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Divergences de perception entre employeurs et travailleurs quant à la gestion de la santé mentale: le risque de burn-out guette pour près d’un quart de nos collaborateurs.

56% des travailleurs sont d’avis que leur employeur se préoccupe de leur bien-être mental. Près d’un travailleur sur cinq a l’impression qu’il pourrait bientôt être victime d’un burn out. Le tableau est très différent chez les dirigeants d’entreprise : 93% d’entre eux déclarent faire de leur mieux pour améliorer le bien-être mental et le moral de leur personnel. Le retour au travail à partir du 9 juin offrira aux employeurs davantage de marge de manœuvre pour s’attaquer aux différences de perception en matière de bien-être mental.

Outre le bien-être physique, la santé mentale des Belges constitue l’un des principaux points d’attention pendant la crise du coronavirus. Sur le lieu de travail (à domicile) aussi. Les entreprises n’en tiennent pas encore suffisamment compte, d’après l’analyse d’Acerta et de StepStone. Il en ressort que 56 % des travailleurs belges du secteur privé estiment que leur employeur se préoccupe de leur bien-être mental. Et 23 % d’entre eux déclarent même que leur employeur n’a pris aucune mesure en vue d’améliorer le bien-être mental du personnel au cours de l’année écoulée. Conséquence : près d’un travailleur sur cinq a l’impression qu’il pourrait bientôt être victime d’un burn out.

Le tableau est très différent chez les dirigeants d’entreprise : 93% déclarent se préoccuper du bien-être mental des collaborateurs. Ces perceptions divergentes montrent que le travailleur ne connaît pas toujours clairement les actions spécifiques de l’employeur en matière de bien-être mental, même si des actions sont prévues.

Sylvie Michaux, Senior Consultant chez Acerta : « Nous recevons régulièrement des questions qui reflètent les nombreux malentendus sur ce qui se fait déjà ou non sur le lieu de travail (à domicile) afin de favoriser le bien-être mental des collaborateurs. Il s’agit par exemple de la déconnexion et des indemnités de travail à domicile. En ces temps inhabituels, les gens ont complètement perdu leurs repères. Auparavant, ils n’avaient pas l’habitude de passer toute la journée devant leur écran, alors que bon nombre de travailleurs connaissent cette réalité aujourd’hui. Avant le coronavirus et le travail à domicile, il y avait les discussions informelles à la machine à café, un trajet jusque chez un client… Ces interruptions ont largement disparu à présent. Désormais, les informations circulent en permanence dans et par différents canaux, parfois nouveaux : Teams, WhatsApp, e-mails… Les entreprises doivent en avoir conscience. Il est temps de clarifier les choses à nouveau et de créer un soutien en concertation avec le collaborateur. Le lent retour au bureau peut jouer un rôle clé à cet égard. Dans un modèle hybride à terme aussi, il est indiqué de conclure des accords clairs entre l’employeur et le travailleur. »

Killian Cramers, B2C Marketing Manager chez StepStone Belgique, commente : « Même dans ce modèle hybride, il convient de veiller à la continuité de l’interaction humaine et d’éviter l’isolement social des travailleurs. Une étude conjointe avec la KU Leuven (septembre 2020), où 78 % des travailleurs interrogés ont déclaré que leurs contacts sociaux au travail avaient diminué pendant la crise, l’a également confirmé. Pour plus de la moitié d’entre eux, ces contacts avaient même considérablement diminué. Les employeurs feraient mieux de remédier à cette situation maintenant et de l’éviter dans la mesure du possible. »

Un collaborateur sur 2 demande plus de transparence dans la communication

Interrogés sur ce qu’ils aimeraient que leur employeur fasse différemment, les collaborateurs demandent surtout une communication claire (49%), suivie d’actions concrètes en vue d’un bon équilibre vie privée-vie professionnelle (42%). La moitié des participants ont affirmé que le travail à domicile perturbait complètement cet équilibre désormais. Là encore, la comparaison avec le point de vue des dirigeants d’entreprise est intéressante : 87% des employeurs déclarent miser (fortement) sur une communication transparente et claire.

Sylvie Michaux : « Le coronavirus a fait mûrir la relation entre l’employeur et le collaborateur, il suffit d’examiner la gestion actuelle du travail à domicile pour le constater. Pour les travailleurs, cela signifie plus d’autonomie, ce qu’ils demandaient d’ailleurs. Les collaborateurs doivent encore apprendre à gérer ce gain d’autonomie. Pour donner un exemple, tout le monde ne sait pas exactement quand il peut se déconnecter du travail à domicile. Une communication claire serait utile. Les employeurs et les dirigeants partent peut-être encore trop du principe que ce qui est évident pour eux l’est aussi pour les collaborateurs. C’est pourquoi nous recommandons aux employeurs et aux chefs d’équipe de dire explicitement aux collaborateurs qu’ils peuvent se réserver du temps pour se concentrer sur une tâche au lieu de toujours rester disponibles pour des réunions. Les travailleurs peuvent signaler sans problème quand ils prennent leur temps de midi, et un e-mail envoyé à 17h00 ne doit pas forcément recevoir une réponse le soir même encore. Une politique claire concernant les horaires de travail et les réunions peut déjà faire toute la différence. »

Et Killian Cramers de conclure : « Une communication claire et ouverte revêt une importance cruciale. Cela vaut pour le bien-être mental, mais aussi tout simplement pour la rétention des travailleurs. Il y a un an, nous menions déjà une étude sur le ressenti des travailleurs belges face à l’approche des employeurs par rapport à la crise. À cet égard, nous avons constaté que pas moins de 22 % des travailleurs interrogés envisageaient de démissionner à cause de la façon dont leur employeur gérait la crise du coronavirus. Un dialogue ouvert peut aider à faire disparaître ces impressions négatives. »

Source : les données proviennent de l’enquête annuelle « Talent Pulse » réalisée par ACERTA et StepStone. Cette enquête a été déployée en mars 2021 pour la douzième fois et a touché plus de 3 000 travailleurs, dont 16,6 % d’ouvriers et 83,4 % d’employés.

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