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L’analyse statistique des chiffres du marché du travail démontre le premier impact du coronavirus: c’est la durée du temps de travail qui a servi de variable d’ajustement.

En tant qu’office belge de statistique, Statbel souhaite analyser l’impact du coronavirus sur le marché du travail. C’est pourquoi Stable publie dorénavant des données mensuelles provisoires sur l’emploi et le chômage, tirées de l’Enquête sur les forces de travail (EFT). Cette enquête est harmonisée au niveau européen. Dans cette première publication, il s’agit d’examiner la durée de travail et les raisons pour lesquelles les répondants ont travaillé plus ou moins pendant la crise du coronavirus. On observe ainsi, comme prévu, une nette diminution de la durée de travail. Une personne occupée sur quatre a travaillé moins que d’habitude, voire pas du tout, au cours du mois de mars.

Selon les définitions utilisées par l’office, les chômeurs temporaires sont comptabilisés parmi les personnes occupées. Ils ont en effet un emploi mais dont ils sont temporairement absents. Pour cette raison, nous ne prévoyons pas de gros impact à court terme de la crise sur l’estimation du nombre de personnes occupées. Les chiffres de mars 2020 le confirment: Le taux d’emploi des 20 à 64 ans est évalué à 70,6% et est encore légèrement supérieur à celui de février. Une partie des chômeurs BIT sont peut-être devenus inactifs car ils n’ont plus recherché activement un emploi ou n’étaient plus disponibles. Trois critères déterminent en effet si une personne est comptabilisée comme un chômeur BIT. La personne doit répondre aux trois critères suivants simultanément:

– Elle ne doit pas avoir d’emploi
– Elle doit être activement à la recherche d’un emploi
– Elle doit être disponible pour commencer à travailler dans un délai de deux semaines.
Par exemple, si une personne n’est pas disponible pour commencer à travailler parce qu’elle doit s’occuper des enfants, elle est comptabilisée parmi les inactifs et non les chômeurs BIT.

Nous n’observons pour l’instant pas de glissement dans les chiffres mensuels, mais le taux de chômage de mars est toutefois inférieur au taux de chômage de février.

La durée de travail diminue à cause de la crise du coronavirus

Comme prévu, la crise du coronavirus a un impact sur la durée du travail. Les chiffres du mois de mars 2020 montrent déjà quelques évolutions frappantes.

En mars 2020, les personnes occupées ont presté en moyenne 32,8 heures dans un emploi à temps plein et 19,4 heures dans un emploi à temps partiel, pour ce qu’elles considèrent comme leur emploi principal.
Cette moyenne est inférieure à celle du mois de février 2020, durant lequel les personnes ont presté 37,3 heures dans un emploi à temps plein et 21,6 heures dans un emploi à temps partiel.
Elle est aussi inférieure à celle de mars 2019, lorsque qu’un emploi à temps plein occupait en moyenne 37,5 heures et un emploi à temps partiel 22,0 heures.

Près d’une personne sur quatre a travaillé moins ou pas du tout

Près d’une personne sur quatre déclare avoir presté moins d’heures que d’habitude ou n’avoir pas travaillé du tout. On estime que cela concerne environ 1.152.000 personnes occupées, dont 737.000 n’ont presté aucune heure et 415.000 ont presté moins d’heures que d’habitude. Il s’agit d’une moyenne pour l’ensemble du mois de mars. Elle tient compte aussi bien des semaines de confinement que de celles qui les ont précédées. Ainsi, les chiffres tiennent compte à la fois des réponses des répondants interrogés pour l’une des deux premières semaines de référence du mois de mars (avant le confinement) et de celles des personnes interrogées pour l’une des deux dernières semaines de référence du mois de mars. Chaque répondant n’a été interrogé que sur une seule semaine de référence déterminée à l’avance.

La maladie est la principale cause d’absence

La raison la plus fréquente pour laquelle les personnes n’ont pas travaillé est une maladie, un accident ou une incapacité temporaire. En mars 2020, environ 250.000 travailleurs en moyenne étaient absents pour cause de maladie pendant toute la semaine de référence. Le mois précédent (février 2020), 172.000 personnes ayant un emploi et l’année précédente (mars 2019) 165.000 personnes occupées étaient absentes avec la maladie comme raison principale d’absence.

La plus forte hausse s’observe toutefois pour les motifs techniques ou économiques (chômage temporaire): de 6.000 chômeurs temporaires en février à 223.000 en mars 2020. Les autres raisons arrivent en troisième position (166.000 personnes). On trouve parmi elles proportionnellement beaucoup d’indépendants qui ne se classifient pas comme chômeurs temporaires mais peuvent avoir recours au droit passerelle. On trouve probablement aussi dans la catégorie des autres raisons, des salariés qui n’ont pas travaillé en raison de la crise du coronavirus mais ne se classifient pas eux-mêmes comme chômeurs temporaires.

Les principales raisons pour lesquelles les personnes ont travaillé moins d’heures que d’habitude sont les autres raisons, suivies par les motifs techniques ou économiques (chômage temporaire). En troisième position arrivent les jours fériés, les vacances, le repos compensatoire, le congé sans solde.

Ces données sur la raison de ne pas travailler ou de travailler moins d’heures portent également – tout comme les autres chiffres présentés – sur l’ensemble du mois de mars et concernent en partie la période avant et en partie la période après le confinement.

3 % ont travaillé plus que d’habitude

En mars 2020, 3,2 % des personnes occupées ont indiqué avoir travaillé plus d’heures que d’habitude. Les principales raisons de travailler davantage sont les motifs techniques ou économiques suivis par les autres raisons et l’horaire flexible (imposé par l’employeur).

Ces nouveaux indicateurs seront actualisés mensuellement. Il est à noter que ces statistiques mensuelles sont des statistiques expérimentales produites dans le but spécifique de suivre la crise du coronavirus. Il s’agit de résultats mensuels indicatifs qui sont soumis à des fluctuations aléatoires plus importantes que les résultats trimestriels et annuels car ils sont basés sur un douzième de l’échantillon annuel. Les petits nombres et les petites variations dans le temps doivent donc être interprétés avec prudence car ils se fondent sur les réponses d’un nombre limité de répondants. L’accent doit plutôt être mis ici sur la détection d’évolutions de plus grande ampleur.

Source: Statbel – DataLab – Chiffres mensuels sur le marché du travail

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