Plus d’un travailleur sur trois dans le secteur public a déjà appelé à l’aide pour gérer son bien-être mental.

Dans le cadre de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, la CSC dévoile une enquête révélant que les agents de l’Etat font face à une charge mentale extrêmement élevée. Plus d’un agent sur trois a en effet déjà fait appel à une aide professionnelle en raison de l’impact de son travail sur son bien-être mental. Voici les résultats de l’enquête récemment menée par la CSC Services publics auprès du personnel du secteur public.

Au cours des dernières semaines, la CSC Services publics a sondé l’impact du travail sur le bien-être mental, à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Cette année, la Journée est axée sur la garantie d’un environnement de travail psychosocial sain.

Ilse Heylen, présidente de la CSC Services publics : « Par cette enquête, nous souhaitons mieux comprendre comment le contenu et l’organisation des emplois au sein de la fonction publique influencent le bien-être mental. Les travailleurs du secteur public sont quotidiennement confrontés à des attentes élevées, à une grande responsabilité sociétale, à la complexité de leurs missions, mais aussi à des situations humaines souvent difficiles. »

Au total, 5.651 agents du secteur public ont participé à l’enquête, dont 2.337 francophones et 3.314 néerlandophones. Les résultats parlent d’eux-mêmes : 66% des participants indiquent que leur travail a un impact sur leur bien-être mental. Pour 37,5%, cet impact est même perçu comme fortement éprouvant. Fait notable : la charge mentale n’affecte pas uniquement les travailleurs qui sont quotidiennement confrontés à la souffrance humaine, telle que le personnel de la police, de la Défense, des services de secours et de soins, de l’administration pénitentiaire ou des services d’incendie. Des travailleurs administratifs, chauffeurs de bus, assistants sociaux et d’autres profils issus de tous les secteurs indiquent également ressentir une charge mentale significative.

Les causes varient selon les fonctions. Chez les assistants sociaux, ce sont souvent des situations familiales particulièrement précaires — comme des ménages plongeant soudainement dans la pauvreté ou le suicide de leurs bénéficiaires — qui laissent une forte empreinte. Chez les chauffeurs de bus, les contrôleurs, les prestataires de services ainsi que les éboueurs, les principaux facteurs de stress sont notamment la violence et l’agressivité.

Les économies dans le secteur public présentent également des conséquences néfastes pour le bien-être psychosocial des travailleurs. 75% d’entre eux déclarent que la charge mentale liée à leur emploi a augmenté au cours des cinq dernières années. 71% indiquent avoir été confrontés à une intensification de leurs tâches sur la même période. Cette évolution, combinée à un manque de personnel, engendre une forte pression mentale.

Pour 66% des participants, il s’avère difficile de se détacher des situations complexes vécues sur le lieu de travail en dehors des heures de service. Au cours de l’année écoulée, plus d’un agent sur trois (34%) a fait appel à une aide professionnelle pour faire face à la charge mentale liée au travail. Près d’un quart estime qu’il doit recourir à une aide à court terme.

Le personnel de la fonction publique ne peut guère compter sur l’employeur en matière de soutien face à la charge mentale. 31% des participants déclarent pouvoir s’adresser à une personne de confiance. 18% bénéficient d’un système de débriefing ou de concertation d’équipe après avoir vécu des événements marquants. Ce type de soutien est surtout assuré au sein des corps spéciaux (police, services d’incendie, Défense). 15% des participants — principalement dans le secteur des soins et des corps spéciaux — peuvent compter sur des formations qui se concentrent sur la gestion des situations difficiles.

Seulement 11% des participants estiment que les responsables hiérarchiques accordent une attention suffisante à la charge de travail et aux manques de personnel. 20% indiquent qu’au sein de leur fonction, il n’existe absolument aucune forme d’attention portée à la charge mentale. Même 69% déclarent qu’après un événement marquant, aucun temps ne leur est accordé pour le digérer.

Ilse Heylen conclut : « Cette enquête nous offre une vision bien plus fine qui nous permet de mieux identifier les risques psychologiques, de les prévenir et de les prendre en charge. Nous allons maintenant exploiter ces résultats pour formuler des recommandations politiques adéquates. Ensemble, nous œuvrons ainsi à un environnement de travail sain, sûr et qui apporte un véritable soutien à toutes et tous. »

 

Source: CSC – Secteur Public

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