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Concilier vacances et travail: les entreprises veulent offrir encore plus de flexibilité en utilisant le ‘workation’.

Travailler la journée et profiter de votre destination de vacances favorite le soir? C’est possible. Le travail à distance étant de plus en plus courant, le ‘workation’ n’a plus rien d’une perspective lointaine. « Avec le télétravail à l’étranger, les entreprises voient une opportunité de faire un pas supplémentaire vers plus de flexibilité. Pour les employés, cela peut être un format intéressant pour travailler tout en prolongeant un peu plus longtemps le sentiment de vacances ».

Grâce à la nouvelle manière hybride de travailler, le travail indépendant du lieu est plus accessible que jamais. Alors que pour certains, cela se traduit généralement par du télétravail à domicile ou dans un lieu de coworking dans son propre pays, pour d’autres, le ‘workation’ (combinaison de travail et de vacances) est aussi une option attrayante, parfois même considérée comme une évidence. Cependant, beaucoup de personnes ne se soucient pas du fait qu’il est parfois compliqué d’être administrativement en ordre pour ce type de séjour à l’étranger.

« Le workation devient effectivement plus populaire car le télétravail offre la possibilité de travailler à partir de n’importe quel endroit. En tant qu’employeur, il est important d’anticiper les questions venant d’employés ou de candidats et de les sensibiliser à ce que cela implique. Analysez ce qu’il est possible de faire dans votre entreprise et développez une politique de travail hybride claire, que ce soit local ou à l’étranger. De cette manière, les deux partis savent à quoi s’en tenir et les employés peuvent combiner leur travail avec un agréable moment en voyage, sans se faire de soucis », explique Joël Poilvache, Directeur chez Robert Half.

Ce qui rend le workation si attractif, c’est la possibilité de combiner le travail avec des moments agréables ou de détente. La journée devant son laptop et la soirée à la plage, c’est tout à fait possible à partir du moment où des règles claires sont posées. Ceci est important afin de ne pas brouiller la frontière entre travail et détente, après quoi le travail et les vacances risqueraient de se confondre et ni l’un ni l’autre ne seraient encore efficaces. C’est pourquoi les employeurs doivent prendre le rôle de conseiller, afin de s’assurer que l’employé puisse suffisamment se déconnecter de son travail.

Avantage compétitif

La possibilité de télétravailler à l’étranger durant les mois d’été, ou même en dehors de cette période, peut booster l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Il est crucial pour l’employeur de s’assurer que cette manière de travailler soit tenable pour l’employé en question, l’équipe ainsi que l’entreprise.

« Sur le marché du travail actuel, qui est tendu, la demande de toute forme de flexibilité est très élevée et chaque petite chose peut aider. Si, en tant qu’employeur, vous offrez la possibilité de télétravailler à l’étranger, cela vous procurera un avantage compétitif fort et non-négligeable. Pour autant que des accords clairs et qualitatifs soient conclus, l’autorisation du workation peut être une réelle valeur ajoutéepour les employés actuels et pour attirer de nouveaux talents », selon Joël Poilvache.

Des tâches administratives à prévoir avant de partir

Au-delà des nombreux avantages qu’offre le workation, l’employé et l’employeur devront s’acquitter de plusieurs tâches administratives afin de s’assurer que les conditions de travail soient quasi identiques à celles du bureau ou du domicile principal et afin d’éviter tout désagrément. Les points d’attention les plus importants sont les assurances et la sécurité sociale.

En ce qui concerne les assurances, il est important de savoir qu’en temps normal, le télétravailleur est couvert par l’assurance accidents du travail de l’employeur lorsqu’il travaille de chez lui, pour autant qu’il existe un document entre les deux partis qui assure ceci. En cas de télétravail à l’étranger, l’employeur doit vérifier si son assurance couvre également les accidents du travail/télétravail à l’étranger et, le cas échéant, l’étendre. Pour être tout à fait en ordre sur ce point, un accord écrit autorisant le télétravail à l’étranger est donc recommandé.

« Travailler depuis différents pays peut aussi créer une insécurité quant à la législation applicable au contrat de travail », précisent Lucia Bellobuono et Kris De Schutter, avocats chez Loyens&Loeff et spécialisés en Droit du travail. « En fonction de la durée de télétravail à l’étranger, certains documents administratifs pourraient être requis, comme la carte européenne d’assurance maladie et, si cela a lieu hors de l’Europe, le permis de travail et/ou permis de séjour. »

En matière de sécurité sociale, le travailleur n’est soumis à la sécurité sociale que d’un seul État membre. Si le séjour à l’étranger ne dépasse pas 6 mois, l’affiliation à la sécurité sociale belge pourra en principe être maintenue. Cependant, si le travailleur passe plus de temps de travail dans un autre pays que celui de sa résidence, la sécurité sociale applicable risque de ne plus être la belge.

Clarifier le tout sur papier

Parmi les recommandations promulguées par le cabinet d’avocat Loyens&Loeff, il est conseillé de prévoir dans la politique (ou l’avenant) de télétravail une mention qui indique que le travailleur peut exécuter le télétravail à l’étranger qu’occasionnellement, avec accord de l’employeur. Cela permettra à l’employeur de pouvoir s’assurer des limites légales liées aux différents éléments tels que l’assurance, la sécurité sociale et autres.

Il est aussi recommandé de prévoir un addendum sur la durée du séjour à l’étranger. Limiter le nombre de jours prestés à l’étranger (notamment à un maximum de 183 jours à l’étranger pour des raisons fiscales) permettrait ainsi d’éviter de nombreuses démarches administratives, autant pour l’employeur que pour l’employé.

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