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Peoplesphere

« L’enseignement inférieur reste le principal frein à l’émergence de jeunes entrepreneurs. »

Le think tank Itinera publie ce jour une analyse portant sur l’entrepreneuriat jeune. Comment expliquer que 40% des jeunes européens (âgés entre 15 et 24 ans) déclarent vouloir se lancer dans l’aventure et qu’au final seuls quelques-uns d’entre eux persévèrent et réalisent effectivement leurs rêves? En cause, l’absence d’une véritable culture entrepreneuriale, qui n’est que le fruit des représentations portées par l’enseignement auprès de nos enfants… Un constat dur qu’il nous semble difficile de réfuter cependant.

Les conclusions de l’analyse menée par le think tank démarrent comme suit: « En vertu des qualités liées à leur jeune âge, il semble que les jeunes qui lancent leur entreprise contribuent de manière positive au développement du tissu économique belge. En effet, ils privilégient les secteurs prometteurs, emploient plus facilement leurs congénères et grâce à leur caractère innovant, leurs entreprises affichent en moyenne des taux de croissance impressionnants. Néanmoins, il va de soi que leur manque d’expérience s’accompagne d’un certain nombre d’obstacles prévisibles : citons par exemple l’accès au financement, un possible déficit de compétences managériales, l’existence d’asymétries informationnelles… Néanmoins, notons que l’environnement social et les normes qui y prédominent ont également un impact majeur sur la décision des jeunes d’envisager l’entrepreneuriat comme choix de carrière. C’est en nous focalisant sur ce dernier élément que nous avons voulu poser le diagnostic de l’écosystème entrepreneurial belge : celui-ci réunit-il les facteurs favorisant l’émergence d’entreprises prometteuses ? Est-il de nature à freiner, ou au contraire, à encourager les intentions entrepreneuriales des jeunes ?
S’il ressort de notre analyse que l’écosystème entrepreneurial belge dispose d’atouts non négligeables comme, par exemple, un bon accès au financement entrepreneurial ou des programmes d’aides aux entrepreneurs jugés pertinents, une faiblesse de taille réside dans le déficit de culture entrepreneuriale, qui se reflète également dans le système éducatif inférieur. »

La Belgique, premier pays européen en matière de dénigrement des entrepreneurs.

Les analystes poursuivent : « De fait, cette faiblesse constitue un obstacle non négligeable à l’installation d’un climat permanent dans lequel il serait jugé attractif et désirable de se lancer dans l’entrepreneuriat et ce, pour deux raisons principales. D’une part, au niveau individuel, les Belges semblent cruellement manquer de confiance en leur aptitudes à devenir entrepreneur. En particulier, un Belge sur deux craint l’échec et les conséquences multiples de celui-ci. D’autre part, et autrement plus inquiétant, c’est la population dans son ensemble qui porte un regard péjoratif sur ‘l’entrepreneur’. Si la plupart des Belges reconnaissent leur indéniable contribution à la création d’emploi, un Belge sur deux estime néanmoins que les entrepreneurs ‘exploitent’ le travail d’autrui et ne font que penser à ‘s’enrichir les poches’. A cet égard, la Belgique détient la triste première place de l’UE.

Pour remédier à cette problématique, l’action politique doit donc s’inscrire dans une optique de long terme, d’autant plus qu’un changement de culture entrepreneuriale ne se fera que progressivement. De manière générale, nous proposons de réunir les divers acteurs intervenant dans les programmes d’aide aux jeunes entrepreneurs et de cartographier les aides existantes en fonction de l’âge et des besoins des jeunes entrepreneurs. Ceci permettra de voir plus clair dans l’offre de programmes. Nous rappelons par ailleurs que celle-ci doit systématiquement faire l’objet d’une évaluation indépendante.
De plus, pour changer la perspective négative autour de l’entrepreneuriat, nous pensons que l’enseignement inférieur doit familiariser tant le corps enseignant que les élèves avec celui-ci. Si notre propos n’est pas de d’intégrer une ‘formation d’entrepreneur’ au curriculum des enseignants et des élèves, nous préconisons toutefois une méthode ponctuelle axée sur la pratique. En particulier, l’usage de role models est une méthode adéquate pour confronter les stéréotypes avec la réalité, ainsi que pour leur fonction d’exemple auprès des jeunes. »

Souvent évoquée au-travers de diverses initiatives liées à la formation et au tremplin vers l’emploi, les mises en situation constituent un des fondements du remède proposé par Itinera: « Afin d’acquérir les compétences entrepreneuriales, nous sommes convaincus que la pratique doit à nouveau primer sur une méthode d’apprentissage théorique. Les simulations ou «Business Games», la formation en alternance ainsi que les stages d’observation permettent de comprendre le raisonnement dont font preuve les entrepreneurs.
Au niveau de l’enseignement supérieur, nous sommes favorables à l’instauration obligatoire d’un projet interdisciplinaire et interfacultaire, basé sur un business case réel ou un projet propre. Ce type de collaboration entre étudiants issus de différentes facultés permettra d’un côté, de mieux comprendre les types de compétences nécessaires pour devenir entrepreneur et d’un autre côté, cela aidera les jeunes à envisager plus sérieusement ce type de carrière. En parallèle, l’émergence récente d’incubateurs d’étudiants doit être soutenue. Ceux-ci constituent un soutien qualitatif et permanent.

Pour offrir une réponse concrète à la peur de l’échec, première cause expliquant l’aversion des Belges pour une carrière entrepreneuriale, il est nécessaire d’offrir une deuxième chance aux entrepreneurs qui font faillite. En effet, seuls 18% des entrepreneurs ayant fait faillite redémarreront une activité. Ici aussi, les role models, en insistant d’abord sur leurs échecs avant de mettre en lumière leur réussite, peuvent jouer un rôle majeur. Une procédure de liquidation plus rapide ainsi qu’un ‘club de la deuxième chance’ permettront d’entrevoir l’opportunité d’un rebond plutôt que de stigmatiser l’échec.
Enfin, nous proposons de renforcer la stratégie communicationnelle en vue de la promotion de l’entrepreneuriat comme voie de carrière. Pour cela, une segmentation et un ciblage de la population des jeunes en fonction des objectifs visés est nécessaire, et permettra d’augmenter le taux de participation du groupe cible. En particulier, nous préconisons l’usage des médias sociaux ainsi que la mise au goût du jour, par exemple sous forme d’émission de TV réalité, de programmes mettant à l’honneur les entrepreneurs. »

Les propositions du think tank ne sont pas fondamentalement neuves. Recevront-ellescette fois un meilleur écho auprès des décideurs et acteurs concernés pa le lien Enseignement/Entreprise? A suivre !

 

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