. La population active a également su s’adapter à ces circonstances compliquées. Cette capacité d’adaptation s’avérera cruciale sur le marché du travail dans les années à venir. Il s’agira en effet de préparer le personnel aux nouveaux besoins des entreprises et aux compétences associées. Le recyclage et la reconversion professionnels constitueront l’investissement prioritaire de la majorité des entreprises. C’est ce qui ressort du rapport annuel Global Talent Trends du spécialiste des RH Mercer.

La manière hybride de travailler, la frontière plus floue entre travail et vie privée qui en résulte, l’automatisation et l’utilisation de nouvelles technologies, les besoins changeants du marché, les perspectives incertaines. Ce ne sont là que quelques facteurs propulsant les nouveaux accords professionnels et les redéfinitions ou ajustements de fonction en tête des priorités des employeurs et des travailleurs. La reconversion est devenue plus que jamais une nécessité.

C’est encore plus clair quand on voit comment la vision des travailleurs et des responsables RH diffère à propos des compétences qui seront le plus nécessaires d’ici 2025. Pour les travailleurs, l’innovation, un large état d’esprit et le leadership numérique seront essentiels, tandis que les RH privilégient surtout la flexibilité lors des processus de transformation, le design thinking et l’esprit d’entreprise. Alors que l’accent a été mis pendant des années sur les compétences numériques, les compétences « douces » semblent à présent être davantage considérées comme indispensables pour préparer les travailleurs à l’avenir.

Employeurs : faire l’inventaire des talents est une priorité

Les entreprises misent en masse sur l’amélioration de leur agilité afin de relever les défis que génère la nouvelle manière de travailler. Pour une entreprise sur trois, ce ne sera possible qu’avec des équipes flexibles, mises sur pied pour des objectifs spécifiques, et des travailleurs souples. La question à se poser est comment développer au mieux un personnel adaptable. Seulement 15% des entreprises dirigent leurs efforts de reconversion sur les groupes qui présentent le plus grand risque de rester sur la touche.Il faut donc en faire plus pour garantir une mobilité du travail productive.

Savoir quels talents sont présents dans votre organisation, qui occupe quel poste, est important pour cette agilité. Et pourtant, les entreprises ne sont que 34 % à rassembler les informations nécessaires sur les compétences actuelles de son personnel.

La moitié (53%) des organisations ont l’intention d’identifier les nouvelles aptitudes/capacités nécessaires pour les activités post-Covid.Et seules 14 % envisagent de développer une taxonomie des compétences en 2021.En d’autres termes : il y a encore beaucoup de gains à réaliser dans la plupart des entreprises au niveau de l’inventaire des compétences présentes et de leur correspondance aux besoins futurs.

Généralement, les RH optent encore aujourd’hui pour le recrutement externe pour combler une pénurie de compétences (60%), le partage des connaissances en interne (57%) et l’utilisation de technologies pour automatiser totalement ou partiellement certaines fonctions (54%). 44% des entreprises ont facilité le partage des talents en interne en 2020 et 26% ont l’intention de le faire en 2021.

Plus d’encadrement nécessaire pour la reconversion des travailleurs

Le rapport Global Talent Trends de Mercer nous apprend que les travailleurs ne considèrent plus la reconversion comme un chouette plus, mais comme une étape cruciale pour rester employable. La pandémie les a fait de plus en plus réfléchir à leur propre valeur sur le marché. Afin de mieux s’épanouir, ils comptent sur une (plus grande) reconnaissance de leur apport et ils voient des possibilités d’apprendre de nouvelles compétences et technologies (respectivement 43% et 42%).

En outre, 63% des travailleurs disent espérer que leur entreprise investit dans leurs compétences, et 55% qu’elle leur apprendra les nouvelles compétences dont ils auront besoin si leur fonction change ou disparaît.

78% des travailleurs ont déclaré en 2020 être prêts à se recycler, mais 87% se sont sentis freinés. La cause principale était le manque de temps (38%), suivi de l’envie de consacrer son temps libre à autre chose (35%). La bonne nouvelle : 20 % des entreprises envisagent de récompenser l’apprentissage de compétences par les travailleurs en 2021.

Cette reconversion ne sera pas évidente. Un quart des travailleurs affirment que les cours ou les formations de courte durée ne les aident pas à acquérir de nouvelles compétences, l’apprentissage par l’expérience sera donc encore plus important.Les conseils et le coaching sont essentiels pour aider les travailleurs lors de changements, surtout quand on sait qu’un membre sur cinq des générations Y (23%) et X (21%) dit qu’il ne sait pas ce qu’il doit apprendre ou de quelle façon.

Les clients de Mercer demandent de plus en plus d’élaborer des programmes de mentorat, de coaching et de formation, tant pour les travailleurs que pour le management.Ils cherchent le meilleur moyen de lister les compétences pertinentes et d’y associer des plans de compensation.Cela prouve que les entreprises sont de plus en plus conscientes des défis entourant la reconversion et les nouvelles aptitudes.

Source: Mercer – Marsh & McLennan Companies

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