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Absentéisme et pandémie : l’impact se marque surtout au niveau des absences de longue durée mais le pire est peut-être à venir.

Les chiffres du secrétariat social de Securex démontrent que sur l’année écoulée, les salariés ont perdu davantage d’heures de travail dues au chômage que dues à la maladie (9,6% contre 7,3%). Les absences de courte et moyenne durée ont baissé l’an dernier, mais nous pourrions assister à une explosion des chiffres dans la période post chauvin. En cause, un niveau de stress perçu comme étant très élevé, à considérer comme une bombe à retardement selon les experts de Securex.

Sur le total des heures disponibles en 2020, seules 68 % ont été effectivement prestées. Ceci représente une baisse de 10 % par rapport à 2019. En 2020, les ouvriers et les employés ont presté respectivement 62 % et 72 % de leurs heures disponibles. Ceci représente une baisse de 13 % pour les ouvriers et de 8 % pour les employés, par rapport à l’année précédente. Le nombre d’heures de travail prestables en 2020 a donc été nettement sous-exploité.

Heidi Verlinden, HR Research Expert chez Securex, explique cette évolution : « La baisse des heures prestées est due au chômage temporaire massif, et non aux maladies ou accidents privé. La hausse du chômage temporaire est la plus importante chez les employés, mais les ouvriers ont passé une plus grande partie de leur temps en situation de chômage temporaire. (hausse de 0,1 % à 8 % pour les employés, de 2 % à 12 % pour les ouvriers). En 2020, les salariés ont été absents autant de jours pour cause de maladie ou d’accident privé qu’en 2019. On voit par contre d’importantes évolutions quand on considère séparément les absences de courte durée et celles de longue durée. »

Moins d’absentéisme de courte et moyenne durée malgré la pandémie

En 2020, on constate que les absences de courte durée (moins d’un mois) ont baissé de 11 %, malgré la pandémie. La Covid-19 n’a donc pas causé une hausse des absences de courte durée déclarées. Ceci s’explique par le fait que les employeurs n’enregistrent pas de jours de maladie pour leurs salariés en situation de chômage temporaire. Par ailleurs, il est possible que les salariés qui travaillent à la maison soient moins enclins à déclarer des jours de maladie. D’autre part, le nombre d’accidents de la circulation avec blessés a nettement chuté l’an dernier et il est aussi possible que le nombre d’accidents privés ait baissé du fait de la réduction des activités (sportives) de groupe.

En 2020, on repère deux mois où l’absentéisme est nettement plus important qu’en 2019 : mars (+46% chez les employés et +12% chez les ouvriers) et octobre (+20% chez les employés +6% chez les ouvriers). Ce n’est pas par hasard qu’il s’agit des deux mois correspondant aux pics d’infection, respectivement au début de la première et de la deuxième vague de la Covid-19. Pour l’absentéisme de courte durée, les pics tombent comme en 2019 en février, mars et octobre, puis en janvier et septembre.

Cette année aussi, le risque d’infection virale est plus élevé durant les trois premiers mois que pendant le reste de l’année. En effet, le mode de vie plus “renfermé” que nous adoptons chaque hiver s’accompagne souvent d’infections supplémentaires. De plus, cette année, la Covid-19 vient également s’ajouter à la grippe saisonnière qui sévit durant cette période. Il est donc plus important que jamais de travailler à domicile tout en respectant les consignes d’’hygiène des mains, de distanciation sociale et d’isolement.

L’absentéisme de durée moyenne (entre un mois et un an) a baissé de 7 %, chez les ouvriers, tout en restant stable chez les employés. Le chômage temporaire a eu ici un impact net. La plus grande baisse de l’absentéisme de moyenne durée se voit dans les mois qui suivent un pic de chômage temporaire. Il semblerait que le fait de ne pas travailler pendant un certain temps protège les ouvriers contre l’absence de moyenne durée, peut-être de par la nature de leurs activités. Chez les employés, la corrélation entre le chômage temporaire et les absences de moyenne durée n’est pas aussi claire.

On peut aussi trouver une partie de l’explication dans l’arrêt des soins médicaux non urgents. En effet, le fait de remettre à plus tard des traitements médicaux non urgents a également permis de reporter les périodes de convalescences et d’absentéisme qui s’ensuivent.

La hausse de l’absentéisme de longue durée (plus d’un an) a déjà été constatée par Securex cette année et se poursuit pour l’année entière. En 2020, l’absentéisme de longue durée avait augmenté de 8%. On peut penser que, pendant la crise de la Covid, les employeurs ont consacré moins d’efforts à la réintégration des salariés longuement absents. En effet, l’absentéisme de longue durée n’enregistre pas de hausse significative sur les premiers mois de 2020, cependant le pic atteint dans la première moitié de l’année a été battu dans la deuxième moitié.

« Les employeurs devraient continuer de s’efforcer de diminuer les absences de courte durée, afin de prévenir une explosion de celles-ci lorsque la crise prendra fin. Parmi les salariés actifs, les absences de courte durée n’ont pas augmenté, malgré le travail à domicile généralisé, le stress souvent important et les journées de travail plus longues. Il est plus important que jamais d’investir dans la solidarité et la prise en charge du stress au travail si nous ne voulons pas subir un contrecoup psychologique », avertit Heidi Verlinden de Securex.

 

Source : Securex – Les résultats sont indicatifs ; ils sont basés sur des données très récentes du secrétariat social et il est possible que les employeurs transmettent encore des corrections dans les semaines prochaines. L’échantillon comprend 27.389 entreprises et 271.059 salariés du secteur privé. Nous avons inclus uniquement des salariés imposables et entièrement soumis. L’échantillon ne contient donc pas d’étudiants. Il ne comprend pas non plus de flexi-jobs, ni d’employés payés à forfait ou par pourboires. Les entreprises comptent un maximum de 1 000 salariés.

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